Un sac à dos. Une passion. Des voyages.

Pépé râleur ou la diarrhée n’existe plus sur les blogues

La sublime plage de Chuao, au Venezuela (2007)

J’y ai mis du temps, mais le voici, mon billet sur les 10 ans de La page à Pageau. J’avais écrit un premier billet sur cet anniversaire, à chaud, mais je tenais à me laisser du temps pour le bonifier, pour réfléchir, pour bien distiller mes pensées sur cet univers. Je vous propose donc mes réflexions sur le sujet. Je suis conscient que certaines de mes idées pourraient heurter des gens (des blogueuses et blogueurs, surtout), mais comme on dit en bon français, un peu de tough love est parfois nécessaire. Attachez votre tuque, ça va être long.

Ça va faire mal… (Mexique; 2015)

Débuts modestes

En avril 2007, je terminais ma maîtrise. Comme je ne tenais pas à intégrer tout de suite le marché du travail, j’ai cherché un stage à l’étranger. Et j’en ai trouvé un. Un stage de quatre mois au Venezuela. Je voulais donner des nouvelles à mes proches, une fois là-bas, et je pensais qu’envoyer 138 926 courriels à mes connaissances deviendrait envahissant. Je préférais laisser le choix à tout le monde de me lire ou non. J’ai donc lancé un blogue. Et c’est ainsi que j’ai commencé La page à Pageau. De petits billets, rien de trop philosophique. Les détails de mon quotidien à Sanare, à une heure de Barquisimeto, dans l’État de Lara. Mes allers et retours à Caracas, jusqu’à ce que je m’y installe pour de bon, en fin de stage. La découverte de mon premier pays latino-américain. Un pays dur, à bien des égards, mais fascinant. Toujours fascinant. Des lieux sublimes, comme les plages caribéennes (Chuao) ou les Andes (le páramo dans la région de Mérida). Des gens. Des gens merveilleux.

Caracas, intense cité (2007)

Puis, le retour. L’insertion dans une vie plus « normale ». Un emploi. Des vacances annuelles. Bloguer pour bloguer, de tout et de rien, sans but. La découverte de mes premiers « nomades digitaux », soit Chris Guillebeau (The Art of Non-Conformity) et Lea et Jonathan Woodward (Location Independent), en 2008. La décision de faire un tour du monde, en 2009. Le choix de recentrer mon blogue exclusivement sur les voyages, en 2011, des mois avant mon départ. Un choix que je ne regrette toujours pas. Au contraire.

Une production respectable

La pulsion d’écrire… (Maroc, 2009. Crédit: René Pageau)

Plusieurs ordinateurs ont contribué à ce blogue. Ils en ont parcouru, des kilomètres, et pas toujours dans les meilleures conditions, pour édifier cette oeuvre. Car pour moi, c’en est une. J’ai publié 859 articles en 10 ans, soit une moyenne de 85,9 articles par année. Un article au 4,25 jours (3653 jours, puisque trois années bissextiles: 2008, 2012, 2016). Je n’inclus pas ici les articles non reliés aux voyages publiés sous la version pré-2011. Je n’ai en outre pas calculé le nombre de mots non plus, mais il doit dépasser la centaine de milliers. Je ne sais pas si dans ma vie j’écrirai autre chose d’une envergure semblable ou plus grande. Mais, au moins, mon blogue sera – je l’imagine – toujours là. Tant que je serai motivé, tant que je pourrai payer l’hébergement et le nom du domaine, du moins.

Mes choix et leurs conséquences

De toutes les manières de m’exprimer, je préfère l’écriture, pour sa puissance d’évocation. Par extension, j’adore m’imaginer ce que je lis. C’est pour cette raison que je n’apprécie pas les vidéos de voyage (ou les vidéoclips, pour les chansons): ils briment mon imagination. Je préfère créer mes propres images, mes propres symboles, pour ensuite les confronter à mes expériences. J’aime ce travail d’interprétation, il me procure une grande satisfaction, il contribue à mon évolution personnelle. J’ose penser que mon lectorat éprouve ce même plaisir. Mais bon, ça m’appartient. En fin de compte, écriture, photo, vidéo, dessin… it’s all good. C’est génial qu’il y ait de tout pour tout le monde.

Istanbul, source de mille et une histoires… (2010)

Ceci dit, bloguer demande du temps. Beaucoup de temps. Cette activité occupe une telle place dans mon quotidien, il prend le dessus sur tant d’autres possibilités d’activités que je me dois de la prendre très au sérieux. Je suis ainsi hypersélectif sur les sujets abordés: ils doivent cadrer avec ma vision, avec mes valeurs. Mon blogue est mon espace de liberté totale. Je suis de nature très indépendante et cette indépendance me rend réfractaire à l’idée de me plier à des règles que je n’ai pas choisies. Cette prédisposition – un reliquat de mes années punk rock/hardcore/métal/DIY – explique pourquoi je ne conclus presque jamais d’ententes avec des partenaires. Je me sens coincé quand on me dit quoi faire, comment le faire, où aller, comment organiser mon emploi du temps, etc. Et même si on me donnait carte blanche, je ne me sentirais pas à l’aise de rendre des comptes. Je suis par conséquent un bien mauvais partenaire.

