Un sac à dos. Une passion. Des voyages.

Mes observations sur Cuba

La Havane

Ce billet va conclure ma série sur Cuba. J’ai eu beaucoup de plaisir à l’écrire. J’espère que vous en avez eu autant à la lire. Je vais donc aborder les principaux aspects de la vie là-bas, du point d’un touriste. Ce billet sans prétention n’a pas l’intention de dresser une analyse ethnographique exhaustive du peuple cubain. Manquera-t-il des informations? Oui. J’ai séjourné à Cuba du 6 au 19 juin 2017.

Activités

Cuba est souvent associé aux cigares, au rhum, aux plages, à la musique, entre autres. Mais, au-delà des clichés, Cuba revendique une histoire mouvementée, aux profondes traces. Le pays propose ainsi une variété d’activités (et d’attractions) qui devrait plaire à quiconque possède une sensibilité à l’histoire, à la politique, à la culture. Par exemple, Santa Clara héberge le mausolée de Che Guevara; La Havane compte plusieurs musées renommés, comme le Museo de la Revolución ou le Museo Napoleonico. J’ai noté aussi un intérêt marqué pour les Beatles, comme en témoignent la présence d’un parc en leur honneur à Santa Clara et d’un bar thématique à Trinidad. De plus, nombre de villes/régions de Cuba ont été inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO, dont la jolie Trinidad.

La jolie Trinidad

Je ne dresserai pas ici une liste des activités à faire à Cuba, vous pouvez relire mes billets précédents pour vous donner une idée – incomplète – de l’étendue des possibilités.

Argent

Un des trucs déroutants de Cuba est le recours à deux monnaies: le CUC (peso convertible cubain) et le CUP (peso cubain, parfois appelé « moneda nacional »). Le CUC est la devise utilisée surtout dans l’industrie touristique. Le CUP est la devise de la vie quotidienne, utilisée surtout par les Cubain-es eux-mêmes. La différence est notable: au moment de la publication de cet article, 1 CUC vaut environ 1,28 $ CAN, alors que 1 CUP vaut environ 0,05 $ CAN. Cette différence a d’évidentes répercussions sur le budget. Dans la plupart des lieux touristiques, on va préférer un paiement en CUC (pour l’hébergement, par exemple); on peut payer en CUP dans de nombreux restaurants et petits magasins, toutefois. Habituellement, plus le montant exigé est bas, plus grandes sont les chances que les prix soient en CUC: un repas à 7 pesos sera vraisemblablement en CUC, alors qu’un repas à 50 pesos devrait être en CUP. Cette situation exige un minimum de gymnastique mentale, mais on s’y habitue. Fait intéressant: Cuba est le seul pays au monde à émettre deux monnaies.

CUC vs CUP

Pour changer des devises, les bureaux de change Cadeca constituent la solution la plus pratique. Ils sont situés dans toutes les grandes villes – du moins celles que j’ai visitées. Important: il faut apporter son passeport pour effectuer une transaction, car les employé-es refusent les photocopies couleurs de celui-ci. Les dollars canadiens sont largement acceptés dans le pays et les taux semblent fixes d’un bureau à l’autre. J’ai lu que les dollars américains étaient pénalisés d’une taxe, avant même toute transaction. S’ajoutent ensuite les divers frais de conversion, les commissions… ce qui diminue l’intérêt de les changer. Je n’ai pas remarqué pour les Euros, désolé. Alors, go Canadian!

Bureau Cadeca de La Havane

Les guichets automatiques extérieurs abondent – avec les risques qu’ils comportent. Sans surprise, les opérations qui y sont effectuées vous coûteront toujours un généreux montant en frais, malgré les tentatives plus ou moins réussies de les diminuer. Ma suggestion: retirer un maximum à la fois, en plein jour, dans un guichet attenant à une succursale ouverte, pour réduire les risques de voir sa carte être avalée par la fuckin’ machine. Et ensuite, retourner à sa casa, laisser tout ce qui est superflu dans la chambre avant de retourner rocker dans l’action. Ce n’est pas une solution magique, mais elle permet d’éviter des problèmes potentiels.

Choisir sa devise.

Par ailleurs, je laisse toujours du pourboire, quand la situation le permet. Je vise 15 % de l’addition, dans les restaurants et les bars. Une habitude de chez moi que je transpose à l’étranger. Je viens d’un pays riche. Je voyage parce que je le peux. Ce n’est pas un droit. Ce n’est pas une obligation. C’est un choix. Alors, si je choisis de voyager, je pense que le minimum, c’est d’aider les gens visités de mon mieux. On a beau minimiser l’importance de l’argent, reste que, dans beaucoup de pays, il occupe toujours une place majeure dans les échanges entre les gens, dans la satisfaction leurs besoins. On ne sait jamais l’impact qu’une poignée de sous peuvent avoir sur le quotidien d’une personne, d’une famille.

