
Bakou nocturne, depuis le belvédère du parc Dağüstü.
Fait que, lors de mon séjour à Bakou, j’ai fait un Baku Night Tour. Il m’avait été offert gratuitement par l’agence de voyages Baku Heritage Tours, parce que j’avais réservé trois excursions avec elle. Elle m’avait aussi offert gratuitement le Baku City Tour (une autre promenade dans la ville, mais de jour) mais, pour des raisons de logistique et de météo, je n’ai pu la faire. Pas grave, car j’avais déjà visité par moi-même la plupart des lieux couverts par cette dernière promenade.

Les Flame Towers.
J’ai néanmoins apprécié cette offre. Je n’aurais pas payé pour ces promenades, mais quand c’est gratuit, on est sûr d’en avoir pour son argent. L’excursion Baku Night Tour coûte 45 manats (environ 37,46 $ CAN), en temps normal, et le Baku City Tour, 29 manats (environ 24,14 $ CAN), pourboire non inclus et non nécessaire (apparemment).

L’allée des Martyrs.
Je tiens à préciser que l’agence offre systématiquement ces deux activités gratuitement dès qu’une personne réserve au minimum deux excursions. Une façon de remercier les clients. Je reviendrai plus en détails sur l’agence dans mes futurs billets sur mes trois excursions payées.
Et c’est un départ
Donc, vendredi soir, le 17 avril 2026, à 19 h 20, je me suis rendu devant le bureau de Baku Heritage Tours, sur la rue Nizami. On a attendu la totalité des participant-e-s, puis, on s’est dirigé-e-s vers un stationnement pour s’entasser dans une fourgonnette. On a commencé la promenade à l’allée des Martyrs, sur la colline qui surplombe la ville, dans le parc Dağüstü. Du stationnement adjacent à l’allée (et de l’allée), on voyait bien les Flame Towers. Les animations étaient envoûtantes.
Puis, on a marché dans l’allée. Elle souligne la mémoire des victimes des événements du 20 janvier 1990 (connus sous le nom de « Janvier Noir ») et de la Première guerre du Haut-Karabagh (1988-1994). Plus de 15 000 personnes auraient été enterrées ici. Auparavant, le cimetière était un cimetière musulman, qui contenait les dépouilles des victimes des affrontements interethniques survenus entre le 30 mars et le 2 avril 1918, lors de la guerre civile russe. Les dépouilles ont ensuite été exhumées pour faire place à un parc à la mémoire du révolutionnaire bolchévique Sergueï Kirov. À la chute de l’U.R.S.S. et avec l’indépendance de l’Azerbaïdjan, le cimetière a retrouvé sa vocation première. Aujourd’hui, il recueille ceux que le gouvernement azerbaïdjanais considère comme des héros nationaux. L’allée dégage la sobriété attendue d’un tel endroit.

L’allée et le monument de la Flamme éternelle.
Au bout de l’allée, on découvre le monument de la Flamme éternelle. Inauguré le 9 octobre 1998, il est constitué d’une flamme éternelle (duh), enchassée dans une tour aux côtés ouverts. Des rénovations importantes ont eu lieu en 2007; les colonnes ont alors été allongées et des enjolivures en or ont été ajoutées. Sans surprise, la flamme est encore plus impressionnante en soirée.

