Bakou: un guide incomplet (2e partie) – les activités et attractions

Les Flame Towers, symboles de Bakou.

Bakou possède des caractéristiques uniques. Elle se trouve à 28 mètres sous le niveau de la mer, ce qui en fait la capitale la plus basse au monde. C’est aussi la plus grande ville du monde sous le niveau de la mer, la plus grande ville du Caucase et la plus grande ville autour de la mer Caspienne. Enfin, le quart de la population du pays, soit environ 2,3 millions de personnes, vit à Bakou. Ces éléments contribuent à façonner sa personnalité.

Tranquille, mais pas plate

Bakou n’est peut-être pas souvent mentionnée dans les divers palmarès, mais elle offre tout de même des activités et des attractions qui méritent l’attention. C’est une ville aux forts accents culturels, grâce à la présence de nombreux musées, monuments historiques et lieux de diffusion culturelle.

Le fantastique centre culturel Heydar Aliyev

Ceci dit, pour les irréductibles fêtard-e-s, on y trouve bel et bien des bars aux ambiances variées (dont un club qui fermait à… 5 h du matin). Une de mes auberges organisait même des pub crawls. Mais l’ambiance générale ne dégageait pas cette énergie propre aux villes festives. Bakou n’est pas, disons, Barcelone.

Ça fait longtemps que je ne me suis pas couché à 5 h.

Activités et attractions

Tout d’abord, une nouvelle importante: le bar métal Le Château est aujourd’hui fermé. Une fermeture qui m’a été confirmée par le personnel d’un commerce situé dans le même édifice. J’aime découvrir des bars métal dans des pays qui ne sont pas réputés pour leur scène métal (le Absoluto Rock d’Asunción est ma référence en la matière), alors j’ai été attristé par cette nouvelle.

Dire qu’il y a déjà eu un bar métal sur cette rue…

Les fameuses Flame Towers (Tours des Flammes?) sont le symbole de Bakou. On parle ici de trois tours résidentielles et commerciales en forme de flammes, réunies autour d’une place centrale (inaccessible au public), au sommet d’une colline qui surplombe la ville. Ces tours sont magnifiques. Élégantes. Et, en soirée, elles sont animées par d’envoûtantes séquences lumineuses. Ce qui les rend encore plus magnifiques. La vidéo suivante a été filmée depuis le belvédère de Dağüstü park (Highland Park).

On peut ainsi voir les tours depuis plusieurs secteurs de la ville. Elles peuvent même servir de points de repère.

Les tours, depuis la vieille ville.

Elles ont été conçues grâce à un partenariat entre les firmes HOK, DIA Holdings et Hill International, au coût de 350 millions de dollars US (environ 497 millions de dollars CAN). Leur construction a débuté en octobre 2007 et elles ont été inaugurées en 2012. La plus haute est la tour 1, qui culmine à 182 mètres.

Les tours, depuis le boulevard.

Les tours représentent l’importance du feu dans la culture du pays; ainsi, le nom Azerbaïdjan signifie « Terre du feu éternel », en moyen-persan, en raison de ses sites d’où émane du gaz naturel (qui s’enflamme par la suite, avec ou sans intervention humaine), comme le temple d’Atechgah et Yanardag. De plus, le feu est un symbole divin pour les zoroastriens. Dès le 1er millénaire avant J.-C., le zoroastrisme a été la religion principale de la région, avant son islamisation.

Sans surprise, les tours se retrouvent sur une énorme quantité de souvenirs en tous genres, car elles constituent une identité visuelle forte pour la ville et même le pays.

Ce chat est sans doute impressionné par les tours.

La mosquée de l’allée des Martyrs se situe à côté des tours. Elle était toutefois fermée au public lors de mon passage. D’ailleurs, j’ai trouvé qu’il ne semblait pas y avoir beaucoup de lieux de culte dans la ville, comparé à d’autres capitales européennes et asiatiques. Ou peut-être ces lieux sont simplement disséminés ça et là, dans les quartiers en périphérie du centre et, comme je n’ai pas fait une tournée de tous les quartiers de la ville, je ne les ai pas remarqués.

Léger contraste de styles, ici.

Près de la mosquée, on croise, entre autres, le monument au héros national Hazi Aslanov et le mémorial aux Martyrs turcs, qui souligne la mémoire des soldats ottomans morts lors de la bataille de Bakou, en 1918.

Le mémorial aux Martyrs turcs.

Enfin, un belvédère offre une superbe vue sur la ville et la mer Caspienne. Il fait partie de Dağüstü park.

La vue depuis le belvédère. Pas trop désagréable.

