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Le visa cambodgien

Le 20 janvier dernier, j’ai quitté la Thaïlande pour me rendre au Cambodge. J’ai choisi d’y aller par voie terrestre, parce que j’aime faire du bus. Si pour une destination donnée j’ai le choix entre bus et avion et si j’ai du temps devant moi, je choisirai toujours le bus. Ce moyen de transport permet de vraiment voir un pays. Et j’adore ça. Je voulais donc passer par Aranya Prathet – Poipet, car c’est une route achalandéee. Par contre, ce point de passage a aussi une mauvaise réputation, soit celle d’un lieu où les arnaques sont fréquentes. Et arnaqué, je l’ai été.

L’arnaque

J’ai déboursé 1200 bahts (environ 39 $ CAN) pour le visa cambodgien, au lieu de 20 $ US, comme il se doit. Une arnaque classique, selon les guides Lonely Planet. Comment ça se passe? Voilà. J’ai payé 350 bahts (environ 11,30 $ CAN) pour un trajet de minibus et bus entre Bangkok et Siem Reap. Le minibus est parti de Bangkok, après avoir pris les passagers à leurs auberges. Plus de trois heures plus tard, une fois à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge, il s’est arrêté à un édifice où les passagers devaient remplir les formalités administratives d’usage (formulaires d’entrée et de sortie du Cambodge). Jusque-là, ça va. Mais est venu ensuite le moment de défrayer les coûts du visa. J’ai insisté pour payer en dollars américains, comme il est théoriquement possible de le faire, mais un superviseur m’a sorti une histoire alambiquée sur les raisons pour lesquelles il ne pouvait accepter mes dollars. J’ai donc refusé de lui donner de l’argent. Puis, au moment de redistribuer les passeports et les visas, j’ai senti qu’il était préférable de régler tout ça maintenant, car je ne savais pas exactement ce qui se passerait ensuite. J’ai donc fini par cracher les 1200 bahts. Avec du recul, je me rends compte que c’était une erreur, mais ce qui est fait est fait.

Carte de sortie du Cambodge

Donc, une fois les passeports et visas remis, on s’est dirigés vers le poste frontalier thaïlandais pour recevoir les tampons de sortie. Ensuite, on a marché quelques centaines de mètres – sous la pluie – vers le poste frontalier cambodgien. Or ce secteur entre les postes d’Aranya Prathet et de Poipet est essentiellement une zone de casinos et d’hôtels. Comme un mini-Las Vegas, mais coincé entre deux pays bouddhistes. C’est quelque peu surréaliste.

Le Cambodge, enfin

Une fois arrivé du côté cambodgien, j’ai attendu. La file – ou plutôt l’amas – de voyageuses et voyageurs comptait plusieurs dizaines de personnes. J’ai réalisé qu’on était vendredi ce jour-là, alors ça pourrait peut-être justifier un tel achalandage. Néanmoins, peu à peu, j’avançais, jusqu’à ce que j’arrive enfin à un guichet. L’employé a regardé mon passeport et mon visa, puis il a étampé le tout, avant de me remettre les documents. Cette séquence a duré moins de deux minutes. J’ai alors ramassé mes papiers et mes sacs et j’ai quitté le poste frontalier. J’étais maintenant au Cambodge.

Le visa cambodgien

Au moins, malgré l’arnaque du départ, le visa était bon. Il est valide pour trente jours. À noter que j’ai aussi dû fournir deux photos de format passeport, au moment de remplir les formalités d’entrée. Je pense en outre qu’il est sage de traîner avec soi des bahts et des dollars américains, juste au cas où.

Des mises en garde

Si vous achetez un billet de bus Bangkok – Siem Reap, vous n’avez pas à débourser pour le transfert en minivan du poste frontalier cambodgien à l’un des deux terminus de bus internationaux de Poipet: ce trajet est gratuit et il dure environ cinq minutes.

Autocollants sur la fenêtre d'un des minibus effectuant le trajet Bangkok - Siem Reap. Le troisième à partir de la droite est particulièrement amusant.

