
Les Flame Towers, symboles de Bakou.
Il est presque impossible de se rendre en Azerbaïdjan sans passer par Bakou à un moment ou à un autre. C’est la capitale, la plus grande ville, le lien principal avec les pays environnants. Je me suis donné plusieurs jours pour visiter la ville elle-même, car je n’aime pas me presser. J’y suis resté du 15 au 25 avril 2026.

Le Dəniz Mall, un centre commercial à l’architecture particulière.
J’avais déjà lu que Bakou avait la réputation d’être une des capitales les ennuyantes du monde. J’ai plutôt trouvé que la ville avait une belle énergie, ni trop intense, ni trop faible. Juste vivante, sans être écrasante. Je ne crois toutefois pas que ce soit une destination idéale pour les fêtard-e-s qui cherchent un nouveau spot pour enfiler les bières jusqu’au lever du soleil.

Non, ce commerce n’est pas un bar, malgré son nom. C’est un commerce de lunettes de soleil, plutôt.
En fait, j’ai été agréablement surpris par Bakou. C’est l’une des plus belles villes que j’ai visitées. Elle possède une indéniable élégance, avec son étonnant, voire audacieux mélange d’architectures. De la Maiden Tower, qui date du XIIe siècle, aux iconiques Flame Towers, inaugurées en avril 2012, Bakou propose une sélection d’édifices qui saura à la fois satisfaire les préférences plus classiques que celles plus avant-gardistes.

La Maiden Tower
Lors de mon séjour, donc, l’ambiance était décontractée. J’étais hors saison, aussi, alors ceci explique peut-être cela. Je suppose que ce n’est pas toujours le cas. Par exemple, un Grand Prix d’Azerbaïdjan se tient à Bakou depuis 2017, alors je me doute que, à ce moment-là, la ville doit bourdonner comme une ruche qui vient d’être frappée avec un bâton. D’autant plus que la course elle-même se déroule DANS la ville. Dans les rues. Apparemment, c’est à Bakou que le record de vitesse de la F1 a été établi: Valtteri Bottas a ainsi roulé à 378 km/h, lors des qualifications du Grand Prix d’Europe 2016.

Le Crescent Development Project, en bordure de la mer Caspienne.
Enfin, Bakou offre de nombreuses activités pour les divers types de personnalités. Ce sera le sujet de mon prochain billet; pour le moment, je vais parler de quelques aspects plus pratico-pratiques d’une visite dans la capitale azerbaïdjanaise.
Argent
La devise de l’Azerbaïdjan est le manat (₼). Au moment de publier ce billet, 1 manat vaut environ 0,82 $ CAN. Les bureaux de change et les guichets bancaires sont répandus dans le centre de Bakou. Les cartes de crédit habituelles (Visa, Mastercard) sont largement acceptées dans les différents commerces.

Manats
Communications
Dès l’arrivée à l’aéroport, il est possible d’obtenir gratuitement une carte SIM/ESIM et des forfaits de données payants. Le kiosque est littéralement à quelques mètres de la sortie des touristes. Marketing 101. Je suis arrivé à Bakou un mercredi, vers 4 h 30, et le kiosque était ouvert. Plusieurs voyageurs l’ont aussitôt envahi. Trois forfaits étaient proposés avec la compagnie Azercell (le plus important opérateur de réseau mobile au pays): 30 G/100 minutes (39 manats, soit environ 32,05 $ CAN), 60 G/200 minutes (59 manats, soit environ 48,48 $ CAN) et 120 G/300 minutes (79 manats, soit environ 64,92 $ CAN). Les forfaits sont payables par carte de crédit, bien sûr.

Je n’avais pas besoin d’autant de données, mais bon…
Ils sont sans doute tous trop gros pour les besoins réels d’un voyageur lambda, d’autant plus qu’il y a des forfaits beaucoup moins volumineux dans les succursales de la compagnie (genre, 10 G), dans la ville même de Bakou. Mais la compagnie a compris que les gens avaient besoin de données dès leur arrivée et qu’ils étaient alors peu regardants sur le prix. C’est évidemment une façon de faire de l’argent sur le dos de nous, pauvres tourisses accros aux Internets. Les autres opérateurs sont Backcell et Nar.

