
Coucher de soleil sur le fleuve Demerara
J’ai fait trois excursions avec l’agence Wanderlust Adventures GY. Roselyn et Triscilla ont été formidables. Je tiens à souligner que je ne suis pas payé pour dire tout ça, je ne fais que partager mes expériences. Comme je l’ai mentionné dans mon billet précédent, j’ai déniché d’autres agences intéressantes et je republie leurs noms ici, au cas où vous souhaiteriez magasiner les excursions: Dagron Tours, Epic Tours Guyana, Old Fort Tours and Resorts, Savannah Guyana Tours et Touring Guyana.

Le bon endroit pour manifester son amour du Guyana.
Certes, plusieurs agences proposent des excursions similaires (certaines collaborent même ensemble, à l’occasion), comme la journée sur le fleuve Essequibo, mais il existe aussi des différences notables entre les offres de chacune. C’est donc une bonne idée de magasiner afin de comparer les prestations, les prix, les horaires, etc. À noter que Wanderlust Adventures GY demande à ses futur-e-s client-e-s, au moment de réserver, de lui signaler toute allergie/préférence alimentaire.

La mosquée Queenstown, aperçue lors de mon City Tour.
Par ailleurs, les dates des excursions ne sont pas fixes, ni prévisibles. Elles dépendent du nombre de personnes inscrites et de la météo (par exemple, afin d’assurer la sécurité des vols, le cas échéant). Il est donc essentiel de communiquer avec l’agence choisie pour obtenir les confirmations nécessaires avant l’activité ciblée.

L’étang du National Park, habitat de charmants lamantins.
En outre, certaines attractions peuvent être fermées, selon le moment de la semaine, alors si vous tenez absolument à visiter un lieu précis, il serait sage de vérifier ses heures d’ouverture avant.
Un 2 pour 1
Donc… le nom de cette excursion est le City and River View Tour; elle inclut deux excursions différentes, mais complémentaires: une visite guidée de Georgetown et une promenade en bateau sur le fleuve Demerara, pour le coucher de soleil. C’est une combinaison parfaite, comme la sauce brune, le fromage en grains et les frites.

Le puissant fleuve Demerara
L’excursion m’a coûté 100 $ US (soit environ 138,60 $ CAN), une somme payée par carte de crédit au bureau de l’agence Wanderlust Adventures GY (au coin des rues Waterloo et New Markets). Le prix incluait les transports, les services d’un guide, un repas, des collations et des boissons fraîches. Ça peut paraître beaucoup, mais Omari, notre guide, valait à lui seul une large portion du prix: il était sympathique, érudit et, en plus, il se débrouillait bien en français, même s’il ne l’avait pas parlé depuis des années.

Le très sympathique Omari, debout.
Le City Tour
Le 9 mars, j’ai attendu le chauffeur sur la terrasse de mon hôtel; il est arrivé vers 12 h 20. On a ensuite été chercher les autres participant-e-s. L’excursion commençait officiellement à 13 h. On a commencé par se rendre au mémorial dédié aux victimes de la révolte des esclaves d’août 1823. Entre 9000 et 12 000 esclaves auraient participé à cette révolte pacifique, la plus grande à survenir dans la colonie britannique (alors appelée Demerara-Essequibo), et elle fut matée dans le sang, comme c’est généralement le cas. Entre 200 et 500 personnes auraient été tuées par les troupes du gouverneur John Murray.

Le mémorial dédié aux victimes de la révolte des esclaves d’août 1823.
Mais les germes de la libération furent plantés. Des changements aux conditions de travail des esclaves furent adoptés en 1825, comme l’imposition d’une fin de semaine formelle et d’une pause obligatoire de deux heures à chaque quart de travail de douze heures. Ces mesures n’étaient toutefois pas respectées par tous les esclavagistes, de sorte que des tensions ont persisté dans la colonie. L’esclavagisme fut officiellement aboli par la Grande-Bretagne le 28 août 1833, avec l’adoption du Slavery Abolition Act, entré en vigueur le 1er août 1834 dans l’ensemble de l’Empire britannique. Officieusement? Je ne saurais dire. Je laisse cette tâche aux historiens.