Aussi, une fois au terminus, on vous incitera sans doute à prendre un taxi, au lieu du bus, même si vous avez déjà payé pour le bus. On vous dira que ça prend cinq heures de bus pour faire le trajet Poipet – Siem Reap; or c’est faux. Même avec un bus lent comme celui dans lequel j’étais, le trajet a pris environ quatre heures, en incluant un arrêt d’une trentaine de minutes pour souper dans un restaurant.

En conclusion

Il est apparemment possible, une fois les formalités de sortie remplies du côté thaïlandais, d’aller directement au poste frontalier cambodgien, d’obtenir soi-même les documents nécessaires, de les remplir et de payer le visa en dollars américains. Les guides Lonely Planet sur le Cambodge et sur la Thaïlande expliquent en détails cette procédure. Le problème, c’est qu’Aranya Prathet et Poipet sont des endroits chaotiques. Et, à moins de savoir précisément ce que vous devez faire et surtout, où vous devez aller, il peut être difficile d’éviter les arnaques à la frontière. Mieux vaut avoir une carte avec soi et prendre son temps, malgré le rythme infernal qui règne en ces lieux.

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J’ai aussi l’impression que les arnaques sont moins fréquentes quand vous arrivez par avion, car, à l’aéroport, il n’y a pas d’intermédiaire entre les voyageurs et les autorités (comme une compagnie de bus, dans mon cas). C’est sans doute encore plus simple d’aller chercher son visa directement à l’ambassade du Cambodge. Vous pouvez aussi confier ces formalités à une agence de voyage, mais encore là, vous paierez plus cher que le coût réel du visa. J’ai vu des agences de Bangkok offrir le visa à partir de 800 bahts (environ 26 $ CAN), mais en général, elles demandent au moins 900 bahts (environ 29 $ CAN) pour le document. Quoi qu’il en soit, cette expérience a été une bonne leçon pour moi et je tâcherai d’être plus vigilant à l’avenir.

17 Comments

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  1. C’est pas au Cambodge où c’est possible d’obtenir un visa électronique, à condition d’entrer par Poipet?

    1. Oui, c’est possible pour Poipet (http://www.mfaic.gov.kh/evisa/). Je n’avais pas vraiment envisagé cette possibilité. D’ailleurs, elle n’est pas mentionnée dans le plus récent Lonely Planet sur la Thaïlande, mais elle l’est dans celui sur le Cambodge. Merci de la mentionner ici, peut-être que ça évitera à quelqu’un de vivre une expérience semblable à la mienne.

  2. C’est vrai qu’il y a moins de risque de se faire arnaquer à l’aéroport. Il faut seulement compléter des formulaires que personne ne regardera et passer au travers de 3 ou 4 personnes tatillones qui apposeront chacun un tampon sur ton visa sans te dire le moindre mot. Tout ce qui les intéresse c’est ton billet de $20US et tes 2 photos. Petite anecdote : j’ai réalisé rendu au comptoir que j’avais oublié de sortir mes 2 photos de mes bagages avant de partir, donc que je ne les avais pas sur moi. J’ai tout simplement ajouté $2US par dessus le bilet de $20 et comme par magie, les photos n’étaient plus nécessaires. :) Bonne continuation.

    1. J’avais lu que la corruption était présente au Cambodge, malheureusement, et ton histoire le montre bien. Merci pour ton commentaire et tes bons mots, Pierre.

      1. De quelle corruption parlez-vous ? C’est une bêtise, cette personne oublie ses photos, elle doit payer pour palier à ça, c’est tout, c’est la règle.

        1. Merci pour ton commentaire, Guillaume. La règle est de fournir des photos, on est d’accord là-dessus. Donc, en théorie, pas de photos, pas de visa, n’est-ce pas? Or, en payant un « surplus », une « taxe » ou peu importe le mot utilisé, Pierre a tout de même obtenu le visa, même s’il ne respectait pas la règle. À mes yeux, c’est un cas de corruption, car une personne en autorité accorde un droit à quelqu’un moyennant une somme X, même si celui-ci transgresse les règles en vigueur. En outre, s’il était possible d’obtenir le visa sans fournir de photos, en payant un « surplus », ce serait bien de le savoir avant d’arriver au poste frontalier, ça pourrait simplifier les choses. Je n’avais jamais entendu parler de cette possibilité et je ne sais pas si les règles ont changé depuis mon passage. Si c’est le cas, ce serait bien si tu pouvais le confirmer. Merci!