On a tous besoin de données pour envoyer des photos de chats à nos proches.
Côté langues, l’anglais est généralement compris et parlé dans les lieux touristiques. Toutefois, le degré de maîtrise de l’anglais varie d’une personne à l’autre. J’ai ainsi rencontré des gens qui le parlaient très bien et d’autres qui le baragouinaient. Il peut donc y avoir une barrière de langue dans certains commerces, certains lieux.

Je reconnais ce logo.
L’usage du russe semble répandu, aussi, sans surprise.

Pizza Hat… J’aime les noms de commerces qui s’inspirent de marques plus connues.
Enfin, l’azerbaïdjanais est une langue turque et son alphabet est puisé dans l’alphabet latin. Il compte 32 lettres, dont quelques-unes plus spécifiques comme “ə”, “ğ” et “ş”. Certains mots peuvent être reconnus par les francophones, mais, pour l’essentiel, à moins de connaître des notions de la langue, il sera difficile de la déchiffrer.

Ces mots me sont étrangement familiers.
Il existe aussi des versions cyrillique et arabe de l’alphabet azerbaïdjanais, utilisées au Daghestan (Russie) et en Azerbaïdjan iranien, respectivement.
Hébergement
J’ai séjourné dans deux auberges, lors de mon séjour. J’ai d’abord été au Best Atmosphere. J’ai payé 8,10 ou 9,90 euros (soit environ 13,12 et 16,04 $ CAN) la nuit pour un lit dans un dortoir mixte de 8 lits. En toute franchise, ce n’est pas un nom approprié pour cette auberge. Il n’y a pas beaucoup d’ambiance. C’est plus un endroit pour les gens qui cherchent quelque chose de plus intimiste, plus tranquille. C’est essentiellement un grand appartement. Les dortoirs ont été installés dans des chambres spacieuses. Le salon est accueillant. La cuisine m’a paru décente.

La cuisine.
Je n’ai pas vu de casier dans les dortoirs, alors il faut laisser ses bagages là où l’on peut. Je n’ai pas eu de problème, lors de mon séjour, mais je crois que ça tient plus de la chance d’avoir eu des cochambreurs honnêtes qu’à la disposition des lieux. Ça m’a dérangé. Je veux dire, la sécurité est quand même un critère fondamental, en matière d’hébergement.

Un des dortoirs.
Autre truc qui m’a irrité: l’auberge n’a pas de réception. ll faut donc appeler un des deux gestionnaires chaque fois que l’on a besoin de quelque chose, comme régler l’inscription. Je n’aime pas cette formule, car, en cas de problème, ça peut devenir compliqué. Aussi, le personnel de ménage arrive tôt le matin. Il y a donc des périodes de plusieurs heures où aucun responsable ne se trouve sur les lieux. Ceci dit, j’ai rencontré un des responsables et il était gentil. Mais je ne suis pas un fan de cet arrangement.

Le salon
Par contre, l’emplacement du Best Atmosphere est idéal, à deux pas de la populaire rue Nizami et de la station de métro Sahil.

La rue Nizami
J’ai ensuite séjourné au Travel Inn. Une auberge plus classique, comme je les aime. J’ai payé 25 manats (soit environ 20,54 $ CAN) par nuit pour un lit dans un dortoir mixte de 4 lits. Cette fois, il y avait une réception 24 heures et le personnel était sympathique. Un charmant salon accueille les invités. On trouve aussi des aires pour lire, d’autres pour recharger ses appareils, plusieurs douches et salles de bain communes.

Le confortable salon.
La cuisine fut cependant décevante; selon la description de l’auberge, il devait y avoir une cuisinère ou, à tout le moins, une plaque de cuisson, mais, non. Rien. J’ai été obligé de faire preuve de créativité pour me cuisiner une poutine. Mais j’ai réussi. Merci, four à micro-ondes. Par contre, il y avait du thé à volonté.

Le four à micro-ondes a sauvé la situation.
Les dortoirs étaient bien. Il y avait deux casiers par lit: un sous les lits et un dans un meuble. Chaque lit avait son rideau et sa prise électrique, ce qui est toujours apprécié.