Un détail du mémorial.
Puis, on a été sur la promenade, le long du seawall (digue). La digue sert à freiner l’ardeur des vagues de l’océan Atlantique sur la côte, qui se trouve à un mètre sous le niveau de la marée haute. La conséquence de cette position est que l’océan gruge de plus en plus de terre ferme. Cette érosion force les autorités à envisager des solutions à plus long terme pour éviter que des pans de la ville ne finissent sugmergés, mais c’est une situation complexe. La nature finit toujours par gagner.
La promenade est un lieu de rencontre populaire (pour les premiers rendez-vous, notamment). On peut y voir l’océan Atlantique s’échouer sur le rivage, mais il n’y a pas de plage dans la région, en raison justement de la violence des vagues et du dépôt de sédiments charriés par les fleuves Demerara et Essequibo.

La promenade, propice aux rencontres en tous genres.
On a alors été aux lettres géantes Guyana. Oui, les traditionnelles lettres que l’on retrouve maintenant un peu partout sur la planète. Comme quoi les bonnes idées se font copier. Ce fut donc une amusante séance photo pour tout le monde.

Les lettres attirent les touristes, peu importe l’endroit.
À quelques pas des lettres, le monument aux tortues de mer rend évidemment hommage aux tortues de mer (même si celles-ci ne le verront jamais). Le pays, comme le Suriname voisin, compte une importante population de tortues de mer: ainsi, quatre des sept espèces de tortues de mer (luth, verte, imbriquée et olivâtre) viennent pondre à un endroit nommé Shell Beach. Cependant, elles ne sont toutefois pas protégées par des gardes armés (comme au Suriname), ce qui les expose aux braconneurs.

Le monument aux tortues de mer.
L’Umana Yana est un centre culturel qui a accueilli – entre autres – des rencontres diplomatiques de haut niveau, comme la Non-Aligned Foreign Ministers Conference, du 8 au 12 août 1972, qui a réuni environ 80 pays non alignés, pays observateurs et pays invités. Inspiré par l’architecture développée par la nation autochtone Wai Wai, l’édifice se démarque des bâtiments plus modernes du secteur.

Le centre culturel Umana Yana.
Le National Park est un parc très populaire, qui comprend des terrains de jeux pour enfants, des terrains de sports (ex. cricket), des espaces gazonnés, des sentiers et un étang avec des lamantins. D’ailleurs, les lamantins sont formidables, car ils utilisent leurs flatulences pour se déplacer. Ils sont inoffensifs pour l’humain et ils sont adorables.
Une autre vidéo de lamantins, parce qu’ils rockent tellement.
On a ensuite roulé jusqu’à la cathédrale Saint-George, qui était hélas fermée lors de notre passage. Mais je l’avais judicieusement visitée par moi-même avant l’excursion. Des participantes de mon groupe étaient toutefois déçues. Au moment où l’on était juste à côté de celle-ci, deux camions avec des remorques remplies de fêtard-e-s sont passés. Selon mon guide, il n’y avait aucune festivité prévue ce jour-là. J’adore ces moments absurdes qui surviennent sans avertissement.
Le monument de 1763 souligne la rébellion de Berbice, qui s’est déroulée du 23 février au mois de décembre 1763. Il s’agit de la première révolte d’esclaves non seulement dans l’histoire du pays, mais aussi dans l’histoire de l’Amérique du Sud. Elle fut réprimée dans la violence, mais son histoire complexe pourrait faire l’objet d’une passionnante série télévisée, avec tous ses rebondissements: combats, trahisons, tractations politiques, etc. Aujourd’hui, au Guyana, le 23 février est un jour dédié à la commémoration de cette rébellion.

Le monument de 1763; la personne représentée est Cuffy, le chef de la rébellion.
J’avais déjà été à la cathédrale de l’Immaculée-Conception, puisqu’elle se trouvait à deux pas de mon hôtel, alors rien de nouveau pour moi. Une belle cathédrale. Trois femmes de mon groupe n’ont pu y entrer, car elles portaient des vêtements inappropriés (lire: trop courts), alors prévoyez des vêtements « décents », et n’oubliez pas d’enlever votre chapeau avant d’entrer.

Apparemment, la décence est de mise, ici.
Joli bâtiment, l’hôtel de ville attire l’oeil des passant-e-s de l’Avenue of the Republic. Il est par contre en rénovation depuis des années et les travaux avancent à pas de tortue. C’est même devenu un « running gag » dans la ville, d’ailleurs.

L’hôtel de ville, caché en partie par un arbre importun.
Situé près de l’hôtel de ville, le Parlement trône sur un vaste terrain, qui occupe un bloc de rues au complet. Le public peut visiter certaines parties du Parlement. Une statue de la Reine Victoria a par ailleurs été érigée sur son terrain, mais des vandales s’attaquent constamment à celle-ci. Ainsi, la main gauche de la statue serait toujours arrachée, car elle porterait habituellement un sceptre en métal précieux.

