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La Havane: un guide incomplet (2e partie)

Habana Vieja

La suite de mon guide incomplet sur La Havane. J’aborde ici d’autres aspects de mes trois séjours dans la capitale cubaine (du 6 au 9, le 15 et le 18 juin 2017).

Bars

J’ai parlé du Manzanares et du Alo Cubano (si je ne m’abuse) dans des billets précédents, alors je vous invite à les lire – ou les relire. À noter que La Havane compte des bars célèbres comme le El Floridita (où s’enivrait Hemingway) ou le La Zorra y el Cuervo (un club de jazz), mais je ne les ai pas visités. En toute franchise, je n’y tenais pas, car je soupçonnais que les prix y seraient dopés comme Ben Johnson. Des discussions avec d’autres voyageurs ont confirmé mon soupçon.

Hébergement

Les seules « vraies » auberges de jeunesse que j’ai connues à Cuba se trouvaient à La Havane. Oui, les casas particulares (« gîtes chez l’habitant ») essaiment partout au pays, mais je souhaitais économiser un peu en fréquentant des dortoirs. En outre, j’aime les auberges, parce qu’elles favorisent les interactions entre voyageurs. Et comme je n’appartiens pas à cette clique qui ne jure que par les rencontres avec des « locaux », sur la route, j’ai effectué des recherches sur les internets. Et voici ce que j’ai déniché.

Pas le dortoir le plus spacieux, mais il a fait le travail.

Le Hostel Hamel est situé dans Centro Habana, à un regard de la fameuse Callejón de Hamel, une ruelle parsemée d’oeuvres d’art afro-cubaines. J’ai payé 17,64 CUC (22,43 $ CAN) pour trois nuits, soit 5,88 CUC la nuit (environ 7,48 $ CAN), pour un lit dans un dortoir mixte de 12 lits. Le dortoir était spacieux; les casiers, assez grands pour contenir une guitare Ibanez noire. Et la climatisation, activée durant la nuit, permet de survivre à la chaleur humide qui englue la ville. Le toit accueille une agréable terrasse, équipée de hamacs et de jolies vues sur La Havane. Le déjeuner est servi dans une salle à manger, forçant ainsi les invité-es en lendemain de veille à se parler. Le personnel m’a semblé un peu bourru (surtout le vieillard), mais, après quelques échanges, j’ai constaté que la gérante était sympathique. Elle a même retrouvé un portefeuille que, en quittant La Havane la 1ere fois, j’avais échappé dans mon casier… avec toutes mes cartes, sauf une (de crédit, heureusement. D’où l’importance de TOUJOURS séparer ses cartes). J’ai pu le récupérer à mon retour dans la ville. Merci!

Vue depuis la terrasse de l’Hostel Hamel

Aussi dans Centro Habana, la Casa de Ania demande environ 14,92 $ CAN (soit 10 euros, comme sur ma facture. J’ai dû faire une erreur lors de ma réservation) pour un lit dans un dortoir mixte de 6 lits. La Casa représente l’auberge typique, celle que l’on pourrait retrouver partout dans le monde. Et ce n’est pas un reproche. Fiable, elle offre les services habituels appréciés des voyageurs. L’ajout de toilettes/douches aiderait cependant à réduire l’achalandage matinal. Aussi, l’aire commune et le dortoir sont exigus, mais l’ambiance y devient agréable, quand plusieurs voyageurs s’y réunissent. La vente de bière contribue à cette ambiance, bien sûr. De plus, des graffitis et des inscriptions souvent obscènes recouvrent les murs de l’aire commune. De la lecture, en attendant un taxi. Côté personnel, Amarilys est super gentille, attachante, mais l’un des employés semblait toujours fâché, si je me fie aux nombreuses conversations enragées qu’il tenait via son téléphone. Enfin. Et un gros bravo à l’excellente sélection de déjeuners, présentée dans un menu avec photos et descriptions. Holy Cora!

Casa de Ania

Mendicité

J’ai inclus cette section, car j’ai constaté que la mendicité était parfois agressive, ici. Si on ne souhaite pas donner, on doit parfois repousser – verbalement – avec fermeté, puisqu’un simple « non » ne suffit pas toujours. Difficiles situations. Autant je ne veux pas brusquer les gens, autant je ne veux pas non plus devenir un guichet automatique. Le choix de donner ou non revient à chaque personne, mais soyez averti-es…

Restaurants

Lors de mes séjours à La Havane, je déjeunais dans les auberges, sauf en de rares occasions. J’ai ainsi mangé, au terminus Víazul, un « bocadito » (un petit sandwich) jambon et fromage. J’ai aussi dû manger à l’aéroport, le matin de mon retour à Montréal, en raison de mon départ d’auberge à 4 h 30. Ceci dit, les déjeuners d’auberge étaient d’ordinaire composés d’oeufs, de jambon/bacon/viande non identifiée, de toasts, de fruits frais, de café, de confiture, etc. Et encore une fois chapeau au menu de déjeuners de la Casa de Ania. Impressionnant.