Non, je n’irai pas à l’hôtel… gratis (Sofia, 2010)

Et, en plus, mes principales passions – métal et lutte professionnelle – sont des intérêts qui, dans l’échelle des choses importantes, sont relativement marginaux (du côté francophone, du moins). Néanmoins, je reste ouvert aux propositions, même si je ne me berce pas d’illusions. Si j’étais journaliste, je me plierais volontiers aux contraintes du métier, puisque j’aurais choisi de l’exercer. Mais en raison de ma conception du « blogging », je ne voyage pas gratuitement, je ne me fais pas offrir de nuits dans des hôtels, d’excursions avec des agences, etc. Ça me va comme ça. Je me sens libre. De toute façon, tant qu’à venir d’un pays riche, j’aime savoir que mon argent peut aider des personnes qui en ont plus besoin que moi. Après tout, voyager est un choix, pas un droit.

Évolutions

Medellín, destination populaire pour les « nomades numériques » (2015)

La blogosphère de voyage francophone a bien sûr changé depuis les débuts de mon blogue. Elle s’est professionnalisée, à tous les niveaux. En surface, c’est une bonne chose. Mais en même temps, quand je creuse un tantinet, je constate qu’une uniformisation a balayé cet univers. Elle se manifeste de plusieurs façons: les mêmes photos où la fausse zénitude est mise en scène (« moi faisant une pose de yoga devant un paysage montagneux », « moi faisant semblant d’être en harmonie avec le monde, de dos, devant un paysage merveilleux »), les mêmes designs de blogues, les mêmes stratégies pour attirer l’attention (titres « putaclics », articles truffés de mots clichés comme « authentique », « ultime », « complet », « incontournables », etc.), les mêmes sujets abordés (« J’ai tout plaqué pour faire le tour du monde », « Préparer un tour du monde », « Touriste vs voyageur: le débat », « Top 10 des… », entre autres), le même style descriptif interchangeable, les mêmes destinations « hors des sentiers battus », etc.

Du rêve à la réalité à l’île de Mana, aux Fidji (2011)

D’ailleurs, une digression: c’est drôle, mais je connais plus de gens qui ont été en Ouzbékistan qu’au Venezuela… et pourtant, une opinion répandue dans divers cercles (comme des groupes de voyage sur Facebook) semble considérer l’Asie centrale comme « hors des sentiers battus ». À première vue, oui, mais depuis que j’ai croisé à Tachkent deux Malaisiennes de 20 ans qui traversaient la région en stop, je remets cette interprétation en doute. Sans parler des cyclotouristes qui sillonnent la région depuis des lustres déjà. Je rêve encore de rencontrer quelqu’un qui comprendrait, quand je lui parlerais des voyous qui se tiennent près du stade de baseball de Barinas. En bout de ligne, « sortir des sentiers battus » n’a pas d’importance. L’essentiel à mes yeux, c’est de voyager là où l’on désire sincèrement aller, sans tenir compte de l’opinion des autres. Digression terminée.

La foule des grands jours à Khiva (2016)

Aussi, depuis l’avènement des « blogtrips », j’ai l’impression de lire des publireportages. Entre certains textes et un communiqué de presse, je ne vois souvent pas de différences notables. On reste dans le convenu, dans le confortable, on ne veut pas effrayer de partenaires potentiels, on se la joue safe. Le propos semble devenir lisse, propret, sans aspérités, sans côtés négatifs. Le voyage parfait, à tous les coups. Comme si la diarrhée n’existait plus sur les blogues. À vrai dire, je trouve peu de plumes excitantes, ces temps-ci. Je vois bien un coup de gueule de temps en temps, une perle littéraire à l’occasion, mais on parle plus ici d’exceptions que de la règle. Conséquence? Je ne lis presque plus de blogues, aujourd’hui. Alors que je pouvais y consacrer 1-2 heures par jour, avant. Les temps changent. Et moi aussi.

Défoulements

Quito (2013). Une belle photo avant les défoulements

Tiens, puisque j’ai ouvert les vannes, j’y vais de quelques autres sources d’irritation en lien avec les blogues, mais aussi les voyages. Esprits susceptibles, je vous conseille de sauter cette section, à moins que la perspective d’une crise d’apoplexie ne vous enchante:

– L’utilisation abusive de mots comme « authentique », « incontournable », « ultime », « complet » dans les titres d’articles. Au nombre de mots que comporte la langue française, je suis découragé par le manque d’imagination dans les titres. Je suppose que l’ami Google mérite une large part de blâme dans ce phénomène.

– L’abus de citations qui, souvent, ne font que souligner des évidences ou répéter des clichés.