Menu avec la conversion CUC – CUP

Je donnais aussi à la personne qui manipulait les bagages, dans les terminus de bus, et elle semblait apprécier. Habituellement, au moment d’embarquer, on vous remet un billet avec numéro pour chaque bagage en soute. Chaque billet est ensuite vérifié à l’arrivée, avant qu’on ne vous rende la précieuse cargaison. Ce n’est pas une opération complexe, certes, mais le principe reste le même: on me rend un service. Alors je donne. Je glissais en général 1 CUC de pourboire au responsable des bagages (un homme, en général).

Formalités

Les citoyens canadiens n’ont pas besoin de visa pour aller à Cuba. Ils se feront toutefois remettre une « tarjeta del turista » (carte de touriste), qu’ils devront ensuite conserver tout au long de leur séjour dans le pays (d’un maximum de 6 mois). Cette carte devrait être remise aux passagers par la compagnie aérienne avant l’atterrissage en sol cubain. Les touristes canadiens qui désirent rester jusqu’à 6 mois doivent se présenter aux autorités de l’immigration avant le 90e jour suivant leur arrivée pour obtenir cette prolongation. Je ne saurais dire pour les citoyens d’autres pays, à vous d’obtenir ces renseignements. Pour connaître les plus récentes informations au sujet des formalités cubaines, les citoyens canadiens peuvent consulter le site du gouvernement canadien.

La fameuse carte

Détail majeur pour celles et ceux qui rapportent des oeuvres d’art cubaines: vous devez payer une taxe de sortie de 3 CUC pour chaque oeuvre. Gardez-vous donc un peu de monnaie.

Hébergement

Je n’ai vu des auberges qu’à La Havane, mais il y en existe peut-être dans d’autres villes que je n’ai pas arpentées, comme Santiago de Cuba. Des hôtels plus traditionnels pullulent dans les villes, comme le Deauville de La Havane, mais les casas particulares – gîtes chez l’habitant – jouissent d’une grande popularité, avec raison. En plus de l’hébergement, elles offrent l’occasion de discuter avec des Cubain-es, d’en apprendre plus sur leurs réalités, de partager des bribes de leur quotidien. Une chambre coûte en moyenne une vingtaine de CUC la nuit. Trouver des casas s’avère plus facile que d’attraper un coup de soleil. Il suffit de repérer ce signe:

«Le » signe…

Les réservations ne me semblent pas nécessaires en toutes circonstances, mais c’est avant tout une question de choix, de confort, de préférence, etc. Il peut être pertinent de vérifier l’achalandage du moment (haute ou basse saison) avant de se rendre à Cuba et de s’ajuster en conséquence. Des sites comme Cuba Junky ou Hostels.com permettent de réserver des casas. Sinon, la bonne vieille méthode de « débarquer quelque part et se laisser guide par l’instinct devant tous les rabatteurs » fonctionne bien, pour celles et ceux qui possèdent une tolérance pour de telles interactions.

L’hôtel Deauville de La Havane

Nourriture

Les restaurants couvrent une large fourchette de prix. Pour ma part, je vais plutôt dans les restaurants locaux ou touristiques à bas prix. La cuisine cubaine met l’accent sur des plats composés de viande/poisson/fruits de mer-riz-salade. J’ai ainsi mangé de la langouste à cinq reprises. Du bonheur chaque fois. Les touristes qui souhaitent expérimenter d’autres options peuvent, avec un peu d’effort, dénicher autre chose: par exemple, La Havane compte des restaurants chinois et indiens, entre autres.

Peut-on trop manger de langouste? Je ne pense pas.

On peut rencontrer sur l’île un type de restaurant appelé « paladar ». Il s’agit d’un restaurant privé, au nombre de tables limité. Auparavant, il devait n’être géré que par les membres d’une même famille, dans sa maison, mais les règles entourant l’ouverture d’un paladar ont été assouplies par les autorités au cours des dernières années: il peut maintenant embaucher plusieurs employés et exploiter plusieurs tables. Et il doit payer des impôts à l’État. Le paladar constitue une excellente façon de s’immerger dans la culture culinaire du pays.

De la bouffe végé, pour faire changement

Je n’ai pas aperçu de logos de grandes chaînes de restauration rapide. En toute franchise, j’ai apprécié le fait de ne pas voir les suspects habituels dans le décor. Par contre, je n’ai pas vu de cuisine de rue non plus. Dommage. J’aurais été prêt à goûter presque n’importe quoi, par principe.

Tiens, et si j’allais manger de la langouste?