C’est un lieu populaire, tant de jour que de soir (surtout le soir, en fait), tant pour des promenades que pour des séances photo.

Le somptueux belvédère.

On peut se rendre dans ce secteur via un funiculaire (que je n’ai pas pris; il coûte 1 manat, soit environ 0,83 $ CAN, si je me souviens bien) ou des escaliers parallèles au funiculaire (que j’ai prises). La montée des escaliers prend une dizaine de minutes, selon votre forme physique.

Les zescaliers.

Du bas du funiculaire, on peut se rendre au boulevard (officiellement: le Parc Maritime de Bakou). Aménagé en 1909, le boulevard est une promenade de 3,75 kilomètres le long de la mer Caspienne; des projets d’expansion pourraient augmenter sa longueur à 26 kilomètres.

Le boulevard attire les gens qui réfléchissent au sens de la vie.

On peut y déambuler pendant de longues et paresseuses minutes. On y croise des cafés, des fontaines, des oeuvres d’art urbain, des stands de tir (!) et même des chats.

Si jamais l’envie de tirer vous prend…

On retrouve les classiques lettres de la ville sur une jetée qui s’avance dans la mer Caspienne. Les gens s’y livrent à des séances photo, comme il se doit. Je me suis moi-même prêté à l’exercice.

Oui, j’aime Bakou.

Toujours sur la promenade, il existe un étrange lieu appelé « Mini-Venise », soit un système de canaux conçu pour permettre à des gondoles de circuler, comme à Venise. Ça sonne délirant et ça l’est. Et c’est populaire. Non, je ne l’ai pas essayé.

Mais, aussi quétaine que ce soit, je dois admettre que ça doit être une activité amusante, voire même romantique pour un couple.

Le point départ de Mini-Venise.

Juste à côté de Mini-Venise, on découvre le Musée national du tapis et son étonnante architecture, conçue par l’architecte autrichien Franz Janz. L’édifice a ouvert ses portes en 2014, mais l’institution existe depuis 1967.

Le Musée national du tapis et son architecture inspirée.

D’entrée de jeu, je souligne que ce n’est pas un musée pour tout le monde, car son thème est plutôt spécifique. Mais les personnes intéressées par le sujet apprécieront cet excellent musée. L’importance de l’univers des tapis dans l’histoire et la culture de l’Azerbaïdjan y est détaillée.

Des tapis, des tapis pis des tapis.

On peut passer un bon moment à se promener sur les trois étages. J’ai aimé ce musée, car il porte sur un thème original. L’entrée coûte 10 manats (environ 8,34 $ CAN) pour les non-Azerbaïdjanais-e-s.

Ça serait beau dans mon entrée.

Je mentionne la présence, à côté du musée, du centre commercial Dəniz, pour sa surprenante architecture.

Je croyais que c’était un musée. Mais non.

C’est une réalisation impressionnante, même si, à l’intérieur, on découvre un centre commercial tout à fait quelconque, interchangeable. Le genre que l’on retrouve autant à Montréal qu’à Bangkok. Un cinéma a été aménagé à l’intérieur, alors ça peut être une raison d’y aller, j’imagine.

Presque aussi cool que le Carrefour de l’Estrie, version 1987.

Autre symbole de la ville, la Maiden Tower, haute de 29,5 mètres, date du XIIe siècle. Elle aurait été, à l’origine, un temple de feu des zoroastriens. On peut la visiter, au coût de 15 manats pour les non-Azerbaïdjanais-e-s (soit environ 12,51 $ CAN). Du sommet, on peut admirer la vue sur la mer Caspienne. Des explications sur la tour et l’histoire de la ville y seraient aussi présentées. Je parle au conditionnel, car je n’y ai pas été. Je ne suis pas convaincu que ça vaille le prix d’entrée, mais c’est une impression. Peut-être que j’ai tort et que j’ai raté l’expérience d’une vie.

Maiden Tower

Juste à côté de la tour, il y a un musée extérieur, composé de ruines. Il offre peu d’explications, mais il est gratuit.

Un musée plutôt avare d’explications.

Dans le quartier, on trouve aussi de nombreuses boutiques de souvenirs, des cafés, des restaurants, des hébergements, etc. C’est un endroit propice à l’achat de souvenirs, même s’ils peuvent être plus chers qu’ailleurs. Par exemple, je n’ai trouvé qu’une seule boutique qui vendait des t-shirts. L’un d’eux se vendait 35 manats (soit environ 29,19$ CAN). Or j’ai payé moins cher que ça pour mon t-shirt de Dead Congregation l’an dernier, lors de son passage aux Foufs. Et le groupe vient de la Grèce.

