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Viñales: comme un air de Vang Vieng dans les Caraïbes

Vang Vieng ou Viñales?

La ville de Viñales et sa région se distinguent, entre autres, par la présence de « mogotes », des formations rocheuses karstiques de calcaire, comme on en retrouve en Asie du Sud-Est. À Vang Vieng, au Laos, par exemple. J’ai été à Viñales, située dans la province de Pinar del Río, dans l’ouest de l’île de Cuba, les 16 et 17 juin 2017.

Vang Vieng ou Viñales? (réponses à la fin du billet)

Observations générales

Fondée en 1878, Viñales a longtemps vécu de la pêche, de la production de fruits, de légumes, de café, mais surtout, de tabac. Aujourd’hui, le tourisme constitue un pilier de l’économie locale. Les visiteurs viennent pour le tabac et les paysages bucoliques du coin. Avec plus de 27 000 habitant-es (2004), Viñales pourrait passer pour l’une de ces villes qui n’existent que grâce au tourisme. Et, selon le propriétaire du restaurant Royal, c’est le cas. Mais, au-delà de cette réalité, Viñales possède un charme certain, avec ses maisons colorées, ses paysages ceinturés de « mogotes » et ses cowboys traînant dans les rues. Elle est inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1999.

« Ils » arrivent.

J’avais lu ici et là que, selon la saison, réserver un hébergement à l’avance pouvait être une bonne idée. Pour ma part, je n’avais rien réservé avant mon arrivée. J’ai été assailli par des rabatteurs (dont une plutôt flirty), en sortant du bus. J’avais le choix. Et, en marchant dans les rues, j’ai constaté à quel point la ville n’en manquait pas, de casas. La rumeur affirme même qu’il y a plus de casas à Viñales que de poils dans la moustache de Tom Selleck. Alors, à moins d’avoir des critères précis (par exemple, vue sur les mogotes dans un angle nord-est/sud-ouest), je ne suis pas convaincu de la nécessité de réserver avant.

Dans la ville…

Plusieurs restaurants végétariens (ou avec des plats végétariens sur leur menu) sont établis dans la ville. J’ai l’impression qu’ils répondent surtout à une demande des touristes ayant adopté ce régime alimentaire. Et c’est très bien comme ça. Plus de choix, plus de saveurs, plus de gens heureux.

Les végétariens peuvent manger ici.

En outre, les restaurants semblent fermer assez tôt, ici, mais les bars restent ouverts plus tard. Mais on sent bien qu’on n’a pas débarqué dans un lieu où l’on peut fêter comme si on était le 31 décembre 1999. Quoique du côté du club au Parque José Martí, on se défonce peut-être comme si on était le 30 décembre 1999.

Danser ou jouer au soccer? Ni l’un, ni l’autre.

Un guichet automatique extérieur attend les pigeons à une banque sur Salvador Cisneros, presque en face de la calle Ceferino Fernandez. Je l’ai dit souvent dans ma série de billets sur Cuba, mais je le réitère: je n’aime pas ces guichets. Mais bon, quand c’est nécessaire… c’est un peu comme aller chez le dentiste, brosse à dents gratuite en moins.