– Les blogues de voyage francophones qui portent des noms en anglais. Pourquoi?

– Le calcul obsessif du nombre de pays visités. Aussi futile que le nombre de partenaires sexuels. Une preuve d’un besoin maladif de validation sociale. De toute façon, tout le monde sait que la qualité bat toujours la quantité…

Je devrais rajouter l’Égypte à mon « palmarès » (2012)

– La fétichisation de certains comportements, comme le « nomadisme numérique ». Comme si ce mode de vie convenait à tout le monde. Comme si vouloir s’établir dans un lieu pour des années représentait une tare, une défaite. Ce discours culpabilisant m’agace. Chacun fait ses choix et, tant qu’ils s’effectuent dans le respect de soi et des autres, ils s’équivalent. C’est correct de parler de nomadisme numérique, mais encore faut-il le décrire de manière honnête, avec ses avantages et ses inconvénients. Non, ce n’est pas une série infinie de drinks sur une plage paradisiaque, l’ordi sur les genoux: c’est du travail. Et comme dans tout travail, on se fait chier, des fois. Ce qui me choque encore plus, c’est que ce discours dithyrambique cristallise le privilège blanc/occidental de pouvoir voyager comme bon nous semble, le pouvoir de tout laisser derrière soi pour choisir sa vie. Comme si un citoyen tchadien qui gagne 2 $ US par jour (2012) pouvait se permettre de tels choix. Sans parler des différences entre les poids des passeports…. j’ai eu cette conversation à maintes reprises avec des habitant-es de plusieurs pays et non, ce n’est pas vrai que n’importe qui peut faire ce qu’il veut de sa vie. Ainsi, une majorité de personnes sur la planète sont soumises à des contraintes écrasantes, qu’elles soient sociales, économiques, politiques, religieuses, etc., de sorte qu’elles ne peuvent réaliser leurs rêves en toute liberté. Par exemple, je ne croise presque jamais de voyageurs provenant de pays communistes/socialistes, comme l’Albanie ou Cuba. Je perçois, dans ces articles insensibles, une validation du discours hégémonique capitaliste par des voyageuses et voyageurs qui s’imaginent le contester en consommant jusqu’à plus soif des expériences, et non des objets. Oh the irony.

Les passeports n’ont pas tous le même poids… (La Havane, 2017)

– Dans le même ordre d’idée, celles et ceux qui croient que voyager sans argent contribue à « vaincre » le capitalisme se rentrent le doigt dans l’oeil jusqu’à l’humérus. Non, être un-e riche privilégié-e de l’Occident qui rejette l’argent ne forcera vraisemblablement pas l’admiration des Cambodgiennes et Cambodgiens qui doivent survivre avec 3 $ US par jour (2016). En fait, ces derniers pourraient même utiliser à bon escient les quelques dollars que ces touristes dépenseraient pour dormir dans leur gîte, pour manger dans leur restaurant, pour acheter des trucs dans leur commerce. Parce que, jusqu’à preuve du contraire, une immense proportion des humains vivent dans des systèmes où l’argent permet encore de satisfaire les besoins élémentaires, comme manger et se loger. Refuser de recourir à l’argent pour ensuite parasiter la vie de gens qui gagnent moins en un an que ce qu’un voyageur originaire d’un pays « occidental » peut gagner en un mois peut certes soulager la conscience de riches touristes, mais cette situation a quelque chose d’indécent. La solution, alors? Donner quand c’est possible, quand c’est pertinent, donner ce qui peut aider, sans espérer tout régler.

L’Inde, terre de tous les extrêmes (Jaipur, 2012)

– Ce qui m’amène à la mode du volontourisme. Une pratique qui trop souvent ne tient pas compte des réels impacts sur les populations touchées. Que l’on recommande encore le volontariat dans des orphelinats cambodgiens est scandaleux. Mais comment résister à la tentation d’un selfie avec de jolis enfants (qui par ailleurs n’auront rien à dire sur toute future utilisation de leur image sur les réseaux sociaux)? Le sujet du volontourisme pourrait remplir des billets entiers, mais je le résumerais de cette façon: si le principal bénéficiaire d’un projet est le participant, il y a un problème. S’il n’y a pas de transfert de connaissances vers les populations aidées, il y a un problème. Si un projet embauche une personne non qualifiée provenant de l’extérieur du pays « aidé » au lieu d’un « local » non qualifié, il y a un problème. Quand l’accent est mis sur la bucket list du participant et non sur les difficultés locales, il y a un problème. Bref, il y a des moyens d’aider, oui, mais pour cela, il faut dépasser le narcissisme qui peut pervertir toute démarche d’aide.

