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Santa Clara: un guide incomplet

Parque Leoncio Vidal

La ville de Santa Clara, à Cuba, est essentiellement connue pour une chose: le mausolée de Ernesto Rafael « Che » Guevara. Mais il y a plus. Un peu plus. Je n’y ai passé qu’une journée, le 9 juin 2017, alors ce billet devrait être bref. Mais bon, quand je commence, je ne sais jamais trop où ça s’arrêtera…

Observations générales

La ville de Santa Clara a été fondée le 15 juillet 1689 par 175 personnes, dont 137 provenaient de deux familles. Les autres fondateurs venaient de San Juan de los Remedios, une ville côtière constamment attaquée par de méchants pirates. Sa position centrale à Cuba en a fait un important carrefour pour le commerce (élevage, canne à sucre, tabac) et les transports (automobiles, trains et avions). Encore aujourd’hui, la capitale de la province de Villa Clara constitue une ville importante au pays; en termes de population, avec plus de 240 000 habitant-es (2011), elle arrive – selon la source – au 5e ou 6e rang, derrière La Havane, Santiago de Cuba, Camagüey, Holguín et – toujours selon la source – Guantánamo.

Parque Leoncio Vidal

Il faisait chaud et humide lors de mon passage. Mais comme je n’avais que quelques heures à consacrer à Santa Clara, j’ai fait contre mauvaise sueur bon coeur. D’autant plus que la ville s’explore bien à pied. Tous les sites d’intérêt sont concentrés dans un rayon de, je dirais, 2-3 kilomètres autour du Parque Leoncio Vidal, la place centrale. Et, en toute franchise, je crois qu’une journée suffit pour visiter la ville. Prévoir de l’eau ou des jus frais pour ne pas fondre dans la mélasse ambiante.

Promenade du cochon

Marta Abreu de Estévez (13 Novembre 1845 – 2 Janvier 1909) est l’une des figures importantes de l’histoire de la ville et même du pays. Femme fortunée, voyageuse, elle a aidé les pauvres, soutenu la cause de l’indépendance de Cuba, lancé des programmes à caractère social, artistique, civique, financé des infrastructures et des édifices, comme le Teatro La Caridad. Construit en 1885, le théâtre a par ailleurs été déclaré « Monument national de Cuba » en 1999. Une statue de Marta Abreu a été érigée au Parque Leoncio Vidal, pour honorer sa philanthropie.

Photo croche du Teatro La Caridad

Un bureau de change Cadeca se trouve à l’intersection Rafael Tristá/Cuba, au Parque Leoncio Vidal. Apportez votre passeport (pas une photocopie), sinon vous ne pourrez changer de l’argent.

Bureau de change Cadeca

Un centre de télécommunications se trouve sur la Calle Marta Abreu, entre la Calle Juan Bruno Zayas et le Parque Leoncio Vidal. Vous devrez sans doute faire la file pour entrer dans la succursale climatisée; un gardien vous fera signe quand ce sera votre tour. Vous passez alors à un guichet libre et vous donnez votre commande. Ceci dit, je ne sais pas à quel point l’anglais serait utile, ici. La connaissance d’un minimum d’espagnol s’avère utile. Une carte d’accès à l’internet coûte 1,50 CUC (environ 1,87 $ CAN) pour une une heure; une carte d’appel, 10 CUC (environ 12,50 $ CAN). L’accès internet se trouve dans une salle pleine d’ordinateurs. Vous choisissez un ordinateur libre (s’il y en a un), vous entrez le numéro de votre carte dans la fenêtre appropriée et hop! à vous les derniers potins sur la querelle entre Taylor Swift et Kanye.

Activités et attractions

Le mausolée du Che est LA raison pour laquelle les visiteurs s’arrêtent à Santa Clara. J’en parlerai plus en détails dans un billet ultérieur.

Mausolée du Che

Le Parque del Tren Blindado, sur la Calle Independencia/Avenida Liberación, commémore un moment-clé de la Révolution cubaine: en décembre 1958, les troupes révolutionnaires menées par le Che ont attaqué avec succès un train de ravitaillement du régime Batista; cet épisode a galvanisé le moral des rebelles, en plus de leur fournir des armes en grande quantité. Les troupes du Che et celles de Camilo Cienfuegos ont ensuite pris Santa Clara aux mains des forces gouvernementales, le 31. Ce fut la dernière bataille de la Révolution. Cette victoire a culminé avec la fuite de Batista, moins de 12 heures après la défaite de ses troupes, et pavé le chemin pour l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro. On peut voir dans le parc, entre autres, une reconstitution du déraillement du train créée par le sculpteur José Delarra, à partir de wagons militaires originaux.