Activités

Parque José Martí

Le Parque José Martí, où trône l’église, sert de place centrale, mais aussi de lieu pour la tenue de certaines activités, comme des partys. Un paradoxe, d’aucuns diraient, mais pas tant que ça: après tout, les églises québécoises accueillent en leur sous-sol des galas de lutte professionnelle et les chapelets de blasphèmes qui les accompagnent – inévitablement. Bref. J’ai vu qu’une soirée se préparait au Parque, lors de mon dernier jour à Viñales. Or des mecs déjà complètement saouls y circulaient… à 17 h 04. Vous voyez le genre. Une ambiance lourde qui ne peut mener qu’à une soirée merdique, modulée par de douloureuses ivresses érigées sur des frustrations qui n’attendent qu’à éclater, et non par de contagieuses ivresses tissées de joie débordante. Des mecs qui se consument en consommant, qui carburent à la testostérone, pour lesquels le slogan « fuck or fight » (« baiser ou se battre ») constitue l’objectif de la soirée. La masculinité toxique en pleine action. Et ces hommes de Viñales n’ont pas le monopole de celle-ci, hélas. Ce fut aussi désagréable de manger à la terrasse du restaurant La Plaza et de voir des mecs uriner sans trop se cacher au coin de divers bâtiments. En plein jour. Les urophiles voyeurs auraient savouré la scène. Vous aurez compris que, n’ayant pas été inspiré par les préparatifs de cette fête, je n’y ai pas assisté.

Au moins, il y avait de la langouste.

Un club se trouve dans le Centro Cultural Polo Montañez, au Parque José Martí. Ma rabatteuse flirty m’y avait invité (elle y enseignait la danse), mais j’avais les pieds couverts d’ampoules et de plaies, après une malencontreuse marche avec des sandales cheap, à Cienfuegos. Ça et le fait que mes compétences en matière de salsa – qui, au départ, n’ont jamais été exemplaires – devaient être rouillées. J’ai donc passé mon tour.

Je ne sais pas bien danser, mais je sais comment « terrasser » comme un champion (terrasse de la Casa de Mojitos)

J’ai mangé de la langouste à 5,90 CUC (environ 7,38 $ CAN) le plat dans deux restaurants: le restaurant Royal, sur Rafael Trejo, et La Plaza, en face du Parque José Martí. J’ai préféré le restaurant Royal, tant pour sa cuisine que pour l’excellente conversation avec le propriétaire. Un mec de moins de 30 ans, dévoré par l’ambition, même si elle se heurte à de nombreux obstacles de nature administrative ou financière. Il m’a raconté sa vie, ses défis, ses problèmes, mais aussi ses rêves. Et après il y en a pour dire qu’on ne fait pas de rencontres « authentiques » dans les milieux touristiques.

Plat de langouste au restaurant Royal

D’ailleurs, les obsédé-es de « l’authentique hors des sentiers battus à la rencontre de l’Autre » orgasmeront quand elles ou ils iront au bar « authentique » de Viñales: El Viñalero, sur Salvador Cisneros. Attiré par son aspect moins glamour que celui des bars voisins, j’ai remarqué que des cowboys y descendaient les verres de rhum. Avec une régularité digne de l’horloge astronomique de Prague. Je me suis donc assis sur la terrasse, j’ai commandé une bière. Un cowboy est aussitôt venu me parler. Il m’a félicité sur le fait que je parlais espagnol, car il m’avait entendu négocier l’achat de cigares avec un producteur, plus tôt dans la journée. Il a ensuite tout ruiné par une blague sexiste répugnante, que je ne souhaite pas reproduire ici par souci de décence. Je me contenterais de mentionner qu’elle établissait un lien inacceptable entre une vache et une femme. À vrai dire, je comprends mal comment on a pu passer d’une conversation somme toute normale à cet inexcusable dérapage macho, mais bon. J’ai fini ma bière, j’ai coupé court à la discussion et j’ai pris congé de ce cowboy macho. Man, voilà ce qui s’appelle gâcher un moment.

El Viñalero

Le Cubar, outre son nom fantastique, propose des drinks à prix décents. 3 CUC (environ 3,75 $ CAN) pour une michelada? Je dis oui. Service attentionné. Ambiance plus chic, mais pas assez pour effrayer un routard qui porterait une camisole « Tubing in Vang Vieng » et une casquette des Yankees. Sur Salvador Cisneros.