Un des dortoirs
Un service de laverie à 3 manats (soit environ 2,46 $ CAN) est offert, mais il n’y a pas de sécheuse électrique. Seulement des séchoirs à ailettes installés dans un couloir. Le temps de séchage sera donc aléatoire. C’est important d’en tenir compte, si vous n’avez pas beaucoup de temps ici et que vous avez besoin de vêtements propres.

Un couloir avec des postes de recharge.
L’auberge se trouve elle aussi près de la rue Nizami et de la station de métro Sahil. Je recommende cette auberge.
Transports
J’ai donc fait un aller-retour avec Wizz Air, de Budapest à Bakou et de Bakou à Budapest. J’ai payé 136 748 forints (environ 629,21 $ CAN), en tout (avec un bagage en soute). Chaque vol dure environ 4 heures. Il faut compter un décalage horaire de 2 heures entre les deux villes. Wizz Air est une compagnie low-cost, alors l’expérience de vol est minimale. Mais bon, on sait ce qu’on va avoir, avec ce genre de compagnie, alors ce n’était pas une surprise. À l’aéroport de Bakou, les vols avec Wizz Air sont dans le terminal 2, qui semble, par endroits, sorti tout droit de 1983.

Le Terminal 2 et son look de 1983.
J’ai quand même visité le moderne Terminal 1, à mon arrivée.

Le Terminal 1 et son look plus actuel.
L’architecture extérieure de chaque terminal est impressionnante, surtout celle du Terminal 2.

Le joli Terminal 2
Pour me rendre dans le centre de Bakou, j’ai pris le bus H1, aussi appelé l’Aeroport Express; un de ses arrêts est situé à l’extérieur du Terminal 2. Pour le prendre, il faut se procurer une “Carte Bakou” (à 5 manats pour la carte même, soit environ 4,10 $ CAN) dans l’une des distributrices, et la charger au montant de son choix. Le trajet aéroport-centre coûte 1,7 M (soit environ 1,39 $ CAN – un trajet ordinaire coûte 0,40 M, soit environ 0,32 $ CAN). Le bus effectue quelques arrêts avant de terminer sa route au parc Samad Vurgun. Le trajet dure une quarantaine de minutes.

La Carte Bakou
Pour aller à l’aéroport, il faut se rendre à l’extérieur de la gare/terminus de la station 28 Mai. Un panneau indique l’arrêt exact (cherchez l’inscription H1). De toute façon, on peut juste suivre la file de valises. L’horaire fonctionne ainsi: les départs sont aux 20 minutes, entre 6 h et 23 h 15, et aux 45 minutes, entre 23 h 15 et 6 h.

Un passage piétonnier de Bakou.
Le réseau de métro compte trois lignes, pour 27 stations. Des détecteurs de métal et des appareils de rayons X sont installés à l’entrée des stations. Comme dans un aéroport. Même procédure, donc. Pour le peu que j’en ai vu, c’est un charmant métro, propre. Fait intéressant: Bakou compte plusieurs passages piétonniers souterrains, à des intersections achalandées. Or, en théorie, il est interdit de prendre des photos à l’intérieur de ceux-ci. Je l’ai fait quand même, en toute innocence. Je n’ai vu les panneaux d’interdiction après.
Histoires de visa
J’ai déjà expliqué le processus d’obtention du visa dans ce billet, alors je ne reviendrai pas sur le sujet. Maintenant, comment ça s’est passé une fois là-bas? Du facile. J’ai dû montrer mon visa au comptoir de Wizz Air et à la porte d’embarquement de mon vol. Le personnel était strict là-dessus. Il acceptait le document autant en version imprimée qu’en version électronique.

La vérification des billets et des visas, avant le départ de Budapest.
Et, bien sûr, il a fallu que je le montre à mon arrivée en Azerbaïdjan. Le tout s’est déroulé de manière fluide, rapide. Aucune anicroche.

Le spectaculaire centre culturel Heydar-Aliyev, à Bakou. Une des attractions les plus populaires de la ville.
Je dois mentionner que je ne suis resté que 10 jours dans le pays. Les gens qui y restent plus de 15 jours doivent s’enregistrer auprès du gouvernement, via leur hébergement. Les détails ici.
Prochain billet: Bakou: un guide incomplet (2e partie) – les activités et attractions.