Budapest: un guide incomplet

Le Parlement hongrois

Budapest était l’une des villes que je tenais le plus à visiter dans ma vie. Ça m’a pourtant pris des années avant d’y mettre les pieds. Et, malgré les risques propres aux attentes, je n’ai pas été déçu. Quelle ville magnifique, élégante, avec une irrésistible ambiance cool. J’y ai séjourné à deux reprises: du 11 au 15 avril, puis, du 25 au 27 avril 2026. Voici les faits saillants de mes séjours là-bas.

Activités et attractions

Buda

L’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Budavár

J’ai fait un Free Walking Tour dans Buda (sur la rive droite du Danube, partie occidentale de la capitale); ma guide était une dynamique jeune femme avec un sens de l’humour aiguisé. Elle a donné beaucoup d’informations (en anglais et en russe) sur cette partie spécifique de la ville. Une partie riche en histoire – et en collines. Parmi les attractions visitées/aperçues: le Bastion des pêcheurs, l’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Budavár, les Archives nationales hongroises, le palais Sándor et le palais de Budavár.

Le Bastion des pêcheurs

La promenade a duré environ 2 h 30. C’était une belle journée de printemps, alors ce fut très agréable de déambuler dans un aussi joli quartier. L’activité est gratuite, certes, mais, comme toujours, il est fortement recommandé de verser une contribution volontaire au guide, à la fin de l’activité.

Une rue de Buda.

La galerie d’art Koller Gallery est un petit mais charmant établissement dans Buda. L’entrée est gratuite, mais une contribution volontaire est encouragée. On y découvre les oeuvres d’Amerigo Tot, surtout, mais on peut aussi y voir des oeuvres d’autres artistes, comme Péter Párkányi et Alejandro Pereyra.

« Retired Wrestler » (1947), d’Amerigo Tot. Cette oeuvre a ému le fan de lutte que je suis.

Un minuscule jardin avec des statues se trouve à l’arrière de la galerie. J’aime beaucoup ce genre de galerie intimiste, créée par des passionné-e-s. On y tombe parfois sur des oeuvres méconnues, mais tout de même remarquables.

Pest

Le Parlement hongrois est un symbole national. Avec raison. ll est un chef-d’oeuvre architectural. Et il attire – avec raison – les foules. Le soir, des éclairages viennent le mettre en valeur. C’est magique. On peut visiter le Parlement. Je ne l’ai pas fait, mais, si ça vous intéresse, vous trouverez les informations sur le site de l’institution.

Le Parlement en met plein la vue, en soirée.

Un mémorial aux victimes de l’invasion soviétique de 1956 se trouve sur la place Kossuth, derrière (ou devant?) le Parlement. Une exposition y est présentée. L’entrée est gratuite, mais on ne peut en filmer ou photographier les différents éléments. Des photos et des vidéos racontent les événements qui ont mené à l’invasion, l’invasion elle-même et les conséquences de celle-ci. On fait rapidement le tour de l’exposition, mais les amateurs d’histoire l’apprécieront quand même.

L’entrée du mémorial.

La basilique Saint-Étienne de Pest trône sur une place publique grouillante d’activités. On peut s’y livrer à une captivante séance de people watching.

La basilique Saint-Étienne de Pest.

Par contre, je n’ai pu visiter l’intérieur de la basilique, car elle était fermée à chacun de mes passages. Une fois, c’était à cause d’un tournage. Mais c’est un bel édifice. C’est d’ailleurs, avec le Parlement, le plus haut édifice de Budapest… à 96 mètres.

La place devant la basilique.

Le Városliget est un grand parc dans Pest, d’une superficie de 120 hectares. On y trouve les thermes Széchenyi, le Musée ethnographique, le Grand cirque métropolitain de Budapest, le Château de Vajdahunyad, le Musée hongrois de la technologie et des transports, la galerie d’art Műcsarnok et plus. Le Musée ethnographique a une forme, disons, particulière.

L’aire de jeux pour enfants sur le thème du voyage est formidable (j’aurais adoré y jouer) et l’incroyable parc à chiens donne presque envie de se transformer en chien pour quelques minutes.

Je voudrais être un chien.

Bref, c’est un endroit parfait pour savourer un peu de tranquillité quand la ville devient trop intense.

Ça, c’est un jeu pour enfants.

Pour se détendre, on peut aussi visiter les thermes Széchenyi. Ils sont les plus célèbres – et touristiques – de Budapest et ils forment le plus grand spa d’Europe. Les installations sont superbes, propres et spacieuses. Et populaires, bien sûr. J’y ai été un lundi et il y avait la foule des grands jours. Je ne conseille donc pas d’y aller la fin de semaine.

Les thermes Széchenyi.

Ceci dit, quel plaisir de varier les bassins et les saunas. Il y avait des bassins d’eau froide, d’eau tiède et d’eau chaude; des saunas chauds, plus chauds et infernaux; des saunas aux herbes et au sel. Je me promenais de l’un à l’autre avec un délice sincère. On peut expérimenter une vingtaine de bassins et de saunas différents.

Un sauna… infernal.

Je suis resté environ 4 heures là-bas et ça a passé vite. J’en suis sorti détendu comme un élastique. On peut facilement y consacrer une journée, car on trouve un restaurant et un bar sur place. Je vous conseille d’apporter le nécessaire pour la journée, mais, si vous êtes vraiment mal pris, vous pouvez acheter les items manquants là-bas.

Un des nombreux bassins des thermes Széchenyi.