En rappel: le chat qui dort sur la table d’un marchand de souvenirs de la vieille ville.

Un Musée des livres miniatures a élu domicile dans la vieille ville. Quand je l’ai appris, j’ai su que je devais y aller: j’adore ce genre de musée excentrique.

L’irrésistible Musée des livres miniatures.

Le musée détient le record Guinness de la plus grande collection de livres miniatures au monde. Je ne suis cependant pas convaincu qu’il y avait une féroce compétition pour ce record.

Un vrai record du monde.

Sur papier, c’est un concept absurde; dans la réalité, c’est absurde aussi. Mais c’est aussi franchement cool. Les livres sont classés selon diverses catégories, comme leur pays/continent d’origine, leur langue, etc.

L’une des trois sections du musée.

J’ai adoré fouiller sur les étagères pour découvrir quels livres je connaissais parmi les items de la collection. J’y ai aperçu des livres… surprenants.

Mini-Bruce Willis?

Le musée est… miniature. On en fait donc rapidement le tour. Mais ça vaut la peine d’y aller, ne serait-ce que pour le plaisir de découvrir une attraction unique. L’entrée est gratuite, mais une contribution volontaire est suggérée.

Mini-dictionnaire

La vieille ville est propre, voire restaurée. J’imagine que certains pourraient y voir une absence « d’authenticité », parce que ce n’est pas assez décrépit, pas assez sale, pas assez ci, pas assez ça, blablabla. Pour ma part, j’ai aimé me balader dans le quartier.

Une porte de la vieille ville.

Certaines ruelles sont étroites, alors que d’autres peuvent laisser passer des voitures. En outre, les chats contrôlent le quartier. Ils sont nourris par de bienveillantes personnes et ils y circulent avec cette attitude hautaine qui les rend si attachants.

Allo!

Changement de quartier. La rue Nizami est une courte rue piétonnière fort populaire du centre-ville. On y trouve les habituels restaurants, bars, boutiques et commerces en tous genres. Elle attire les gens qui veulent flâner, sortir, faire du people-watching, magasiner, etc.

La rue Nizami.

Le centre-ville compte aussi de jolis parcs avec de charmantes fontaines, comme le parc Sahil.

L’apaisant parc Sahil.

Le centre culturel Heydar-Aliyev est une galerie d’arts multifonctionnelle de calibre international, dans un édifice à l’architecture remarquable. Un des édifices emblématiques de Bakou. Fabuleuses courbes. Sexy édifice. Le centre a été conçu en 2007 par l’architecte irakienne Zaha Hadid. Il a été nommé en l’honneur de Heydar Aliyev, leader de l’ère soviétique en Azerbaïdjan de 1969 à 1982, et président de l’Azerbaïdjan d’ à . Inauguré en 2012, le centre a fait l’objet de controverses détaillées ici.

L’incroyable centre culturel Heydar-Aliyev.

Plusieurs expositions sont présentées simultanément, sur les différents étages (neuf, en tout). On peut voir tant de l’art contemporain que des artifacts millénaires que des vêtements et instruments de musique traditionnels.

Des vêtements traditionnels de la région de Bakou.

Je pourrais faire un billet entier sur ces expositions, mais je ne suis pas certain qu’il captiverait les audiences. Je dirais donc que le centre ratisse large, aux plans artistique et historique.

Mona Lisa (2013), de Carole Feuerman.

On peut aussi s’émerveiller devant les fabuleuses courbes de l’édifice.

 

On peut perdre toute notion du temps à admirer les oeuvres et lire les panneaux explicatifs. La quantité d’informations disponibles est MASSIVE. Bref, on peut facilement passer une demi-journée – ou plus – à visiter le centre.

Une expérience visuelle stiumlante.

Une boutique de souvenirs vend même quelque chose que je n’ai presque pas vu nulle part en Azerbaïdjan: des cartes postales. Il y a aussi des casiers, si vous avez besoin de laisser des choses de côté.

Un kamancha, un instrument à cordes frottées traditionnel du Moyen-Orient et d’Asie centrale.

L’entrée coûte 15 manats (soit environ 12,51 $ CAN) et c’est une aubaine. C’est l’une des meilleures activités à faire à Bakou, selon moi.

Il y a aussi des vieilles affaires, au centre.