Resto chinois sur San Lázaro

Sinon, l’offre de restaurants s’avère large. Sans surprise, les quartiers plus touristiques proposent la plus grande variété de cuisines. J’ai par exemple vu un restaurant de cuisine indienne, dans la Vieille Havane. Pour ma part, j’essayais plutôt de trouver des restaurants plus locaux, à des prix raisonnables. Je connais surtout les quartiers Habana Vieja, Centro Habana et Vedado, alors je vais m’en tenir à ceux-ci.

Restaurant indien dans la Habana Vieja

Je me suis arrêté, forcé par la pluie, dans un restaurant de la Habana Vieja. Je ne me souviens pas du nom, désolé. Je n’y ai pas mangé, mais j’y ai partagé une bière avec une amie brésilienne. Par contre, les plats semblaient délicieux. La forte pluie a par ailleurs donné lieu à cette scène cocasse:

Se protéger de la pluie comme on peut…

J’ai essayé un restaurant « cubain » sur San Lázaro, près de l’intersection avec la rue Hospital. Je n’ai – à nouveau – pas noté le nom. La honte, pour un blogueur de voyage. Les prix sont en CUP (pesos cubains) et le menu est composé de plats rassemblant viande, riz et haricots en diverses combinaisons. Prévisible, mais satisfaisante expérience. Bon rapport qualité/quantité/prix, avec des plats entre 30 CUP (environ 1,43 $ CAN) et 100 CUP (environ 4,80 $ CAN).

Je n’ai pas de photo dudit restaurant, mais une moto side-car, c’est cool.

Un kiosque de hot dogs se trouve à côté du bureau de change Cadeca, sur l’Avenida 23. Pas terribles, les hot dogs, honnêtement, mais les prix sont en CUP; pour 50 CUP (environ 2,40 $ CAN), j’ai obtenu deux hot dogs et une cannette de bière d’une marque pas bonne. Quand même mieux qu’une claque sur la gueule de Stephanie McMahon.

Je ne recommande pas cette marque de bière.

Dans Centro Habana, je suis tombé sur le restaurant La Tasquita (208, rue Espada, entre les rues San Lázaro et Jovellar). Les plats coûtent – de mémoire – entre 5 et 10 CUC, soit entre 6,36 et 12,32 $ CAN. Gigantesques portions de « exquisita comida criolla ». J’y ai mangé une assiette de poisson avec riz et salade qui aurait à peine contenté Obélix. Service attentionné. Ouvert de 12 h à minuit. La Tasquita est un paladar, soit un type de restaurant propre à Cuba, souvent géré par une famille dans sa propre maison. Je reviendrai sur ce concept dans un billet ultérieur.

Sécurité

Je ne me suis jamais senti en danger à La Havane. Même le soir. Bon, je suis un homme, alors certains risques (par exemple, les agressions sexuelles) diminuent fortement, voire disparaissent. Le danger existe, bien sûr, comme partout ailleurs (si si, même à Montréal). Toutefois, alors qu’une amie brésilienne et moi allions emprunter une rue quelconque de la Habana Vieja, une dame nous a demandé si l’on savait où l’on allait. On a répondu « oui », avec une naïveté que Jar Jar Binks aurait trouvé charmante. Je ne me souviens pas du nom de cette section de rue (donnez-moi une claque derrière la tête). Je n’y ai pas perçu de menace, mais je demeurais tout de même aux aguets. Je n’ai pas dégainé mon appareil photo non plus, au cas où. Et qu’est-ce que l’on croise, là-bas? Une quantité appréciable d’hommes saouls, surtout. Plusieurs jouaient aux dés avec une férocité disproportionnée pour un tel jeu. Des enfants réinventant un univers où ils sont les rois. Peu de femmes, je dois le souligner.

Nuit noire… le danger rôde.

Transports

Cuba est desservi par un réseau de bus urbains et interurbains (et de train, aussi, mais je n’en ai pas pris). En ce qui a trait aux bus interurbains, des bus « locaux » existent, mais ils seraient difficile d’accès. Pour les touristes, les bus Víazul constituent l’option populaire (Transtur en serait une autre). On peut acheter les billets sur le site de Viazul. J’y reviendrai également dans un billet ultérieur.