          1. Je me suis mal exprimé et je m’en excuse bien volontiers mais je trouvais la remarque précédente un peu facile. Je crois que pour parler de corruption il faudrait savoir où va l’argent des photos. Bon, on connait le Cambodge, c’est un pays très corrompu mais j’aime bien laisser le bénéfice du doute. Ce qui serait intéressant ça serait de savoir si ces $2 pour manque de photos sont appliqués à chaque « guichet » (par voie aérienne et par voie terrestre) pour l’obtention du visa. Est-ce que la règle des photos ou des $2 est explicitement inscrite dans le processus d’obtention du visa ? Je l’ignore totalement. De mémoire il n’y a rien d’inscrit au guichet de Phnom Penh… peut-être sur un site officiel ?

          2. Je comprends ton point de vue, c’est vrai que c’était un jugement facile, avec un peu de recul. Tu poses de bonnes questions. Je crois me rappeler qu’une photo était nécessaire, j’en avais déjà avec moi, alors je n’ai pas eu de problème de ce côté. Pour ce qui est de la « règle » du 2 $, de son utilisation ultérieure, je ne me souviens pas d’avoir lu quelque chose là-dessus. Je pense que le mieux à faire est de prévoir des photos avant d’arriver à la frontière et de faire des recherches avant d’y passer, juste au cas où des infos fiables existeraient quelque part.

  3. La prochaine fois, tu sauras en effet!

    1. Eh oui! Il y a des leçons qui coûtent plus cher que d’autres…

  4. Stéphanie Audet Brazeau

    Est-ce que le troisième symbole à partir de la droite veut vraiment dire ce que l’on pense…? :oP

    Et que veut dire le troisième symbole à partir de la gauche…? Les bancs vibrent?

    1. Ha ha… je pense que oui. Et ça veut vraisemblablement dire que des gens ont déjà été pris en flagrant délit.

      Je crois que cela signifie que les sièges sont inclinables.

  5. Effectivement, c’est jamais très agréable de se faire arnaquer… le coup du visa électronique, c’est bon à savoir quand même…

    1. Ça fait partie des voyages, et ce, même si on fait tout son possible pour éviter ce genre de situation. Si mon texte peut aider quelqu’un à éviter une telle expérience, j’en serais heureux.

      Je ne connaissais pas ton site, mais il a l’air bien. Je vais le lire et j’invite mes lecteurs à en faire autant: http://talonshauts-et-sacados.com/

      1. Et merci pour tes commentaires…

  6. Bonjour je voudrais savoir, d’où partent les minivans à bangkok, où peut on acheter le ticket ? (peut on acheter le retour tout de suite ?) et quels sont les horaires du départ et de l’arrivée ? (à peu près).

    Merci beucoup !

    1. Bonjour Bach,

      Merci pour ton commentaire. Je ne peux te donner toutes les réponses à tes questions, mais voici ce que je peux te dire: les minivans partent souvent du secteur autour de Khao San Road et des tonnes d’agences du coin proposent des billets. Les prix se ressemblent, mais ils sont tous beaucoup trop élevés. Les départs se feront probablement tôt le matin (ex. 7 h); là, selon ta destination, ça prendra un nombre d’heures X. Ainsi, ça prend environ 4 h pour faire le trajet Bangkok-frontière du Cambodge, plus le temps de passer la frontière, attendre un bus à la station de Poipet (disons) et au moins 3 h pour te rendre à Siem Reap (si c’est ce que tu veux). Par contre, fais attention aux arnaques à la frontière, elles sont très fréquentes (prix du visa beuacoup plus élevé). Je ne sais pas si on peut acheter des billets de retour (j’imagine que oui), mais c’est très facile d’acheter des billets vers la Thaïlande au Cambodge. Alors voilà, j’espère avoir répondu à tes questions. Continue de te renseigner et bonne chance.

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