Le site de Tren Blindado, couvert par les nuages

Je suis arrivé au parc via un sentier, au bout de la Calle Céspedes. Or, une fois sorti dudit parc, j’ai constaté qu’il fallait payer pour y entrer. Le guichet est situé de l’autre côté de la Calle Independencia/Avenida Liberación, et non à l’entrée du site. D’où ma méprise. Je n’ai pas noté les prix.

Tren Blindado

D’ailleurs, une statue du Che a été érigée sur la Calle Independencia/Avenida Liberación, devant la Calle F et les bureaux du Parti communiste cubain. Si vous n’avez pas encore eu votre dose du Che, vous apprécierez ce léger détour.

La statue du Che, devant les bureaux du Parti communiste cubain

Le Parque Leoncio Vidal constitue le coeur de la ville. J’ai aimé l’ambiance de cette place, je m’y sentais comme en 1982. Un lieu vivant, au charme suranné. Le Santa Clara Libre Hotel domine la place et on le voit de loin; il peut donc servir de repère visuel. Il semblerait que, lors de sa construction, plusieurs ont décrié le contraste entre la taille et le style de l’hôtel et ceux des édifices environnants. Critique valide. C’est vrai qu’il détonne dans ce décor.

Le fameux Santa Clara Libre Hotel, le chancre de Santa Clara

Un petit marché de souvenirs s’active près du Parque Leoncio Vidal (sur la Calle Máximo Gómez, si je ne m’abuse). Je suis tombé sur le marché par hasard, les doigts encore tachés d’huile de pizza. J’y ai acheté quelques trucs: des cartes postales (0,90 CUC chacune, soit environ 1,12 $ CAN), un aimant de frigo (1 CUC, soit environ 1,25 $ CAN) et une plaque d’immatriculation cubaine (6 CUC, soit environ 7,49 $ CAN).

Je n’avais pas de photo du marché, mais j’ai une photo d’un camion livrant des condoms.

La ville abrite quantité de maisons à l’architecture coloniale, qui sauront ravir les photographes. Cependant, les bâtiments montrent divers degrés de décrépitude. Pas un problème en soi, mais il peut être pertinent de savoir que Santa Clara ne correspond pas à l’image idyllique d’autres villes à l’architecture coloniale d’Amérique latine, comme Antigua ou Granada.

Architecture coloniale

Construite en 1954, la Catedral de Las Hermanas Santa Clara Asís trône sur la Calle Marta Abreu. Le lieu de culte de style néo-gothique était fermé quand je suis passé devant, alors je me contenterai d’en publier une photo.

Catedral de Las Hermanas Santa Clara Asís

Par ailleurs, un segment de la Calle Marta Abreu accueille de nombreuses oeuvres d’art de rue. Murales, graffitis, sculptures… certaines oeuvres évoquent ainsi de puissants symboles. Ça vaut la peine de toutes les regarder, surtout si l’on possède une connaissance minimale de la complexité des rapports Nord-Sud.

Art de rue

Une portion de la Calle Independencia, entre les Calles Juan Bruyo Zayas et Maceo, a été transformée en une artère piétonnière. Cette portion est nommée le « Boulevard » et elle accueille surtout des boutiques. Pas beaucoup de bars, par contre. En outre, je suis tombé sur un spectacle extérieur, par hasard, dans l’une des rues transversales à Independencia. Je ne l’ai pas regardé trop longtemps, par crainte de tourista, mais j’ai aimé le peu auquel j’ai assisté.

Le « Boulevard »

Un parc dédié… aux Beatles se trouve sur la Calle Maceo, au coin de Céspedes. Une découverte presque aussi inattendue que celle du buste de Frank Zappa à Vilnius. Il semblerait que John Lennon jouit d’une bonne réputation à Cuba et que les autorités ont voulu rendre hommage au musicien/militant. Eh ben. Le nom du parc? Le Parque Abbey Road.

Un parc dédié aux… Beatles?

Le palais de justice, sur la Calle Enrique Villuendas, se démarque par sa sobre élégance. Je ne sais pas si on peut le visiter, car lorsque je suis passé devant, je commençais à rêver d’un repas pantagruélique. Je me suis alors dit « fuck off ». Et j’ai été manger.

Le palais de justice

Enfin, dans un autre ordre d’idées, j’ai payé 15 CUC (environ 18,72 $ CAN) pour trois cigares Cohiba (avec étuis); j’aurais même pu acheter une boîte de 20 ou 25 – je n’ai pas compté – pour 60 CUC (environ 75 $ CAN), mais je savais que j’irais à Viñales et que j’y visiterais des producteurs. J’ai donc sagement lié les cordons de ma bourse. Ceci dit, du tabac produit à Viñales serait transformé à Santa Clara.

