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Cienfuegos, un guide incomplet

Cienfuegos

Cienfuegos… la ville où je n’ai presque rien fait d’intéressant, à quelques exceptions près, même si j’y suis resté du 12 au 15 juin 2017. Pas que je n’ai pas apprécié la ville, mais j’avais juste besoin de ralentir le rythme. Je n’aime plus traverser un pays à la course, seulement dans le but de cocher des cases sur une liste. Je préfère voir moins, faire moins, mais voir mieux et faire mieux. Voici donc mon guide incomplet de cette ville de 165 000 habitant-es (2012), capitale de la province de Cienfuegos.

Observations générales

Surnommée « La Perla del Sur » (la Perle du Sud, pour les nuls en espagnol), Cienfuegos a été et est toujours un port important. Son emplacement stratégique sur la route commerciale entre la Jamaïque et l’Amérique du Sud lui a conféré une grande puissance, au fil des ans. Ça et l’esclavage. Porteuse d’un lourd passé en la matière, la ville a été fondée le 22 avril 1819, sous le nom de Fernandina de Jagua, en l’honneur du roi Ferdinand VII d’Espagne et du chef Jagua, par des immigrants français – de la Louisiane et de Bordeaux – menés par Don Louis de Clouet de Piette. Ils ont été autorisés par les Espagnols à s’établir sur le site, afin de prévenir des révoltes d’esclaves comme celles survenues en Haïti, quelques années auparavant. Autrefois tournée vers la culture de la canne à sucre, Cienfuegos a amorcé un virage vers le raffinage de pétrole grâce à une initiative de Hugo Chávez, le défunt président du Venezuela, et le tourisme. Le centre historique de Cienfuegos a été inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 2005.

Centre historique de Cienfuegos

Et les influences françaises se dévoilent ici et là, comme en témoigne la présence d’un Arc de triomphe, dans le Parque José Martí.

L’Arco de triunfo. Oui, la photo est croche.

La ville est divisée en « calles » (rues), de nombres impairs, et en « avenidas » (avenues), de nombres pairs. Les nombres se suivent dans un ordre logique, comme à Manhattan. Pas besoin de GPS, ni même de bonne vieille carte papier. Si vous réussissez à vous perdre ici, ne voyagez plus jamais. Certains noms sont toutefois identifiés différemment, selon la source: le numéro inscrit sur une plaque et le nom de cette même rue sur une carte peuvent ne pas correspondre. Par exemple, l’avenida San Fernando est aussi l’avenida 54. Mais en soi, ce n’est pas un problème, il suffit de suivre la logique implacable des nombres pour s’y retrouver.

La calle 31

Côté argent, j’ai retiré des pesos à la Banco Popular de Ahorro, coin calle 31/D’Clouet et avenida San Fernando/54. La banque a implanté des guichets extérieurs, comme je les déteste, mais au moins, la succursale attenante était ouverte lors de mon passage. Je n’ai pas eu de problème de carte. Mais quand j’ai le choix, je préfère ne pas courir de risque, je fréquente les guichets DANS une succursale bancaire.

La Banco Popular de Ahorro

Un centre de télécommunications Etecsa se trouve sur l’avenida San Fernando, près du Parque José Martí (coin calle 31/D’Clouet, si je ne m’abuse). Pour satisfaire votre rage de connaître la nouvelle recette de Ricardo.

Avenida San Fernando

Les orages étaient fréquents en après-midi, mais le soleil se pointait le bout des rayons chaque matin.

Activités et attractions

Le Parque José Martí est le coeur du centre historique, et pas juste parce qu’on peut y trouver du Wi-Fi. On y découvre, entre autres, le Palacio de Gobierno, la catedral de la Purísima Concepción, l’Arco de Triunfo, le Teatro Tomás Terry, la Casa de la Cultura Benjamin Duarte et des statues de personnalités majeures du coin. Une boutique de souvenirs d’allure « officielle » se trouve au coin sud-est du parc; rhum, cigares, cigarettes, camisoles, name it, tous les vices ou presque y sont vendus sans vergogne.