Côté bon manger, le restaurant Xezer est un établissement sympathique, qui sert des mets traditionnels de la cuisine azerbaïdjanaise, comme le plov, le plat national (comme en Ouzbékistan, d’ailleurs). Il est populaire tant auprès des locaux que des touristes. L’ambiance est agréable, les prix sont abordables et le service est courtois. J’y ai été deux soirs de suite. Quant à la cuisine, d’aucuns pourraient la trouver quelconque, mais ça dépend de vos goûts, de vos attentes. En outre, le menu montre des photos de chaque plat, ce qui est fort apprécié.

Le restaurant Xezer et son décor hors du temps.

Le centre-ville compte des restaurants pour tous les goûts: cuisines chinoise, japonaise, française, italienne, afghane, géorgienne, mexicaine, etc. Les grandes chaînes nord-américaines sont bien sûr présentes: McDonald’s, PFK, Pizza Hut, etc. On peut ainsi dénicher des restaurants pour tous les budgets. Pour les budgets serrés, de nombreux vendeurs proposent des combos döner kebab et boisson au yogourt à 2,50 manats (soit environ 2,08 $ CAN).

Ce chat sait ce qu’il veut et il sait comment l’obtenir.

J’ai bu un espresso au café Barista&Chef. Je croyais que c’était un simple café de quartier, mais j’ai vu une deuxième succursale dans un autre secteur de la ville. Chouette endroit, idéal pour une jasette entre amoureux, entre amis ou juste pour boire un café.

Barista&Chef

J’ai goûté à du caviar. Je ne pensais pas vivre cette expérience, mais, en regardant les produits dans la vitrine de la poissonnerie Noir Caviar, j’ai été invité à l’intérieur par le commerçant pour une dégustation. Je lui ai aussitôt mentionné que je ne prévoyais pas en acheter. Il n’a pas bronché et il m’a fait goûter à trois sortes produites localement. Les prix varient selon la qualité du caviar et ils oscillent entre, de mémoire, 135, 225 et 275 manats (environ, respectivement, 112,62, 187,70 et 229,41 $ CAN), pour un contenant. Ce n’était pas mauvais, c’était même bon, même meilleur que ce à quoi je m’attendais. Salé et gélatineux. Mais je ne tenais à dépenser de telles sommes.

Deux des sortes de caviar que j’ai essayées.

Une présence Bond-esque

Les fans des films de James Bond se souviendront qu’une partie de The World is Not Enough (1999), le 19e film de la franchise, se déroule à Bakou et dans les infrastructures pétrolières de la mer Caspienne. L’exploitation pétrolière dans la région est même au coeur du récit.

Ainsi, une scène montre Bond dans le « village » de Neft Daşları, un ensemble d’installations de forage pétrolier sur la mer Caspienne. Le village est situé à 39 kilomètres de la rive la plus proche et il fait partie de la municipalité de Çilov-Neft Daşları. Sa construction a débuté en 1949 et il est considéré comme la première platforme pétrolière au monde. J’ai lu qu’on ne pouvait le visiter, mais rien ne vous empêche de vous renseigner auprès d’agences de voyages pour déterminer si c’est bien le cas.

Des installations portuaires sur la mer Caspienne.

Par ailleurs, au cours de mes recherches pour ce billet, je suis tombé sur Bibiheybatda neft fontani yangini (1898), un film muet réalisé par Aleksandr Mişon et produit par la Société Lumière. Filmé sur une pellicule 35 mm, le très court métrage montre un puits de pétrole en train de brûler, dans le secteur de Bibi-Heybat, en banlieue de Bakou. Ce serait le premier film du cinéma azerbaïdjanais. Il a été distribué en France par les frères Lumière, sous le titre Puits de pétrole à Bakou. Vue de près. (Lumière catalogue no. 1035.)

Les chats de Bakou

Ma plus agréable surprise de Bakou fut le constat qu’elle est une vraie de vraie ville de chats. Je n’ai jamais vu autant de chats qu’à Bakou. Même Istanbul ne se compare pas à Bakou. Des chats partout. Partout. Je CA-PO-TAIS.

Yo!

Des niches ont même été installées au centre-ville pour les accueillir. Les gens s’arrêtent pour les flatter, les nourrir, les photographier. Pour un amoureux des chats comme moi, Bakou est un paradis.

Une des niches dans le centre-ville.

La majorité des chats semblait en bonne santé, en plus. Bien sûr, quelques-uns vivaient visiblement dans la rue, ils portaient des traces de cette vie difficile. Mais tous les chats croisés semblaient parfaitement à l’aise dans les rues. Ils sont chez eux.

Toute la gang est là.

Regarder – et photographier/filmer – les chats constitue donc une excellente activité à faire, à Bakou. Et je ne m’en suis pas privé.

Coucou mon nouvel amii!

Prochain billet: mon Free Night Walking Tour.