Hébergement

J’ai dormi dans ma première casa particular cubaine (« gîte chez l’habitant ») à Santa Clara, la casa Ana y Arley (Nueva #6, entre Hospital Militar et Carretera Subpla). J’ai aimé cette première expérience. La casa se trouve à 4 minutes 38 secondes à pied du terminus Víazul, tout près du cimetière. Pas besoin de taxi pour effectuer l’aller ou le retour entre les deux. J’avais une annexe pour moi seul, avec chambre, salle de bain privée, salle à manger et frigo rempli de bières et de boissons gazeuses. Climatisation efficace et appréciée. J’ai payé 20,01 CUC la nuit (environ 25 $ CAN; en fait, je payais 6,67 CUC par lit/personne – environ 8,33 $ CAN -, et la chambre comptait 3 lits/places). De plus, Arley sait tout: il connaît la ville sur le bout de ses doigts, il peut prodiguer des conseils, offrir des suggestions sur n’importe quel aspect de la vie à Santa Clara. Par exemple, il m’a indiqué le chemin pour me rendre au mausolée du Che. Et c’est lui – Arley, pas le Che – qui m’a vendu les cigares Cohiba. Un homme sympathique. Ana est charmante, aussi.

Ma chambre à la Casa Ana y Arley

Nourriture

J’ai soupé au restaurant El Sol, sur la Calle Maceo (# 52), coin Eduardo Machado. J’ai eu droit à une monstrueuse portion et j’ai payé 5 CUC (environ 6,24 $ CAN) pour le souper. Excellent rapport quantité/prix. Le meilleur dans tout ça? Seulement 50 CUP (environ 2,35 $ CAN) pour un mojito. Possibilité de payer soit en CUC, soit en CUP. Ce restaurant m’avait été recommandé par Arley. Je le recommande à mon tour. Il m’avait aussi suggéré les restaurants Alba et El Pernilucho.

Un repas costaud, au restaurant El Sol

J’ai vu un restaurant qui se nomme La Concha, ce qui signifie « coquillage »… mais le sens argotique du mot est « chatte/plotte ». Oui, comme le sexe féminin. Man, des fois, je suis puéril comme Beavis and Butthead. Et, for the record, je m’identifie davantage à Butthead.

« La Concha »… hi hi!

De nombreux vendeurs de pizza ont pignon sur rue dans le centre historique. Par pizza, je veux en fait dire « minipizza » d’environ 15 centimètres de diamètre. J’ai ainsi payé 26 CUP (environ 1,22 $ CAN) pour 2 minipizzas et une cannette de soda ultrasucré. Plusieurs garnitures sont offertes, telles que chorizo, pepperoni, saucisses à hot dog et autres. Les végétariens devront se contenter de la version fromage. Les végétaliens… eh ben, ils devront manger autre chose. Bon, ces pizzas ne vous feront pas sentir comme si vous étiez à un aperitivo en Italie, mais difficile de trouver un repas plus consistant à si bas prix. Il faut cependant aimer les pizzas bien huileuses.

Je n’avais pas de photos de pizza, alors voici un grill qui fera rêver les carnivores.

De nombreux commerces nichés dans des maisons vendent des verres de jus frais à 1 ou 2 CUP chacun (soit 0,05 ou 0,10 $ CAN). Une boisson gazeuse coûte entre 1 et 3 CUP (entre 0,05 et 0,15$ CAN), et, pour les masos, un café coûte 1 CUP.

Transport

J’ai pris un bus Víazul depuis La Havane. J’ai payé mon billet 18 $ US (environ 22,46 $ CAN) pour un trajet d’environ 3 h 44, avec un arrêt dans une halte touristique. Je n’y ai pas acheté de souvenirs.

Pause pipi, en route vers Santa Clara

Le terminus Víazul végète en périphérie du centre de Santa Clara, sur la Calle Marta Abreu, coin Oquendo. À pied, il faudrait une quinzaine de minutes pour couvrir la distance jusqu’au Parque Vidal. Si vous ne tenez pas à marcher, vous pouvez toujours recourir aux services de taxis. Certains « taxis » sont d’ailleurs tirés par des chevaux.

À suivre…

Eh ben, 1985 mots. Eric Rohmer serait fier de moi.

2 Comments

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  1. euh je note les digressions qd même
    je dis ça je dis rien
    je remarque que tu nous fait le coup oh je savais pas où il fallait payer
    genre
    blague mise à part j apprécie drôlement ta série sur ton voyage à Cuba

    1. Ton imagination peut compenser pour les bouts manquants… ha ha! Merci Tania, content de voir que tu apprécies mes textes sur Cuba.

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