Un paysan cambodgien et ses bêtes (2012)

– L’hypocrisie des voyageuses et voyageurs qui s’estiment ouverts d’esprit, mais qui jugent une destination sans s’efforcer d’en découvrir les aspects moins évidents. Je pense à Vang Vieng, entre autres. Pourtant, même à l’apogée de sa légendaire débauche, la ville offrait des activités intéressantes, comme enseigner l’anglais à des moines bouddhistes, suivre un cours d’escalade ou faire du kayak. On jurerait que ces voyageuses et voyageurs aux crocs acérés débarquent dans un endroit X avec tous leurs préjugés, à l’affût de « preuves » pour conforter ceux-ci, dans le but de mieux vomir leur haine à l’intérieur d’articles expliquant, avec une dose massive de supériorité morale autoproclamée, pourquoi ledit endroit n’est plus « authentique ». Pénible.

Y a pas de que la débauche à Vang Vieng, Laos (2012)

– La recherche de « l’authenticité » à tout prix. Ahhhh…. le Graal du voyageur. La coupe Stanley de la compétition entre « bucket-listeurs ». Ou plutôt, la quintessence des fantasmes néocolonialistes bobos. Je ne comprends pas cette manie de vouloir enfermer des populations dans leur passé, dans leurs traditions; pour moi, la folklorisation des peuples constitue une forme de racisme. Mais bon, d’aucuns rêvent de rencontrer des communautés non « contaminées » par la modernité, par la technologie, comme si elles vivaient nécessairement un mode de vie plus enviable, plus « vrai ». Comme si ces communautés étaient plus proches de la « vraie vie », plus détentrices de la « vraie culture »… pourtant, dans de nombreux pays, elles sont souvent les plus conservatrices, à tous les niveaux. Sur la question de l’homosexualité, par exemple. Une colle pour vous: combien de ces obsédé-es de l’authentique fréquentent les communautés plus conservatrices de leur pays d’origine? Question rhétorique, car je suis convaincu que la réponse doit approcher de zéro.

Danse traditionnelle à Janitzio, Mexique (2017). Façon de préserver la culture ou attrape-touristes?

– Enfin, la mode du tourisme spirituel. Ce que j’appelle l’effet « Eat, Pray, Love ». En soi, voyager pour se découvrir, pour ouvrir ses horizons est une quête légitime. Là où je décroche, c’est quand la spiritualité est présentée comme un but à atteindre, ou pire encore, comme une caractéristique propre à un lieu. L’Inde ou Bali, surtout. La spiritualité est davantage un état qu’un lieu. Et si en plus il faut payer pour prier, alors là, c’est la totale. La totale contradiction entre un objectif et le moyen de le réaliser. Comme si on pouvait s’acheter une paix intérieure. La paix intérieure résulte d’un travail sur soi, pas d’une transaction financière. L’industrie de la spiritualité a dénaturé une démarche noble. Aujourd’hui, c’est si tendance de voyager pour élever sa conscience. Or les problèmes suivent la personne, partout, tout le temps. Le lieu ne sert que de prétexte à une « quête spirituelle » qui, en fin de compte, pourrait être entreprise n’importe où. On change parce qu’on décide de changer. On pourrait changer n’importe où, si on le voulait vraiment, mais ça paraît mieux de se vanter qu’on a vécu un éveil dans un ashram de Rishikesh. En outre, le « payer pour prier » créera un filtre à partir duquel toutes les expériences et circonstances seront étiquetées comme « spirituelles », parce que personne n’accepterait d’admettre qu’il ou elle n’a pas vécu LA grande expérience transcendante tant rêvée après avoir dépensé autant d’argent. Ce serait la honte.

Bali, c’est aussi le monument à la mémoire des 202 victimes du double attentat du 12 octobre 2002, à Kuta (2012)

Je suis un pépé râleur

Oh je sais, j’ai l’air amer. Comme un vieux plouc qui n’arrive plus à suivre le train. Un pépé râleur qui rumine sur « c’était meilleur dans mon temps ». Soit. Je le suis – un peu, à tout le moins. Je sais que mes opinions peuvent heurter. Je ne vise personne en particulier et je ne suis pas au-dessus de mes propres critiques. Je m’inclus dans les comportements décriés ci-haut, que j’ai pu reproduire de façon plus ou moins consciente au fil des années. Je tenais malgré tout à exprimer ma vision d’un univers dans lequel je me suis beaucoup investi, dans lequel j’ai puisé tellement de belles choses. Mais je crois que l’esprit qui m’allumait dans la blogosphère est maintenant disparu. Je m’ennuie d’une certaine anarchie, d’une certaine candeur, d’un certain tâtonnement. J’aimais quand chaque blogue avait sa propre personnalité, quand chacun explorait à sa façon. Quel plaisir alors de lire toutes ces voix nouvelles, de sentir cet enthousiasme débordant, cette fraîcheur créative non domestiquée par l’argent. Aujourd’hui, je ne perçois plus cette énergie. Comme si – presque – tout le monde semblait vouloir se battre pour une même pointe de la tarte publicitaire, avec des stratégies similaires. Je ne me sens pas interpellé par cette quête. J’ai donc effectué mes choix en conséquence. Pour le meilleur et pour le pire.

