Un sac à dos. Une passion. Des voyages.

Dernier jour en Ouzbékistan: un anniversaire mémorable

Place du Régistan au matin

Place du Régistan au matin

Le matin de mon anniversaire, le 25 octobre, je partais de Samarcande, je devais retourner à Tachkent pour y prendre un avion tôt le 26. J’aurais aimé rester plus longtemps à Samarcande, la ville a fait forte impression sur moi. Un peu déçu, mais heureux malgré tout, je me suis levé dès l’aube, j’ai pris un copieux déjeuner, j’ai ramassé mes bagages (que j’avais préparés la veille, une règle d’or), j’ai quitté mon auberge et j’ai marché jusqu’à un arrêt du bus no 3, qui devait me ramener à la gare. J’en ai profité pour acheter un pain de Samarcande frais, un cadeau pour une amie de Tachkent, dans un commerce à côté de l’arrêt. Le bus est passé, j’y suis monté et, 38 minutes et 900 soms (environ 0,34 $ CAN, au taux de change officiel) plus tard, je débarquais à la gare.

Place du Régistan au matin

Place du Régistan au matin

J’avais déjà acheté mon billet dans une agence de Boukhara, je l’avais payé 40 000 soms (environ 15,32 $ CAN, au taux de change officiel). Sûr de n’avoir rien oublié, j’ai pénétré dans la gare. Contrôle de sécurité. Le gardien qui a regardé mon passeport a constaté que c’était mon anniversaire. Il m’a redonné le passeport en me souhaitant un « Happy Birthday » sincère. Je l’ai remercié, touché par cette attention. Les gardiens, agents, douaniers et autres ne sont pas toujours des plus sympathiques, alors quand on peut partager un moment d’humanité avec l’un d’eux, il faut le savourer.

Gare de Samarcande

Gare de Samarcande

Il ne me restait donc qu’à attendre le train, en cette superbe journée ensoleillée. Le pain me tentait, je le regardais avec envie, mais j’avais fait une promesse. Je tiens toujours mes promesses, c’est une des clés pour une saine hygiène de vie.

Le train arrive... enfin.

Le train arrive… enfin.

Le train est arrivé à 11 h 25, au lieu de 10 h 35. J’ai pris place dans mon wagon. Départ à 11 h 38. Arrêts à Jizzax, à 12 h 44, puis à Guliston, à 13 h 47. On m’avait assigné un siège côté fenêtre, à ma grande joie. J’ai ainsi pu observer les paysages ouzbeks. Assez désertiques à vrai dire. Mais jolis. Le train entra dans la gare de Tachkent vers 14 h 55. C’est étrange, de revenir dans une ville que l’on ne connaît pas vraiment, mais dans laquelle on se sent tout de même chez soi. Je reconnaissais des lieux, je savais comment m’orienter dans les rues, j’étais content d’y remettre les pieds. J’étais lié à cette ville, maintenant.

Paysage entre Samarcande et Tachkent

Paysage entre Samarcande et Tachkent

La mémorable dernière soirée

En marchant jusqu’à mon auberge depuis la gare, j’ai acheté quelques souvenirs culinaires dans des commerces locaux. Comme un ketchup délicieusement piquant. J’en ai pris deux bouteilles en vue d’occasions spéciales, comme l’inéluctable premier BBQ de l’année. J’assume ma ketchuphilie. J’ai aussi changé mes soms restants pour des $ US à mon auberge. J’ai ensuite pris une douche et j’ai commencé à préparer mes bagages. Puis, on a cogné à la porte de ma chambre. Semi-nu, j’ai ouvert. J’ai alors vu mon amie Eva et Mekhrangiz, une employée de l’auberge, tenant un plateau sur lequel trônaient un gâteau, une bouteille de vin rouge, trois coupes, trois pommes et une carte de souhaits. J’étais ému. Et là, avant que votre imagination ne s’emballe, non, il n’y a pas eu de partouze. Cependant, on a mangé le gâteau, on a bu le vin et on a rigolé. Séance de photos pour immortaliser cet anniversaire. L’heure d’aller dormir s’imposa plus vite que je ne l’aurais souhaité. J’ai donc dit « adieu » à mes amies, un peu tristounet, et je suis rentré dans ma chambre pour terminer mes sacs. Et dormir.

Party!!

Party!!

Le retour

Réveil difficile après une trop courte nuit. Je ne pouvais profiter du déjeuner gratuit de l’auberge, vu l’heure, alors j’avais décidé de manger à l’aéroport, en dépit des risques inhérents à un tel projet. Le taxi pour l’aéroport s’est pointé vers 4 h 45, tel que prévu; je l’avais réservé la veille, avec l’aide d’un employé de mon auberge. Bon, OK, il a tout fait pour moi. Trajet d’environ une quinzaine de minutes, si je ne m’abuse. La course a coûté 13 000 soms (environ 4,98 $ CAN, au taux de change officiel) et j’ai laissé 2000 soms (environ 0,77 $ CAN, au taux de change officiel) de pourboire au chauffeur. Je ne sais pas à quel point le pourboire est obligatoire en Ouzbékistan, mais en bon Québécois, je laisse toujours du pourboire, partout, tout le temps.