Parque Jose Marti

L’avenida San Fernando/54 constitue l’une des artères principales du centre historique. Y foisonnent restaurants de malbouffe, banques, centres de télécommunications, boutiques, magasins de souvenirs… bref, tout ce que vous pouvez attendre d’une zone accueillante pour touristes se déniche ici. On y croise même des amuseurs publics talentueux, comme cette dame déguisée en statue, à presque 40 degrés Celsius. D’habitude, j’ai l’oeil pour détecter ces artistes, mais je dois avouer qu’elle m’a bien eu. Je l’ai photographiée, en toute naïveté, et elle a alors bougé. Impressionné, je lui ai donné quelques pesos bien mérités.

Talentueuse, cette artiste

Plusieurs marchands de souvenirs et d’artisanat vendent leurs créations sur la calle 29. Plusieurs peintres exposent leurs toiles dans des galeries et ils ont installé des affiches demandant de manière explicite aux touristes de ne PAS photographier les oeuvres, afin qu’elles ne se retrouvent pas sur internet. Ce principe s’applique partout, en tout temps, selon moi. Cette rue s’avère idéale pour acheter des souvenirs. J’y ai ainsi trouvé une balle de baseball avec un logo du Canadien de Montréal. Étrange combinaison, mais un cadeau parfait pour mon grand frère. J’ai effectué quelques autres achats, pour des proches et pour moi-même. Possibilité de négocier et les discussions sont étonnamment faciles.

Calle 29, là où il fait bon magasiner

Une courte jetée permet de voir la baie de Cienfuegos (j’ai noté qu’on la désignait comme la « baie de Jagua », aussi), en bas de la calle 29, mais les odeurs de poisson y sont parfois lourdes. De plus, un restaurant servant des grillades s’est installé à côté de la jetée, de sorte que le mélange d’odeurs est plutôt étrange. Étrange, comme dans « désagréable ». J’ai fui la zone dès que j’eus pris quelques photos. Alors en voici une.

La jetée

La calle 37 – aussi connue sous le nom de Paseo El Prado – est l’une des rues les plus importantes de Cienfuegos. Elle relie la Punta Gorda au reste de la ville, incluant le centre historique. Elle longe la baie de Cienfuegos (le « malecón cienfueguero », quoi) et elle devient moins dense, en matière de commerces, au fur et à mesure que l’on s’approche de la Punta. On peut alors apercevoir, entre autres, des clubs luxueux pour gens fortunés, dont le Club Cienfuegos, un club de yachting. Des bourgeois à Cuba? Il semblerait que oui. Marx en perdrait sa barbe d’incrédulité.

Le Club Cienfuegos

Le Parque Los Pinitos est un petit parc donnant sur la baie de Cienfuegos et le Paseo El Prado. On peut y contempler le centre historique et un logo géant de la ville. Mais, à part pour jouir d’un peu d’ombre sur le chemin vers la Punta Gorda, je ne vois pas l’intérêt d’arrêter dans ce parc.

Parque de los Pinitos

Le Parque de las Esculturas, sur le Paseo El Prado, près de la Punta Gorda, propose au public des sculptures de divers styles. L’accès est gratuit, alors il n’y a aucune raison de se priver d’une telle dose de culture. Certaines statues sont même parvenues à émouvoir mon coeur de rocker.

Parque de las Esculturas

Une statue a été érigée au bout du Paseo El Prado. Pas sûr que je conseillerais à quelqu’un d’effectuer un détour que pour l’admirer, mais si cette même personne se rendait de toute façon à la Punta Gorda, alors oui, je lui suggérerais d’aller saluer la statue.

Statue ou fontaine? Statue.

La Punta Gorda est une pointe de terre qui s’avance dans la baie de Cienfuegos. On peut s’y baigner et les Cubains – surtout – s’en donnent à coeur joie. L’eau y semble plus propre que dans la zone portuaire, il va sans dire. Plusieurs bars et restos – aux prix touristiques – sont installés sur place. Et les gens ne se privent pas de boire. Parce que, après tout, alcool et baignade font si bon ménage… NOT. Mais à 1,50 CUC (environ 1,86 $ CAN) le verre de bière, on comprend mieux le désir de « s’hydrater » de toutes les manières possibles. J’ai passé une excellente journée à la Punta, à me baigner, à jaser avec des touristes français, à boire, à discuter avec le barman. Il m’a parlé de plusieurs aspects insoupçonnés de la vie cubaine, comme la forte présence asiatique sur l’île et les métissages que celle-ci a entraînés. Il avait lui-même une grand-mère d’origine chinoise… intéressant.