Contrairement à ce que ce texte laisse entendre, il m’arrive d’être heureux. Comme avec Mafalda, à Buenos Aires (2015)

Et l’avenir?

Maintenant que j’ai déversé mon fiel, je tiens à conclure sur une note positive. Parce que même un pépé râleur peut voir le bon côté des choses. Donc… où s’en va la blogosphère de voyage francophone? Elle évoluera. Tout ce qui la compose en ce moment continuera de se développer, d’étendre ses branches dans diverses directions. La spécialisation de la blogosphère se poursuivra, accentuant ainsi sa fragmentation. Et c’est parfait ainsi. Il y aura de tout pour tous les goûts et tout le monde y trouvera son compte. Même moi. Pour ma part, je vais poursuivre l’écriture de mon blogue tant que j’en retirerai du plaisir. Ça fait plus de 25 ans que j’écris presque tous les jours. Et je ne peux imaginer ma vie sans l’écriture. Alors à un autre 10 ans pour La page à Pageau…

35 Comments

Add a Comment
  1. J’aime bien ton article « pépé raleur » ! Je suis assez d’accord avec ton analyse de la blogosphère francophone un peu trop lisse mais je continue à lire avec plaisir certains blogs qui sortent du lot, ou tout du moins ont une philosophie qui me parle. Allez, rendez-vous dans dix ans pour ton prochain bilan !

    1. Merci Sylvie! Oui, il y a toujours de bons blogues… et il n’en devienne que plus précieux. Oui, rendez-vous dans 10 ans (ou avant, autour d’une poutine)!

    1. Moi aussi je t’aime Jennifer (même si je suis un râleur)!

  2. D’accord avec une bonne partie de tes réflexions, mais au risque de me répéter, je préférerai toujours le mot «authentique» à l’expression «hors des sentiers battus», qui ne veut TELLEMENT plus rien dire… T’as pas idée à quel point ça me réjouit de voir qu’il reste encore des gens indépendants et qui préfèrent les mots à l’image. Si rare en 2017… Bon 10e, pépé râleur! 😘

    1. Merci Marie-Julie! On a toutes et tous nos sources d’irritation… ha ha! Il y aura toujours de la place pour les passionné-es des mots. Tu en es la preuve vivante…

  3. J’ai lu ton article avec intérêt et j’en partage beaucoup d’agacements par rapport à l’évolution des blogues de voyage. Je peux comprendre que certains blogueurs aient besoin de « monétiser » leur activité de blogueur mais ils doivent être conscients que c’est toujours au détriment de la fraîcheur ou de l’originalité de leur blog. Après, c’est un choix personnel, ça ne se discute pas ! Mais il y a des blogues qu’on n’a pas (plus) envie de lire !
    Pour ajouter aux dérives qui te font réagir, j’en ajoute une : c’est celle qui consiste à vouloir s’ériger en donneurs de conseils à partir d’un simple voyage effectué comme un touriste lambda. Je fuis ce type de blogue qui m’exaspère. Je préfère de loin ceux qui se contentent de relater de façon honnête et sincère leur expérience et leur ressenti.
    En tout cas, merci pour ton article et tous mes encouragements à poursuivre sur la voie qui est la tienne.

    1. Merci pour les bons mots, Alain! En effet, chacun fait ses choix. Et je suis d’accord avec ton ajout: ces « experts » d’une destination à peine visitée sont plutôt agaçants… et on pourrait en rajouter des tas. Tiens, une autre dérive: le voyageur qui a tout vu, tout fait, tout connu, qui passe son temps à rabaisser les histoires de voyages des autres, car il aura toujours fait mieux ou pire. Ça c’est du lourd…

  4. Wow quel bel article ! Je l’ai dévoré de A à Z, j’en ai aussi pris pour mon grade, même avec mon mini blog, puis j’ai entendu. Je suis tout à fait d’accord avec ce que tu dis. Je me souviens quand j’écrivais mon blog en nouvelle-Zélande et que je m’en fichais bien de ce que l’on pouvait penser. Je racontais ma vie et mon expérience. Aujourd’hui, je voyage à vélo, mais avec tous ces blogs autour de moi, j’ai formaté le mien, en ayant l’impression d’être obligée de le faire ainsi si je veux qu’il ait sa place. C’est bête mais c’est quelque chose que j’ai beaucoup vu dans beaucoup de domaines. À la fois je me bats pour qu’il ait une place (mon objectif étant de faire découvrir le voyage à vélo), à la fois je veux qu’il me représente (du coup, je pousse des petits coups de gueule de temps à autre).

    Bref ça me semble assez compliqué de trouver l’équilibre entre le véritable « incontournable » tout en restant soi-même « authentique » !