La flamme éternelle et le vent.
On est redescendus par le belvédère du parc Dağüstü. Il y avait alors une foule non négligeable, qui se livrait à des séances photo et à l’observation de la ville enluminée et de la mer sombre.
On a ensuite roulé jusqu’à la place du drapeau national. Comme son nom l’indique, elle accueille un drapeau géant de l’Azerbaïdjan. Tellement géant qu’il détient le record Guinness du plus grand drapeau au monde: il mesure 70 mètres de long sur 35 mètres de large. Le mât mesure quant à lui 191 mètres, soit le deuxième plus haut mât du monde, derrière celui du Caire, en Égypte, qui culmine à environ 202 mètres. Un musée du drapeau national se trouve sous le piédestal du drapeau, mais on ne l’a pas visité. Il devait être fermé lors de notre passage, de toute façon.
Le secteur est situé en bordure de la mer Caspienne et il est très venteux, ce qui, je présume, a influencé le choix du site pour l’aménagement du drapeau.
On a ensuite filé au parc de la Victoire et au musée de la Victoire (Zəfər Muzeyi). L’ensemble a été construit pour souligner la victoire de l’Azerbaïdjan lors de la Deuxième guerre du Haut-Karabagh, entre septembre et novembre 2020, de même que pour honorer la mémoire des victimes de ce conflit. La guerre n’a duré que 44 jours, officiellement, mais des affrontements sporadiques entre les forces azerbaïdjanaises et arméniennes ont eu lieu jusqu’en 2023. L’Azerbaïdjan aurait perdu 2853 soldats durant cette guerre, contre 3825 pour l’Arménie.

L’arc à l’entrée du musée de la Victoire.
Le parc a été inauguré le 8 novembre 2024 et le musée, le 8 novembre 2025. Le musée était fermé lors de notre passage, mais on a pu se promener sur son aire extérieure.

Un monument au musée de la Victoire.
Le 8 novembre 2020 a été décrété comme la date de la fin du conflit, même si, dans les faits, il s’est terminé le 10 novembre. Le déplacement de la date serait dû à la volonté du gouvernement azerbaïdjanais de ne pas faire ombrage à l’importance du 10 novembre pour son allié turc. En effet, au Türkiye, le 10 novembre est une journée dédiée à la mémoire de l’ancien président Mustafa Kemal Atatürk, qui est décédé ce jour-là. Or le 8 novembre est la date de la libération de la ville de Choucha, dans le Haut-Karabagh. La ville est considérée comme la capitale culturelle du pays. La libération de Choucha a par la suite mené à la victoire décisive de l’Azerbaïdjan dans cette guerre qui a duré plus de 30 ans.

Une vue de l’intérieur du musée, depuis l’aire extérieure. Ce sont les noms des victimes de la Deuxième guerre du Haut-Karabagh.
La visite s’est conclue par un arrêt au centre culturel Heydar-Aliyev, même si l’institution était fermée. On a donc juste pris quelques photos de sa sublime architecture, avant de repartir. J’ai fini par y aller par moi-même et je recommande fortement la visite de cette attraction.

Le centre culturel Heydar-Aliyev.
On est ensuite retournés au stationnement du départ. La promenade a duré environ deux heures, en tout. C’était donc rapide. Peut-être un peu trop. J’avais l’impression d’être barouetté. Ce serait mieux si l’activité durait un peu plus longtemps. Mais bon, c’était gratuit, alors je n’ai évidemment pas l’impression d’avoir été floué.
Oui, je recommande, mais…
J’ai malgré tout aimé mon expérience du Baku Night Tour, mais je ne crois pas que cette promenade soit essentielle. Vous pouvez tout explorer par vous-même. Les distances entre les lieux visités sont marchables (ou « taxiables ») et il est facile de diviser cette promenade en plusieurs segments, question d’éviter fatigue, faim, soif, etc.

La Flamme éternelle pis un tourisse.
Ceci dit, la plupart des lieux visités peuvent être regroupés sous une même thématique historique. Les gens férus d’histoire et de politique devraient ainsi apprécier les explications du guide, qui offre un aperçu de l’histoire complexe de l’Azerbaïdjan, sans taire le controversé chapitre des guerres du Haut-Karabagh. Je dis controversé, car de nombreuses allégations de crimes de guerre visent encore tant l’Azerbaïdjan que l’Arménie. Je parlerai davantage de tout ça dans mon prochain billet.

Un grand cr*sse de drapeau.
Je recommande donc cette activité aux gens qui ne veulent pas se casser la tête, qui n’ont pas vraiment envie de marcher pour voir différents endroits célèbres de la capitale et qui souhaitent obtenir des informations d’un guide chevronné sur l’histoire récente de Bakou et de l’Azerbaïdjan.
Prochain billet: une excursion au Karabagh.