
Les chutes de Kaieteur.
Le 8 mars 2025, je me suis rendu aux chutes de Kaieteur, dans la région 8, (Potaro-Siparuni, dans le centre-ouest du Guyana). Ces chutes – dont l’intensité varie selon le débit de la rivière Potaro – constituent la plus célèbre, ou à tout le moins, l’une des attractions les plus célèbres du Guyana. C’est un endroit connu de tout le monde ici, même si bien des gens n’y ont pas été. C’est le syndrome du « j’irai un jour » que l’on rencontre pratiquement dans chaque ville, chaque pays de la planète.

Une attraction populaire, avec raison.
Les chutes mesurent environ 226 mètres de hauteur et leur largeur varie entre 76 et 122 mètres, selon la saison. On m’a dit que, selon le débit de la rivière, c’était même possible de les traverser à pied, mais c’est difficile à croire, quand on constate la puissance du courant. Fait intéressant: une grotte se trouve derrière les chutes, mais il semblerait que personne n’ait réussi à l’explorer.

Traverser ÇA à pied?
Le nom des chutes rend hommage à Kaie, un chef de la tribu Patamona; il se serait sacrifié au grand esprit Makonaima en pagayant dans les chutes, afin de sauver son peuple qui était attaqué par une tribu guerrière.

La rivière Potaro post-chutes.
Une note importante, ici: au moment de choisir mes excursions, j’avais comme critère de voir un maximum d’animaux dans leur habitat naturel. Or on m’a informé que le mois de mars n’était pas le mois idéal pour ce genre d’observation, que la saison des amours de chaque espèce constituait un meilleur choix. Alors si vous tenez absolument à croiser des animaux précis, il serait judicieux de vous renseigner sur leurs moeurs avant de choisir vos dates de voyage pour le Guyana.

Mais qui nomme les oiseaux?
Une stricte logistique
J’ai donc été aux chutes de Kaiateur avec Wanderlust Adventures GY; j’ai payé l’excursion 325 $ US (environ 450,54 $ CAN), un prix qui inclut les transports (avion, taxi), les services d’un guide, l’entrée sur le site, un repas et des boissons. L’excursion ne dure qu’une demi-journée, ce qui fait qu’elle se glisse à merveille dans un séjour au Guyana. Une option populaire consiste à y ajouter un arrêt aux chutes d’Orinduik, mais elle n’était hélas pas disponible lors de mon séjour.

Le premier contact visuel avec les chutes.
Pour participer à cette excursion, vous devez fournir votre poids exact, car les vols vers Kaieteur se font à bord de petits avions, dont la capacité totale est évidemment plus limitée que celle des avions commerciaux habituels. Le poids total des passagers ne peut donc excéder une certaine limite sans compromettre la sécurité du vol. Or une des agences que j’avais contactée pour cette excursion m’a affirmé que mon poids excédait le maximum admissible (!).

Je n’aurais pas voulu manquer ça à cause de la poutine.
Bon, l’abus de poutine et les heures passées à regarder de la lutte ont quelque peu influencé mon poids actuel, mais je ne crois pas qu’il soit déraisonnable pour une personne de ma taille. Je sais: vous vous demandez à cet instant même quel était ce maximum… eh bien, pour ce vol précis, il était d’environ 155 livres/70 kilos. Je pense qu’il varie en fonction du nombre de places disponibles, du nombre de personnes déjà inscrites et de leurs poids, etc. Par conséquent, avant de confirmer votre réservation, vous devez absolument remplir ce critère.

Respectez les limites de ce pauvre avion.
Aussi, vous n’aurez droit qu’à un petit sac de jour. N’apportez donc que l’essentiel: bouteille d’eau, crème solaire, lotion antimoustique, chapeau. etc. Et, de grâce, portez des souliers appropriés.

Non.
Mais surtout, n’oubliez pas votre passeport, il sera nécessaire pour l’enregistrement.
Un vol mouvementé
Un taxi est venu me chercher à mon hôtel de Georgetown, puis on s’est rendus à l’aéroport international Eugene Correia (code IATA: OGL), situé à une vingtaine de minutes du centre-ville. Avant d’entrer dans l’aéroport, on doit passer par une guérite de sécurité. Et, une fois à l’intérieur, on doit subir une inspection corporelle somme toute décontractée.

Un petit mais joli aéroport.
On a ensuite attendu l’ensemble des passagers. Puis, une agente est venue récupérer nos passeports pour l’enregistrement et elle a pesé chaque passager.

Une étape obligatoire.
Une fois l’enregistrement terminée, on a procédé à l’embarquement. Le vol a duré une quarantaine de minutes; on a ainsi survolé Georgetown, mais aussi l’intérieur du pays. Les paysages étaient spectaculaires, surtout à mesure que l’on s’approchait des chutes.