    1. Merci Mila! C’est un peu un passage obligé, que de modifier son blogue. Ne serait-ce que pour exister pour Google… et tu as touché un bon point: trouver un équilibre. Pas facile, en effet. Mais c’est en même une partie du plaisir de bloguer: trouver sa propre voix. Bonne continuation!

  5. J’aime beaucoup ton article qui résume assez bien ce que je pense. Sur la « blogosphere » depuis 5 ans aujourd’hui je ne lis plus que quelques blogs. Même si contrairement à toi j’aime regarder des vidéos et des photos je les consomme davantage comme un magasine photo. Je trouve davantage mon bonheur dans les blogs étiquetés plus « lifestyles » mais qui parlent bcp de voyage (je pense à mathilde ou Mango and salt). Parce qu’ils sont orientés sur le personnel ils me semblent plus nuancés et plus littéraire, je m’y investi bien plus.

    Enfin je pense que les termes comme « incontournables », « hors des sentiers battus » etc viennent aussi du vocabulaire des guides de voyage qu’on reproduit sans faire forcément attention.

    Encore bravo et joyeux 10 ans!

    1. Merci Constance! On peut trouver de tout, pour tous les goûts, et c’est très bien ainsi, malgré les reproches qu’on peut adresser aux diverses plateformes. Oui, je pense moi aussi que certains mots sont devenus des classiques et que bien des gens les utilisent parce que c’est plus facile que de proposer de nouvelles formulations.

  6. Excellent article rafraîchissant. Tellement d’accord avec toi sur nombre de points, quand bien même je tomberai dans certains travers (je t’enverrai une carte postale d’Ouzbékistan). Longue vie à Pépé râleur !

    1. Merci Alexandra! J’accepte les cartes postales, peu importe leur origine. Par contre, je ne crois pas qu’il y ait de clubs naturistes en Ouzbékistan…

  7. Tomberais* ! Rah ! ;)

    1. Est-ce l’euphorie de m’écrire qui te fait faire des erreurs?

  8. Je partage pas mal des points de ton analyse mais je ne pense pas que cela soit limiter au monde du bloguing, mais c’est plutôt dans le bloguing qui est un reflet de notre société qui désormais consomme les destinations comme des objets. En voyage organisé (trekking, petit groupe de voyageur, pas usine à touriste), j’ai croisé une fille qui me demandais pourquoi c’était la 3ème fois que je e rendais dans ce pays (la Turquie en l’occurrence), car revenir dans un pays était une perte de temps car (en gros) cela diminuait le nombre de pays que l’on avait vu à la fin… il n’y a donc pas que les blogueurs qui pensent en mode « bucket list ».
    Sinon les blogs qui te donne des leçons de comment vivre ta vie perso ça m’ennuie. On peut aimé voyager mais aussi aimé être chez soi et je n’ai de leçon à recevoir de personne donc en général je ne les lis pas !
    Après dans mon blog, je sais que je suis plutôt positive, d’une part car je suis bon public et qu’il est rare que je n’aime pas un lieu, d’autre part, et c’est la raison principale, ça m’ennuie de parler de lieu que je n’ai pas aimé. J’ai fait un voyage en Croatie l’année dernière, je n’arrive pas à écrire les articles, je n’ai globalement pas aimé, je n’ai pas envie d’en parler, j’ai du mal à me mettre à écrire dessus.
    Sinon comme Itinéra Magica, je t’enverrais bien une carte postale d’Ouzbékistan. A vrai dire je me fiche de savoir si la destination est un sentier battu ou non si j’ai envie d’y aller j’irais ! et je dois avouer que Samarkand me fait rêver !

    1. Merci Mathilde! Oui, tu as raison, je pense moi aussi que la société et ses valeurs dominantes ont une influence sur le blogging (et autres pratiques culturelles). 3 fois en Turquie? Je peux te comprendre. Je n’y ai été qu’une seule fois et je serais enchanté d’y retourner. Dommage pour cette fille qui ne saisit pas l’intérêt d’explorer les complexités des cultures d’un pays (j’ai un faible pour le Mexique, en passant).

      Voilà! Voyager, apprécier ce qu’on a chez soi… il n’y pas de contradiction, juste différentes façons de profiter de la vie.

      C’est le plaisir de bloguer: choisir nos sujets, en fonction de nos intérêts, nos états d’âme, etc. Moi aussi je préfère rester positif, mais parfois, un coup de gueule, ça fait du bien.

      Oh oui, Samarcande compte son lot de lieux extraordinaires. J’ai beaucoup aimé l’Ouzbékistan, alors je te souhaite un excellent voyage! Et je serais heureux de recevoir une carte postale…

    2. Pardon d’intervenir dans cet échange, mais je ne peux m’empêcher de dire que moi aussi j’ai rêvé … beaucoup … de l’Ouzbékistan et que nous avons fini par y aller en 2013. Et ça reste un des nos plus beaux voyages !
      Il y a tant à voir, mais aussi à apprendre sur l’histoire de cette région qui fut un temps le centre du monde connu. J’ai aussi été très intéressé par l’évolution récente du pays, à découvrir et essayer de comprendre comment ce jeune état a basculé d’un coup de l’URSS dans l’indépendance.