Cubar

Des vendeurs de souvenirs occupent la calle Ceferino Fernandez. Des babioles, mais si vous souhaitez effectuer des achats de masse pour offrir des cadeaux aux membres de votre famille, c’est la place. J’imagine que l’on peut négocier les prix, mais comme je n’avais besoin de rien, je n’ai pas tenté l’expérience. J’ai toutefois entendu un vendeur y demander une touriste en mariage, sur un ton blagueur. Elle a ri. Moi aussi.

Le genre de souvenir que l’on ne peut acheter.

La Casa de Mojitos, sur Adela Azcuy Norte, incarne à la perfection le concept de « bar pour touristes »; les mojitos y sont certes dispendieux (à partir de 3,50 CUC, soit 4,38 $ CAN), mais ils émerveillent les papilles. La carte propose une inventive sélection de mojitos. J’ai cependant demandé un traditionnel et il était sublime. Le meilleur que j’ai bu à Cuba. Alors j’en ai pris un deuxième. Un mogote domine le champ de vision, à partir de la terrasse, ajoutant par le fait même un cachet à l’expérience. Lors de mon passage, Donald Trump déblatérait sur Cuba à la télévision, au grand dégoût des locaux qui, visiblement, n’appréciaient pas la teneur dudit discours. J’ai alors entendu quantité de jurons en espagnol. Mes pauvres oreilles chastes.

C’est du sérieux…

En plus, de la Casa, vous pourrez assister 1) aux séances d’exercices de quelques motivé-es qui, malgré l’écrasante humidité ambiante, s’entraînent; 2) aux beuveries de jeunots en quête de sensations fortes. L’un des spectacles est plus gracieux que l’autre et je vous laisse deviner lequel.

C’est du n’importe quoi…

Hébergement

Comme je l’ai mentionné ci-haut, une rabatteuse flirty m’a abordé, alors que je descendais du bus. Je me doutais qu’elle voulait me proposer un hébergement. J’étais réceptif, car j’avais besoin d’une chambre. Cette femme avait un regard aussi chaud que le soleil cubain. J’ai flirté aussi, parce que c’est le fun. Elle m’a notamment demandé si j’étais marié. Eh eh. Si peu. Je l’ai ainsi suivie jusqu’à la Casa Lozano Flora y Lorenzo, au # 37, calle Adela Azcuy Norte. J’y ai rencontré une charmante dame, qui m’a montré les chambres disponibles. Après discussion, j’en ai choisi une avec deux lits, une salle de bain privée et un coffre-fort (!) pour 20 CUC (environ 25,02 $ CAN) la nuit. Repas sur demande, à des prix corrects. Solide déjeuner. Possibilité aussi de réserver des excursions et autres activités. Climatisation d’une redoutable efficacité.

Vue de la terrasse sur le toit de ma casa

Je me dois de souligner les magnifiques couchers de soleil depuis le toit de la casa. Vue grandiose sur un mogote en train d’être englouti par les émouvantes couleurs du couchant.

Un émouvant coucher de soleil

Transport

J’ai pris un bus Víazul depuis La Havane. Un billet aller-retour, payé 24 $ US (environ 30,03 $ CAN). Le Parque José Martí, à côté de l’église, sur Salvador Cisneros, se veut l’arrêt final à Viñales. Le point de départ est le bureau de Víazul, toujours à côté de l’église, mais de l’autre côté de la rue. Départ de La Havane vers 11 h 45, arrivée à Viñales vers 15 h 30. Un premier arrêt au terminus de la ville de Pinar del Río, puis un autre arrêt dans une halte pour le dîner. J’y ai vu là-bas la reprise d’une partie de la finale de la coupe Stanley entre les Predators et les Penguins. J’ai pu admirer P.K. Subban en action. L’enfant chéri de Montréal, l’exilé regretté. C’était drôle de le voir à Cuba. Je m’ennuie de lui et sa proverbiale exubérance.

Viñales

Vang Vieng

Prochaine destination: aucune. Mais, pour conclure ma série de billets sur Cuba, je parlerai de mes observations générales sur le pays.

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