Le Parlement du Guyana
Plus vieille église et même plus vieille bâtisse de Georgetown (elle fut bâtie en 1811), l’église Saint-Andrews Kirk aurait servi de lieu de rencontre pour les esclaves qui souhaitaient s’organiser en vue d’une rébellion. On ne l’a pas visitée, car je crois qu’elle était fermée lors de notre passage.

L’église Saint-Andres Kirk
De l’église, on s’est rendus au marché Stabroek. J’ai déjà parlé du marché dans mon billet précédent, alors je ne reviendrai pas sur le sujet, sauf pour dire – encore – qu’il s’agit du plus célèbre marché de Georgetown et du Guyana. On y a été pour rejoindre le port de plaisance.

C’est l’heure de l’embarquement.
Une toilette a été sagement installée juste avant le quai d’embarquement. Tout le monde l’a utilisée – sagement. À noter que, vers la fin de l’après-midi, de jeunes hommes se trouvaient tout près du débarcadère, en train de fumer du pot et de boire de l’alcool. L’ambiance s’en trouvait ainsi plus chargée, car ils étaient bruyants et querelleurs (entre eux, mais bon).
Le River View Tour
On est ainsi montés dans une fière embarcation et on est partis, vers 16 h. Le rythme lent du fleuve formait un vif contraste avec l’énergie frénétique de Georgetown.
D’aucuns pourraient trouver cette promenade ennuyante, mais j’ai aimé cette activité. Le fleuve Demerara est imposant, la circulation fluviale amène son lot de navires d’envergure et la vue sur la construction du nouveau pont est impressionnante. De plus, Omari nous donnait des explications sur ce que l’on voyait, sur l’histoire du fleuve, du développement de la région, du commerce, etc.
Le bateau a donc vogué vers le pont en construction, puis a bifurqué une fois là-bas. On est passés sous le pont actuel une deuxième fois, mais, cette fois, on avait une vue imprenable sur l’heure de pointe.
On a ensuite mouillé l’ancre à un endroit plein de bougainvillées, pour observer des oiseaux (et manger). Des groupes entiers d’oiseaux y virevoltaient en harmonie, créant des chorégraphies aériennes de toute beauté. Pas besoin d’être un ardent ornithologue pour apprécier le spectacle.
On a aussi pu observer le coucher du soleil, alors que le bateau retournait au marché Stabroek.
De nombreux navires étaient ancrés sur la rive et Omari nous expliquait les particularités de certains d’entre eux, dont le yacht qui a été saisi dans une sombre histoire de trafic de drogues.
La noirceur s’est installée autour de 19 h. On a traversé une partie du marché pour se rendre à la fourgonnette et j’ai noté que l’ambiance du marché avait encore changé: un nombre significatif de personnes buvaient et fumaient, la foule semblait surtout masculine et l’atmosphère tombait à quelque part entre le festif et le combatif. Considérant la réputation de danger liée au marché, je considère qu’il serait plus prudent de l’éviter en soirée, à moins d’avoir absolument besoin d’y aller. Cependant, je ne pense pas que ce soit un prétexte réellement pertinent, puisque de nombreux commerces de quartier peuvent offrir les différents items du quotidien. De toute façon, il est nettement plus sage de magasiner en matinée.
Une excursion satisfaisante
En théorie, le retour devait avoir lieu vers 18 h 30, mais je suis revenu à mon hôtel vers 19 h 30. J’étais satisfait de mon expérience et je recommande cette excursion, surtout si vous n’avez pas beaucoup de temps à consacrer à Georgetown. C’est un bon condensé de ce que la capitale a à offrir, au plan touristique. Je rajouterai toutefois des visites au Walter Roth Museum of Anthropology et au Guyana National Museum en matinée pour bien compléter une visite d’une journée à Georgetown, si vous êtes aussi pressé-e.

Le Walter Roth Museum of Anthropology, à ne pas manquer.
Je crois que c’est tout de même préférable de passer plus de temps dans la capitale, surtout si vous prévoyez faire d’autres excursions. Georgetown est le point de départ de pratiquement toutes les excursions dans les diverses régions du pays, alors vous y reviendrez nécessairement à un moment ou à un autre. Alors aussi bien en faire votre base pour votre séjour guyanien.
Prochain billet: les chutes de Kaieteur.