Prochaine destination: le Guyana

Je viens de réaliser que, obnubilé par la rédaction de mon billet sur le spectacle de Julieta Venegas, je n’avais pas encore publié de billet sur ma prochaine destination, et ce, même si ce voyage approche à grands pas. Ma prochaine destination est donc, comme le titre l’indique, le Guyana.

*(Toutes les photos de ce billet – sauf celle de l’aéroport international Tocumen, à Panamá – sont du Suriname, le pays voisin. Les deux pays ont plusieurs points en commun, comme l’omniprésence de la nature sur leur territoire et certains traits culturels. Par exemple, les Néerlandais ont colonisé les deux territoires, mais ils ont cédé le Guyana au Royaume-Uni, en 1814).

Guyana, pas Guyane

Tout d’abord, une précision: le nom du pays est bel et bien Guyana, même en français. Certains disent Guyane, mais c’est inexact. La version française du site de l’ONU apporte la précision suivante:

« Le 3 janvier 2018, la Mission permanente du Guyana auprès des Nations Unies a officiellement informé l’Organisation des Nations Unies que, conformément à la Constitution du Guyana, le nom officiel de la République du Guyana est “République coopérative du Guyana” ».

Le « débat » est donc clos. La confusion vient sans doute de sa proximité avec la Guyane française, l’une de ses voisines (et qui est, accessoirement, une collectivité territoriale française d’outre-mer).

Pourquoi le Guyana?

Je songeais à aller dans ce pays depuis un certain temps déjà, mais ce n’était pas la région du monde que j’avais ciblée pour mon prochain voyage. J’avais envie de sortir de l’Amérique latine, mais j’ai changé d’idée. Pourquoi? Parce que j’ai lu une série d’articles (1, 2, 3) dans la Presse sur les impacts des changements climatiques et du développement de l’industrie pétrolière sur le pays. Or ça ne se passe pas sans problème. Des allégations de corruption ont fait surface et plusieurs ont l’impression que les retombées pétrolières ne profitent pas à l’ensemble des citoyens, mais à une minorité de privilégiés.

Ma lecture de la situation est que le pays risque de changer de manière significative au cours des prochaines années et que ce changement ne sera pas pour le mieux. Je pense que la violence pourrait même s’installer, à mesure que les inégalités économiques et sociales vont grandir.  Je crains que le Guyana ne devienne de plus en plus comme le Venezuela, son voisin, au plan de la sécurité.

Une situation à surveiller

D’ailleurs, les deux pays vivent un désaccord important concernant la région d’Essequibo, à la frontière entre les deux pays, et ce, depuis au moins 1899. Cette région serait riche en pétrole et en divers métaux. Le Venezuela en revendique la possession, mais, depuis l’Accord de Genève, en 1966, elle appartient au Guyana. Or le Venezuela aurait récemment, selon des informations glanées çà et là, amorcé des manoeuvres militaires près de la frontière avec le Guyana. Est-ce qu’un conflit armé ouvertement assumé est possible? Qui sait? Pour toutes ces raisons, je me suis dit que je serais mieux d’aller au Guyana maintenant, au cas où la situation dégénérerait par la suite.

Et la logistique, dans tout ça?

Côté logistique, c’était simple: pas besoin de visa pour les séjours de moins de 90 jours, pour les citoyens canadiens. Question réglée.

Pour le billet davion j’ai choisi d’y aller avec Copa Airlines, une compagnie que j’aime bien. C’est un joueur majeur dans la région, il possède sa base au Panamá. J’ai payé 1013,91 $ CAN pour mon billet aller-retour (Montréal-Panamá, puis Panamá-Georgetown et vice-versa). J’ai en fait payé 100 $ de plus pour la possibilité de modifier – une seule fois – les dates de mes billets et la sélection de sièges. J’ai vu des billets autour de 700 – 750 $ CAN pour le mois de février, mais ces dates ne me convenaient pas.

J’aurai des escales d’environ 8 h à l’aller et d’environ 12 h au retour. Ce sera long, mais je préfère ça à des délais trop courts entre deux vols. Et puis, l’aéroport Tocumen est spacieux, donc, je trouverai bien de quoi me désennuyer ou un coin où roupiller en attendant mon prochain vol.

Côté hébergement, j’ai réalisé qu’il ne semblait pas y avoir d’auberges là-bas. À la lueur de mes recherches, j’ai constaté qu’il ne semblait y avoir que des hôtels et des Airbnb. J’en reparlerai quand je publierai des billets sur Georgetown.

Côté argent, la devise du pays est le dollar guyanais (G$ ou GYD). Le taux de change, au moment de publier ce billet, est 1 $ CAN = 145 G$.

Côté santé, le pays semble strict sur le vaccin contre la fièvre jaune (comme le Suriname, d’ailleurs), alors il me paraît pertinent de prendre rendez-vous dans une clinique pour effectuer un bilan, juste au cas. Détail non négligeable: la malaria est présente dans le pays. Comme le Guyana est couvert par la forêt tropicale, la présence de moustiques et les possibles conséquences de leur piqûre sont donc un aspect à ne pas négliger. L’adoption des précautions usuelles contre les moustiques est ainsi fortement conseillée.

Côté météo, le mois de mars est considéré comme l’un des meilleurs mois pour aller au Guyana. Il risque alors de pleuvoir, oui, mais moins que lors des autres mois. Aussi, le mercure devrait tourner autour de 30°C, mais c’est comme ça à longueur d’année. Ce sera donc chaud et humide. Je vais suer.

Oh, et bien sûr, je m’arrangerai pour cuisiner une poutine là-bas.

Une nouvelle aventure

Alors, voilà. J’ai hâte de découvrir le Guyana, même si mon séjour là-bas sera trop bref pour que je puisse en découvrir les multiples facettes.