Enfin, je n’ai pas cuisiné de poutine, à ma grande déception, car je n’ai pu accéder aux cuisines de mes casas/auberges. J’imagine qu’en le demandant, il peut être possible d’y entrer, mais j’ai senti que ce n’était pas approprié. Ç’aurait été comme envahir un espace personnel. Mais bon, peut-être que je suis responsable d’avoir projeté cette impression de distance. Vous n’avez selon moi rien à perdre à proposer de cuisiner pour vos hôtes, si vous sentez que le courant passe entre vous.

Relations

Parler espagnol est un must. Sinon, tout devient compliqué. Plusieurs voyageurs m’ont mentionné les obstacles soulevés par la barrière de langues. Or cette barrière peut générer des frustrations de par et d’autre. L’anglais est peu utilisé, et le français, encore moins. Un minimum d’espagnol facilitera les interactions et l’effort sera apprécié, peu importe la qualité de l’exécution.

C’est important de comprendre les interdictions…

Autre chose: la difficulté de vivre des relations désintéressées. À de nombreuses reprises, j’ai constaté, après plusieurs minutes de discussion, que mon interlocuteur souhaitait obtenir quelque chose de moi. La conversation avait pourtant bien commencé, mais peu à peu, je devinais sa réelle intention. Ainsi, à Trinidad, on m’a demandé des items comme du savon et du dentifrice. Je peux comprendre, mais cette tendance crée des moments inconfortables. Je présume que les conditions de vie difficiles vécues par une partie de la population poussent des gens à chercher de l’aide auprès des touristes. On mesure alors le fossé entre riches et pauvres. Celles et ceux qui ne croient pas que les pays dits « développés » bénéficient de privilèges devraient venir ici et constater cet écart par eux-mêmes.

Au moins, il y a de la sauce BBQ…

Les Cubain-es ont en outre des doléances envers leur gouvernement. Parmi celles-ci: un accès plus grand à Internet, à certaines denrées (le lait, entre autres). On m’avait prévenu qu’ils évitaient d’aborder ces sujets avec les étrangers, mais je n’ai pas ressenti cette pudeur. J’estime au contraire que nombre d’entre eux éprouvent le besoin d’en parler, mais qu’ils ne peuvent s’épancher en public. C’est toujours plus facile de se confier à quelqu’un qu’on ne reverra jamais.

Est-ce que tous les Cubains peuvent manger un tel déjeuner? J’en doute…

D’ailleurs, j’ai eu l’impression que boire constituait une activité populaire, ici. Pour le meilleur (le bar Manzanares) et pour le pire (Parque José Marti de Viñales). L’ivresse ne m’a pas toujours paru heureuse, ici. J’ai perçu des frustrations chez différents hommes ivres, ils ne se gênaient pas pour souligner le fossé dont je parlais ci-haut. Difficile de connecter avec les gens, dans de tels cas.

Télécommunications

Cuba n’est pas réputée pour l’étendue de son réseau Internet. Il semblerait même que les citoyen-nes doivent obtenir un permis spécial pour s’y connecter (à la maison, de ce que j’en comprends). J’imagine que la procédure d’obtention dudit permis ne doit pas être une sinécure. Néanmoins, il existe des façons d’y accéder. Par exemple, on peut acheter une carte d’accès dans les centres Etecsa et l’utiliser ensuite sur l’un des ordinateurs mis à la disposition des client-es.

La folie Wi-Fi à Cienfuegos

Une autre option est d’utiliser le Wi-Fi disponible dans certains parcs. Lesquels? Vous n’avez qu’à remarquer les gens qui pianotent frénétiquement sur leur téléphone pour savoir lesquels. La même addiction, peu importe le pays.

Le Wi-Fi, une denrée rare…

On peut aussi effectuer des appels téléphoniques (oui, oui, comme en 2006), dans les centres Etecsa. D’ailleurs, si vous souhaitez téléphoner au Canada, depuis Cuba, voici la procédure:

– Achetez d’abord une carte d’appel;
– Choisissez le plus beau téléphone;
– Composez le 166 + le numéro carte d’appel + le symbole #;
– Puis composez le 11 9 1 + le numéro souhaité + le symbole #.

J’y suis parvenu après quelques essais et jurons. La joie. La même sensation que de compléter un tableau impossible dans le jeu vidéo Adventures of Lolo 3.

Je n’avais pas de photo de téléphone, alors je mets une photo de chèvre qui tire un chariot pour compenser.

Côté poste, des bureaux sont disséminés ça et là, mais ils ne sont pas nécessairement faciles à trouver. J’ai envoyé des cartes postales, mais je n’ai pas eu le temps d’aller les porter moi-même dans un bureau. Mon auberge de La Havane s’en est chargé. Des cartes préaffranchies sont en vente dans des commerces touristiques, ce qui simplifie les choses. Les cartes sont toutes parvenues à destination.