Aéroport de Tachkent

Aéroport de Tachkent

Les formalités se sont bien déroulées à l’aéroport de Tachkent. Premier contrôle de sécurité à l’entrée de l’aéroport. Deuxième contrôle à l’entrée du terminal. Enregistrement des bagages. Troisième et dernier contrôle de sécurité. J’étais fin prêt pour le retour, administrativement parlant. En attendant mon vol, j’ai été manger dans un restaurant de malbouffe appelé Tas, un nom qui évoque celui de l’agence de presse soviético-russe. Coïncidence ou paranoïa de ma part? Difficile à dire. J’ai néanmoins commandé un trio, parce que j’avais faim (et que c’était un des seuls trucs ouverts à cette heure). Pas le meilleur burger que j’ai mangé en voyage; ce titre revient encore à celui que j’avais acheté à un vendeur ambulant dans une rue de Patong, en décembre 2011. En plus, j’ai payé trop cher pour la valeur réelle de ce repas: 13 $ US (environ 17,53 $ CAN, au taux de change officiel) pour un trio qui n’en vaudrait pas plus que 6,89 $. Canadiens, bien sûr.

Tas Burger

Tas Burger

Pour une rare fois, j’ai acheté un truc dans une boutique hors-taxe: une bouteille de vin ouzbek à 13 $ US. Je me doutais que la section « vins ouzbeks » de la SAQ était aussi minuscule qu’un atome de protactinium, alors j’ai voulu m’assurer de pouvoir goûter un cru du pays, lors d’un futur moment de nostalgie. J’ai aussi posé quelques-unes des étranges bouteilles vendues à la boutique, au grand déplaisir d’une des employées. J’ai enfin testé deux eaux de toilette, comme d’habitude. Décollage à 8 h 15, heure locale.

Une bouteille pas comme les autres...

Boire une mitraillette…

Une trop brève escale à Istanbul (11 h 35 – 14 h 15, heure locale) m’a donné une folle envie d’y retourner, après un inoubliable premier séjour là-bas en juin 2010. Mon amie – et ancienne flamme – Fatoş y est aujourd’hui mariée. Pas sûr que son mec aurait aimé me rencontrer. Enfin. J’aimerais y revenir un de ces quatre, Istanbul est encore aujourd’hui l’une de mes villes préférées. Un jour…

À une prochaine, chère Istanbul...

À une prochaine, chère Istanbul…

L’arrivée à l’aéroport de Toronto, vers 18 h 18, fut chaotique. Mon dernier vol devait décoller à 20 h, mais j’ai appris quelque part au-dessus du Labrador que le départ avait en fait été devancé de 30 minutes. Or je suis sorti de l’avion de Turkish Airlines vers 18 h 25. Le temps de récupérer mes bagages et l’horloge affichait 18 h 43. Je n’avais donc que 47 minutes 37 secondes pour attraper ma correspondance vers Montréal. J’ai vite constaté que, même en imitant Usain Bolt, je manquerais sans doute de temps pour enregistrer mon grand sac à dos. J’ai par conséquent tenté le tout pour le tout et j’ai essayé d’entrer dans l’avion d’Air Canada avec mes deux sacs. J’arrivai à l’ultime contrôle de sécurité, déchiré entre l’espoir d’un passage rapide et l’anticipation d’un moment merdique. Évidemment, le douanier zélé ne voulait rien savoir de mon génial plan. Il a ainsi fouillé mes bagages de fond en comble, malgré mes 14 rappels que mon avion décollait dans moins de 27 minutes. Il a saisi plusieurs de mes souvenirs d’Ouzbékistan, dont mon précieux ketchup. J’étais outré. MON FUCKIN’ KETCHUP, DUDE! Comme toute mauvaise chose a une fin, après l’examen exhaustif de mes sacs, le douanier m’a laissé passer. J’ai posé mon cul dans l’avion à… 3 minutes du décollage. Environ 16 minutes plus tard, une voix a déclaré via l’interphone que les passagers devaient descendre de l’avion, en raison de problèmes informatiques qui empêchaient ledit décollage. TABARNAK! J’aurais tant aimé, à ce moment précis, retrouver ce connard de douanier et lui vomir ma façon de penser. Mais bon. Environ deux heures plus tard, un autre appareil s’immobilisait à la porte d’embarquement. Le processus normal a alors pu se mettre en branle. On a pu enfin fuir Toronto. Ma colère avait à peine diminué. Pourquoi tant de furie pour deux simples bouteilles de ketchup? Je devais être très fatigué.

Quelque part au-dessus du Labrador...

Quelque part au-dessus du Labrador…

Le retour à Montréal se passa sans histoire, les formalités furent rapides. L’attente du bus qui me devait me ramener vers le centre-ville a d’ailleurs été plus longue que ces formalités. J’en ai profité pour discuter avec des touristes étatsuniens. J’ai inséré la clé de chez moi dans la serrure vers 1 h du matin. Quel beau voyage. Et quel décalage horaire.

Une prochaine fois

J’aurais aimé passer plus de temps en Ouzbékistan, car le pays m’a séduit par la richesse de sa culture. J’aurais pris au moins une semaine de plus. J’aurais alors visité la vallée de Ferghana pour ses paysages et la région de Nukus (plus précisément, la ville fantôme de Moynaq) pour le cimetière de bateaux de la mer d’Aral. Une autre fois…

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