La nature rocke.
Il y a toujours quelque chose de magique à voler au-dessus des nuages.
À un certain moment, on a traversé une zone de turbulences. Ce fut bref mais intense. J’ai été le seul à trouver ça amusant.
On a enfin atterri sur une piste aménagée en pleine forêt.
Le chalet d’accueil se trouve juste à côté de la piste. Il contient un magasin de souvenirs, si vous souhaitez immortaliser votre passage ici. On y a fait un arrêt toilette, puis on est partis par un sentier.

Le chalet.
Une excursion rodée au quart de tour
La randonnée a duré entre 1 h 30 et 2 h (je n’ai pas calculé la durée exacte); on a effectué quatre arrêts, à quatre points de vue différents.

Et c’est un départ…
Le premier arrêt s’appelle Johnson’s View. Il faut circuler sur un sentier parfois étroit pour s’y rendre, mais il n’y a pas de difficulté majeure.

Le moment sportif de la randonnée.
Il faut cependant utiliser une corde pour monter ou descendre du rocher d’où l’on pourra apercevoir les chutes; certaines personnes pourraient ainsi avoir besoin d’un coup de main. Mais l’effort en vaut la peine: la première vue sur la chute est époustouflante.

Pas trop dégueulasses.
L’aire d’observation est petite, mais on peut quand même y prendre de bonnes photos et vidéos.
Le deuxième arrêt se nomme Boyscout’s View. Le chemin pour s’y rendre est plus facile. La vue y est aussi grandiose, mais une végétation luxuriante l’obstrue en partie. Rien pour empêcher les photographes/vidéastes de se laisser aller, cependant. En outre, une inscription datant de 1932 (si je ne m’abuse) a été gravée sur le rocher par des scouts motivés.

Je pensais que les scouts étaient des gentils.
Rainbow View, le troisième arrêt, est la plus vaste aire d’observation.

Beaucoup d’espace pour exécuter ses concepts les plus fous.
En plus d’offrir une majestueuse vue sur les chutes (ma préférée des quatre arrêts), elle permet de mieux voir la rivière qui s’éloigne des chutes et la vallée qu’elle lacère. Cette aire est aussi la plus favorable aux photos et vidéos, car elle est assez distante des chutes pour les croquer au complet et assez proche pour donner une idée de leur force.
Le dernier arrêt, Nature Valley View, est le plus proche des chutes. On peut vraiment y sentir leur puissance, leur rugissement. Comme aux autres arrêts, il n’y a aucun garde-fou près de la falaise, de sorte que quelqu’un de trop téméraire pourrait tomber dans la rivière tout en bas. Les gens faisaient bien attention, mais il suffirait d’un crétin voulant épater ses fans de réseaux sociaux pour provoquer une tragédie. En revanche, cette absence de garde-fou permet de mieux admirer la végétation autour des chutes et de la rivière.

Détails de la végétation autour des chutes.
Un retour précipité
D’aucuns pourraient dire que tous ces arrêts ne sont pas nécessaires, que les vues se ressemblent et ce ne serait pas faux. Mais la randonnée dans la forêt tropicale demeure agréable. On peut y apercevoir diverses formes de vie moins communes dans les pays nordiques, par exemple.

Une plante que je ne vois pas à Montréal.
On est ensuite revenus au chalet. En chemin, on a eu la chance de voir – de loin – des Cock of the Rock – le superbe oiseau présenté sur l’affiche, dans le chalet. Leur cri ressemble aux mots Cock of the Rock et c’est une amusante hallucination auditive.

Un fier Cock of the Rock.
Au chalet, on nous a donné un repas (riz frit, légumes, poulet). On a commencé à manger, mais on nous a presque aussitôt forcés à quitter, en raison d’une imminente tempête dans la région. L’avion devait décoller avant cette tempête, pour des raisons évidentes de sécurité. On a donc ramassé nos trucs en vitesse, on est remontés dans l’avion et on a décollé. Un autre vol agréable plus tard, on est revenus à l’aéroport de Georgetown. J’ai particulièrement apprécié les vues sur Georgetown et les fleuves Demerara (et son pont en construction) et Essequibo.
Mon taxi m’attendait à l’extérieur et il m’a ramené à mon hôtel, vers 18 h 30.
Mémorable
Cette excursion vaut la peine, malgré son prix élevé et sa logistique quelque peu restrictive. Les chutes sont impressionnantes, la promenade en forêt est agréable et les vues depuis l’avion sont saisissantes. Je suis heureux d’avoir été aux chutes de Kaieteur.
Prochain billet: Jonestown.