      1. Je suis d’accord avec Alain. C’est vraiment un pays fascinant. Quelle histoire riche, complexe. Et l’architecture dans plusieurs villes… à couper le souffle.

  9. Bon anniversaire :) je te suis sur pas mal de choses (mais je suis surpris de voir dans les articles proposés à la suite de ton post des listes de X trucs à faire à…). C’est vrai qu’on ne sait plus très bien pour qui on écrit : Google ou le lecteur ? J’aime beaucoup écrire, mais j’aime aussi être lu, tant qu’a faire. Et quand il s’agit de trouver un titre, j’ai l’impression de devoir choisir entre l’un et l’autre…
    Sur les destinations, effectivement, beaucoup d’homogeneite et de promo déguisée (ou pas). Mais pour être un adepte des voyages hors des sentiers battus, je vais défendre ma chapelle : voyager hors des sentiers battus, c’est moins une histoire de destination qu’une histoire d’attitude. C’est prendre à gauche là où les autres prennent à droite, par curiosité, par goût de l’immrevu ou tout simplement parce qu’on n’a pas envie de se retrouver dans le troupeau. Les mots aventure, authentique, hors des sentiers battus ont tellement été galvaudés qu’ils sont discrédités. Pourtant ils n’ont pas changé de sens.
    10 ans ! C’est un bel anniversaire ! Je me demande si tu relis de temps en temps des billets anciens… moi ça m’arrive ( mes billets anciens ne sont pas sur mon blog mais encore dans des cahiers ) et je trouve ça chouette de me voir évoluer (ou pas) avec le temps. Aux 10 ans qui viennent ! :)

    1. Merci Mat! En fait, je n’ai rien contre les listes, tant qu’elles ne sont pas présentées comme des références objectives. Une liste personnelle, assumée (genre, « Mon Top 10… » ou « Mes coups de coeur… ») peut être très intéressante.

      Ah Google… pour les blogueurs, il est comme Dieu. Impossible de ne pas en tenir compte. Je pense qu’un équilibre entre écrire pour Google et écrire pour ses lecteurs est souhaitable. Un exercice périlleux, je l’admets.

      Je suis d’accord avec toi: le concept de « voyager hors des sentiers battus » est légitime. C’est sa glorification qui m’agace. Comme si c’était la meilleure ou la seule façon de voyager. Ça dépend surtout des tempéraments. Certaines personnes aiment se retrouver dans des cadres bien définis. D’autres, comme toi, préfèrent plonger dans le mystérieux, dans l’inconnu. Je me situe à quelque part entre les deux: pas totalement « touriste lambda », pas totalement aventurier. Ça dépend des circonstances, aussi. Je sais apprécier chaque approche. Mais c’est vrai que, comme tu le mentionnes, bien des mots – aventure, authentique, hors des sentiers battus – ont été galvaudés, avec le temps. Je pense qu’on se comprend, dans le fond.

      Oui, je me relis à l’occasion, mais chaque fois, je réalise à quel point mon style était rudimentaire. J’estime qu’il a évolué (pour le mieux, j’ose croire) et je sais qu’il continuera à se raffiner, si j’y mets les efforts. Merci encore pour les bons mots et les réflexions!

  10. Excellent article. Je te rejoins sur un grand nombre de point que tu évoques ici et me désespère souvent de voir combien il existe de très bons blogs qui n’arrive pas a se faire connaitre pour la simple et bonne raison que les gens (les lecteurs) préfèrent lire « les 100 plus plages du monde »plutôt que le récit simple mais authentique d’un ou d’une voyageuse. Moi je fait du tri dans mes lectures et trouve très régulièrement de très beaux billets.

    1. Merci Cécile! C’est la même situation dans toutes les activités de production culturelle/artistique: parfois la forme est plus « sexy » que le fond. Et avec les réseaux sociaux, l’élément marketing a pris une importance majeure dans toute démarche culturelle/artistique. Alors celles et ceux qui excellent en marketing vont forcément se démarquer, indépendamment de la qualité de leur contenu (qui est peut être excellent, d’ailleurs). Moi aussi je fais un tri dans mes lectures. Ce n’est pas une mauvaise chose, avec la quantité d’articles disponibles…

  11. Je ne connais pas vraiment le « avant » dont tu parles car je ne gravite pas dans cette blogosphère depuis très longtemps, mais j’ai malgré tout fait un tri dans les blogs que je suis et lis régulièrement qui semblent bien correspondre à ton « avant ». Comme toi l’uniformisation me fatigue, que ce soit au niveau des textes, des photos ou des vidéos, comme toi les titres « putaclics » me rebutent et j’avoue avoir du mal à m’intéresser aux blogs qui ressemblent à des catalogues ou des guides, où est la valeur ajoutée du blog dans ceux-là ?! Enfin … il en faut pour tous les goûts ! Et surtout continue d’écrire, continue de râler, continue de décrire ton monde et de t’émerveiller, c’est toujours un plaisir de te lire :)