Dans un bus Viazul…

Le terminus de bus Víazul se situe, selon le degré de trafic, à environ une vingtaine de minutes du secteur de l’Université, dans le quartier Vedado (partie ouest du quartier Centro Habana incluse). Je pars de ce point, puisque c’est là que j’ai dormi lors de mes séjours à La Havane. La course en taxi coûte 10 CUC, soit environ environ 12,72 $ CAN. Je n’ai pas tenté de m’y rendre en transport en commun, mais, considérant les distances et les directions, je ne pense pas qu’un bus urbain fasse la route de façon directe. Et à moins de vouloir se casser la tête à trouver LA combinaison optimale pour sauver quelques dollars (en perdant du temps, cependant), je ne recommande pas cette option. Ceci dit, j’ai pris deux bus Víazul depuis La Havane, soit:

– La Havane – Santa Clara, à 18 $ US l’aller (22,89 $ CAN);
– La Havane – Viñales (un aller/retour), à 24 $ US (30,52 $ CAN).

Le terminus compte une petite cantine offrant sandwichs et jus. Elle ouvre tôt, donc elle peut aider à vaincre une fringale. Des taxis flairent le « gibier frais » à l’arrivée de chaque nouveau bus, alors pas de soucis si vous en avez besoin d’un.

Terminus Viazul de La Havane

Par ailleurs, une course en taxi entre l’aéroport et le quartier Centro Habana coûte entre 25 CUC et 30 CUC (31,79 $ CAN et 38,15 $ CAN). Le tarif officiel est 25 CUC, mais le chauffeur m’a exigé 30 CUC le soir de mon arrivée. Classique arnaque. Les chauffeurs savent que vous n’avez pas le choix de prendre un taxi à cette heure-là, alors ils vous escroquent. La vie. Les taxis sont omniprésents dans la ville et les modèles de voitures peuvent varier considérablement. Les prix peuvent être négociés, mais, à en juger par l’opiniâtreté des chauffeurs rencontrés, je dirais que les chances d’obtenir un bon prix semblent minces. Des cyclotaxis hantent les rues, aussi. Je n’en ai pas utilisés.

Sexy taxi

Il existe aussi des « cocotaxis », dont l’apparence évoque des bulles roulantes. Le genre de véhicule que l’on essaie par désir d’excentricité, en prenant soin de se faire photographier à l’intérieur de celui-ci en vue d’une publication sur Facebook. Étant seul, je ne l’ai pas essayé, car je me doute que les prix doivent être aussi gonflés que la carrosserie. Une autre fois.

Cocotaxi

Enfin, les fameux bus à deux niveaux pour touristes que l’on retrouve dans plusieurs villes du monde circulent ici. Il en coûte 10 CUC (environ 12,72 $ CAN) par jour pour y monter. Un bon investissement pour une personne pressée, car le bus relie des points assez éloignés l’un de l’autre. Des arrêts ont été aménagés à des endroits stratégiques de la ville, comme le Malecón. Je n’ai pas essayé non plus, en raison des pluies fréquentes et abondantes qui ont laminé La Havane chaque jour où j’y étais.

Panneau pour le bus à deux niveaux

Une fin incomplète

Alors voilà pour La Havane. Prochain arrêt: Santa Clara, la ville où repose la dépouille du Che.

4 Comments

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  1. ah cuba! Il me semble que c’est une destination qui attire beaucoup de monde dernièrement! Je partage ton goût des auberges de jeunesse je trouve que les rencontres se font facilement! Concernant la mendicité malheureusement je crois que les gens dans le besoin tendent a perdre leurs bonnes manieres… Ces cocotaxis m’ont l’air vraiment Fun ^^ dommage que tu n’ai pas pris de selfie ^^ merci pour ton article!

    1. Merci Moietmeszeles! Oui, c’est une destination en vogue, car bien des gens ont conscience que l’île risque de beaucoup changer, à la mort du dernier Castro. Ils veulent la voir avant ces changements…

      Vive les auberges!

      La mendicité, c’est difficile partout.

      J’essaierai un cocotaxi, un jour… avec un selfie, promis.

  2. Très chouette article !! Et assez complet contrairement à ce que tu dis dans le titre ! :) Je me suis également arrêtée dans le café à Havana Vieja et tout comme toi je n’ai pris qu’une bière mais je confirme les plats avaient l’air super bons !!

    1. Merci Cindy! Eh eh… j’aurais pu écrire encore plus, mais je devais bien arrêter, un jour. Bon, il ne nous reste qu’à trouver quelqu’un qui a essayé les plats à ce café.

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