Punta Gorda

Hébergement

J’ai dormi à la Casa Jorge y Alicia, sur l’avenida 10, à l’intersection de la calle 41. Excellente casa particular qui, en vérité, évoque plutôt un croisement entre une casa et une auberge, en raison de son restaurant/bar et de sa piscine. J’ai payé 30 CUC (environ 37,30 $ CAN) la nuit pour une chambre individuelle avec salle de bain privée. Je dépense rarement autant pour un hébergement, mais je suis satisfait de mon expérience. La chambre était confortable. J’y ai fait de délicieuses siestes, nu, bercé par la climatisation. Et – l’ai-je mentionné – il y avait une piscine. Une fantastique piscine. Elle m’a sauvé de la canicule. Au prix d’un coup de soleil carabiné, je l’admets, mais je ne regrette rien. Super restaurant aussi; prix gonflés, mais plats savoureux. Enfin, la casa est un peu excentrée, à une trentaine de minutes à pied du terminus Víazul, mais cette marche permet d’avoir un aperçu des attraits de Cienfuegos.

La piscine

Nourriture

J’ai mangé à quelques reprises au restaurant de ma casa. Le menu offre une bonne variété de plats, avec un accent mis sur les produits de la mer. Les prix ressemblaient à ceux des restaurants pour touristes, de 11 à 20 CUC (environ 13,84 à 25,17 $ CAN), mais la qualité était au rendez-vous. Par exemple, un plat de langouste coûtait 15 CUC (environ 18,87 $ CAN). Copieux déjeuners.

Restaurant de la Casa Jorge y Alicia

Le Paseo El Prado compte de nombreux restaurants de malbouffe pas cher, comme la cafetería El Rápido. Wi-Fi en bonus. Maintenant, il ne faut pas s’attendre à des burgers de type gourmet, dans ces établissements: pas de burger au bison avec fromage bleu… que nenni. Plutôt une version que d’aucuns qualifieraient de basique. Au moins, la bière aide à dissoudre le tout.

Paseo del Prado,e approchant de la Punta Gorda

Le restaurant Los Complacientes, sur l’avenida 52 (# 3317) devrait satisfaire les amateurs d’« authentique ». Au menu, des plats typiques: riz, viande, salade/légumes. Valeur sûre à bon prix, entre 50 et 100 CUP, soit environ entre 2,35 et 4,70 $ CAN. Possibilité de payer en CUP ou en CUC, au taux de 1 CUC pour 24 CUP, au moment de mon passage. Je dois maintenant révéler un secret: j’ai eu un « crush » sur la serveuse. Elle avait, entre autres, de sublimes yeux brun pâle, tirant sur le vert… son regard, ma perdition. J’étais amoureux (d’ailleurs, je « tombe amoureux » au moins une fois par voyage). Mais l’appel de la poutine m’a ramené à la raison et je suis parti, seul, sans numéro de téléphone en poche.

Mon repas à Los Complacientes

Pour celles et ceux qui préfèrent cuisiner, vous trouverez des victuailles au « minisuper » Caracol, sur le Paseo El Prado. Au Québec, on appellerait un tel commerce « épicerie de quartier », soit le genre de magasin rescapé de 1986, avant l’invasion des grandes chaînes d’alimentation. Les trucs de base y sont vendus et oui, ça inclut le rhum. Je me suis d’ailleurs fait aborder dans le stationnement par trois jeunes Cubains saouls, vers 14 h; ils voulaient que je leur donne de l’argent. Sous-entendu: ils voulaient boire plus. J’ai refusé. Ils étaient fâchés. Tant pis pour eux.

Transport

Pour me rendre à Cienfuegos, j’ai pris un bus Víazul depuis Trinidad. Départ à 7 h 45, arrivée à 9 h 30. Le billet m’a coûté 6 $ US (environ 7,48 $ CAN). Le terminus Víazul de Cienfuegos se trouve sur l’avenida San Carlos/56, entre les calles 49 et 51.

Terminus Víazul

J’ai hélé un taxi dans la rue près de la Punta Gorda pour me rendre au terminus Víazul. 5 CUC (environ 6,22 $ CAN) pour la course. Je suis débarqué au terminus juste avant une panne d’électricité, j’ai pu valider mon billet. J’ai ensuite préféré attendre le bus dehors, tant qu’à endurer la chaleur dans l’édifice. J’ai sué quand même.

Prochaine destination: Viñales et sa charmante vallée.

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