    1. Merci Pauline! En fin de compte, chacun-e fait ce qui lui semble convenable. Et chacun-e peut piger ce qui lui plaît dans cet univers. On a des goûts similaires, de toute évidence…

  12. Je découvre ton blog à l’occasion de cet article, et waouh, c’est assez rafraichissant ;)
    C’est vrai que depuis quelques années (et c’est exponentiel), les blogs « personnels » sont concurrencés par des blogs « pro » qui se la joue « perso », obligeant ceux qui ont des petits blogs à devenir des professionnels du marketing digital pour survivre … On observe ce phénomène dans la blogosphère voyage (que je connais que depuis peu…) mais également dans toutes les « autres » blogosphères. Bref, du coup, même si je n’ai qu’un microscopique blog, qui me sert de « bulle d’évasion », je me sens obligée à apprendre plein de trucs sur le SEO, regarder les statistiques, essayer d’écrire des articles qui vont « plaire » … Et surtout, je me sens obligée d’être lisse, ne jamais faire de vagues, et de ne surtout pas écrire d’article sur « la dictature du positif ». Mais peut être que ton article va m’inspirer pour finir le mien :)

    Dans tous les cas, joyeux anniversaire de blog :)

    1. Merci Julie! Oui, il y a tout de même un minimum de compétences à acquérir, quand on lance un blogue. Mais, en bout de ligne, on choisit ce qui nous convient le mieux. Alors à toi de voir ce avec quoi tu te sens le plus à l’aise…

  13. Joyeux bloganniversaire pépé râleur! Article bien écrit et tellement vrai! (je mets juste un bémol sur le nom anglicisé pour un blog français, vu que c’est mon cas! lol).
    Je suis quand même super déçue que tu ne me lises plus (si un jour tu m’as lu!! #jedéconne #humouràdeuxballes #ironie).
    Je te souhaite encore au moins 10 ans de blogging et autant de plaisir que tu peux trouver dasn l’écriture!

    1. Merci Martine! Et tu peux mettre tous les bémols que tu veux… ha ha!

  14. Ton article est tellement vrai… Moi aussi je lis de moins en moins de blogs, et peut-être plus ceux de petits blogs débutants, qui me paraissent plus authentiques (t’as vu, j’ai sorti le mot-clé!)!
    J’aime beaucoup, entre-autres, ton:  » En bout de ligne, « sortir des sentiers battus » n’a pas d’importance. L’essentiel à mes yeux, c’est de voyager là où l’on désire sincèrement aller, sans tenir compte de l’opinion des autres.  » Ce débat et ce sentiment de suffisance des « voyageurs » qui « sortent des sentiers battus » m’exaspèrent… On dit vouloir ouvrir l’esprit de nos lecteurs… Alors soyons le nous mêmes!

    (et sinon, tu as des blogs qui prennent un titre anglophone juste parce qu’ils aimaient la chanson en question haha!)

    1. Merci Chloe! Ah oui, la suffisance de celles et ceux qui devraient pourtant être ouvert-es d’esprit… ce paradoxe m’agace aussi. Comme si voyager était une compétition.

      Et oui, un titre de chanson peut effectivement être une bonne raison pour nommer un blogue en anglais… (et 2 morceaux de robot pour l’emploi du mot « authentique »)

  15. 10 ans, c’est peut-être l’âge de raison ….;-))
    et dire que notre tour du monde commence en Janvier ….et que je retranscris tout, car ma mémoire me fait parfois défaut. J’aime raconter ( les bons et les moins bons moments de nos pérégrinations ) tout, surtout pour nous, comme les albums photos d’antan, pour rester en contacte avec nos amis et nos proches, quel bel outil,( pour nous qui avons 60 ans c’est le Pérou !) le blogue, où nos textes et nos photos seront gardés sans jaunir encore longtemps, une mémoire pour nos enfants même lorsque nous ne serons plus là ……et il n’y aura jamais de pub sur mon blogue. Bon Anniversaire et bonne route ( peut-être une poutine en Avril, nous serons à Montréal )

    1. Peut-être… ou pas… ha ha!

      Ah la mémoire… une alliée, avec ses défauts, parfois. Oui, moi aussi je vois le blogue comme une oeuvre à laisser derrière soi, un réceptacle de la mémoire faillible. Une courroie de transmission de ce que fut notre vie, un legs à nos proches, à nos lecteurs. Avec ou sans pub (mais c’est meilleur sans… ha ha!). Merci pour les bons mots, Annick, et au plaisir de partager une poutine. Tiens-moi au courant… et bon tour du monde!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Notifiez-moi des commentaires à venir via email. Vous pouvez aussi vous abonner sans commenter.

La page à Pageau © 2015 Frontier Theme