Transports

Víazul et Transtur sont les principales compagnies de bus pour touristes. J’avais lu que c’était compliqué de se déplacer en bus locaux, pour plusieurs raisons, alors le recours à ces compagnies devrait survenir à un moment ou à un autre, à moins de: 1) aimer payer pour des taxis aux tarifs exorbitants; 2) tenter l’aventure de la location de voiture (je n’ai pas essayé, non); 3) tenter de faire du stop (pas essayé non plus). J’ai utilisé Víazul, car la compagnie permet d’acheter des billets à l’avance, sur son site. Les bus étaient généralement ponctuels, les trajets respectés et l’ambiance, décontractée. Il faisait cependant parfois très chaud dans les terminus. Je n’ai pas utilisé Transtur, mais à ma connaissance, il serait davantage un service offert une fois dans le pays. Il permettrait de réserver ses billets directement dans les hôtels/casas. Les prix des billets se ressembleraient, alors je dirais que le critère principal dans le choix d’un transporteur devient alors la flexibilité par rapport aux plans – ou l’absence de plans.

J’ai déjà vu un bus comme ça quelque part…

Quant aux taxis, ils sont omniprésents. On croise surtout des voitures, souvent des modèles classiques, comme en voit sur presque toutes les photos de La Havane, mais aussi des « cocotaxis » (lire: des bulles roulantes) et des calèches tirées par des chevaux. Autant certains véhicules tombent en ruines, autant d’autres sont traités aux petits oignons. Comme il se doit, les prix pour un trajet varient selon une pléthore de facteurs, mais la négociation semble possible. Quand je le pouvais, je marchais (comme à Cienfuegos), mais dans une ville comme La Havane, les promenades peuvent s’étirer sur des kilomètres, dans une humidité écrasante. Question de préférence, dans un tel cas.

Flamboyant taxi à La Havane

Par ailleurs, de nombreux vols du Canada vers La Havane arrivent de soir ou de nuit. De sorte que, quand on sort de l’aéroport, déjà en sueur, la noirceur s’est installée. Les taxis constituent alors la seule option pour se rendre dans le coeur de La Havane. Il en coûte – en théorie – 25 CUC (environ 31,89 $ CAN) pour le trajet, mais on m’a chargé 30 CUC (environ 38,27 $ CAN), dans un sens comme dans l’autre. Je soupçonne une collusion entre les chauffeurs à l’aéroport, alors l’idée de négocier me paraît une perte de temps, dans ce contexte.

Jean Chrétien… un nom qui surgit d’un passé pas si lointain

Les autoroutes m’ont semblé en bon état. Des panneaux de propagande les jalonnent, rendant ainsi le trajet plus divertissant. Les haltes routières ressemblent à celles que l’on retrouve partout dans le monde: des toilettes aux degrés de propreté variables, des restaurants trop chers, des magasins de souvenirs quelconques et, parfois, un cadre mignon. La règle d’or: toujours aller aux toilettes quand on le peut, car, à moins de voyager en portant une couche pour adulte, mieux vaut prévenir que de mariner dans son urine (ou pire).

Charmante halte

Apparemment, des personnes motivées, comme Émylie, du blogue La Yukonnaise, font le trajet La Havane – Viñales à vélo. Pas moi. Trop paresseux. Et il pleuvait beaucoup quand j’ai été là-bas. J’étais soulagé d’avoir posé mon cul délicat sur un siège de bus.

Un motivé…

Conclusion cubaine

Je suis heureux d’avoir connu un Cuba loin des plages, des forfaits tout-inclus. J’ai eu d’excellentes conversations avec des Cubain-es, j’ai pu en apprendre plus sur la vie là-bas. Ce n’est certes pas le paradis, malgré la beauté des lieux. Mais les choses changent peu à peu. Et il est permis de penser que, après le départ de Raúl Castro Ruz, en 2018, le pays changera encore plus. À suivre…

2 Comments

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  1. Bel article étoffé! Ça donne le goût d’y retourner. Moi on ne m’a pas donné de carte de touriste dans l’avion… je ne sais pas si c’est parce que je dormais où si c’est que le vol partait de Mexico. Est-ce seulement pour les Canadiens que la carte est distribuée systématiquement? Je l’ignore mais j’ai du payer 100$US sur place pour pouvoir passer la douane. Ouch.

    1. Merci Émylie! Content de voir que tu as apprécié. Pour ce qui est de la carte, je ne sais pas, j’ai reçu la mienne dans l’avion. C’est peut-être une question de compagnie, aussi. J’étais avec Air Canada, j’avais lu que les agents donnaient systématiquement la carte. 100 $ US? Ouch, en effet. Surtout si tu ne t’en attends pas…

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