La réceptionniste de mon auberge s’était chargée de ma réservation et les prix y étaient affichés en euros, par commodité. J’ai donc payé 49 euros (environ 78,74 $ CAN), pour une entrée avec cabine privée. Ça valait totalement chaque sou. On peut cependant choisir différents forfaits (dont certains privés, certains médicaux), alors magasinez selon vos préférences, vos besoins. Par ailleurs, le prix peut varier selon la journée choisie. Par exemple, un billet comme le mien, pour le dimanche, coûtait 52 euros (environ 83,56 $ CAN) .

Un des bassins d’eau froide. Genre, vraiment froide.

Le Cat Museum a un nom ambitieux, pour un « musée » qui ressemble davantage à un café. L’entrée coûte 11 euros (environ 17,67 $ CAN), avec une boisson chaude gratuite (café ou chocolat chaud). Honnêtement, c’est un prix élevé pour ce que le musée a réellement à offrir, mais, quand on aime vraiment les chats, on peut faire toutes sortes de folies au nom de cet amour.

On ne peut rater le Cat Museum.

De nombreux panneaux explicatifs résument l’histoire et les caractéristiques de ces sublimes félins. Il faut bien les lire, car il y a un questionnaire, à la fin de la visite. Si on obtient une note de 80 % et plus, on gagne un prix. Oui, j’en ai gagné un. Non, je ne vous dirai pas c’était quoi.

Une des salles du Cat Museum.

Bien sûr, les chats présents étaient magnifiques. Ils se promenaient de section en section, ils dormaient, ils mangeaient, ils se laissaient – parfois – caresser.

Un fier mais fatigué résident du Cat Museum.

Une section de souvenirs vous permet enfin d’acheter des babioles mémorables pour vos proches.

J’ai aussi fait une tournée de cafés de chats. J’en ai visité trois. Tout d’abord, le Catuccino. Sans doute mon préféré des trois. Lumineux, aéré, avec un chat orange survolté qui sème le chaos. En fait, l’ensemble des personnalités propres aux chats y était représenté, du tranquille et discret au bouillant et hyperactif.

Le responsable du chaos.

Un 2e étage permet aux félins de s’amuser encore plus. C’est dans ce café que j’ai constaté le plus d’interactions entre les chats et les client-e-s.

Le Catuccino.

Le Cat Café est un charmant café, avec un Maine Coon majestueux. Il contient plusieurs sections, dont un 2e étage, pour différentes ambiances. Les toilettes sont au sous-sol et même le sous-sol a été aménagé pour accueillir des chats.

Quelle majesté…

Les noms des chats ont été inscrits sous leur portrait, sur un tableau. Délicate attention. On peut ainsi jouer à  « trouve tous les chats ». Je n’ai pas réussi, car certains étaient, de toute évidence, cachés lors de mon passage.

Le Cat Café

Le Cat Wood Café est un petit, mais agréable café, avec un chat blanc aux incroyables yeux bleus.

Ces yeux…

C’est le café que j’ai le moins aimé, car il est plus petit que les autres. Mais le personnel y était attentionné et mon morceau de gâteau était délicieux. De toute façon, c’est impossible d’être vraiment déçu d’un endroit qui a des chats.

Le Cat Wood Café

Le restaurant Langos Bros (Anker köz 1, intersection Bajcsy-Zsilinszky) est un endroit idéal pour essayer les lángos à prix raisonnable (à partir de 1800 forints, soit environ 8,11 $ CAN). Les lángos sont des pains en forme de galette, cuits dans l’huile et garnis de divers ingrédients. Des oignons rouges crus (en grande quantité), de la crème sûre, des charcuteries et du fromage râpé sont des garnitures populaires.

Il faut aimer les oignons rouges crus.

Le restaurant Mama Goulash Schnitzel House, avec un nom pareil, ne laisse pas de doute quant à son menu. Situé dans un secteur full touristique, rempli de bars et de restaurants, il jouit d’une visible popularité. Ça doit être festif dans le coin, tard en soirée. J’ai pris la goulache dans le bol en pain. Je n’ai pas mangé tout le pain, je n’avais plus faim.

La sympathique Mama Goulash.

La petite pâtisserie de quartier Neked készül est située sur l’avenue Andrássy (près du métro Oktogon). Déco minimaliste, ambiance décontractée idéale pour un café en bonne compagnie. Pas de chats, malheureusement.

La pâtisserie Neked készül

D’ailleurs, l’avenue Andrássy est considérée les Champs-Élysées de Budapest, apparemment. Une chic avenue, avec des boutiques de luxe, l’Opéra national, des édifices de style Néo-Rennaissance/Art nouveau, etc. Elle possède un charme sophistiqué et elle relie divers secteurs de la ville. Elle est même classée au patrimoine mondial par l’UNESCO depuis 2002.

L’Opéra national

Une promenade au cimetière national de Fiumei út (aussi connu sous le nom de cimetière Kerepesi) n’est peut-être pas le genre d’activité qui plaira à tout le monde. Mais c’est un endroit propice à la marche, au recueillement. Le cimetière est situé près de la gare de Keleti.

Le cimetière de Fiumei

Entre Buda et Pest

L’ Île Marguerite (Margit-sziget) est une île de 2,5 kilomètres de long sur 500 mètres de large, sur le Danube. On y accède par les ponts Margit híd (au sud) et Árpád híd (au nord).

L’île Marguerite, vue du sud.

L’île demeure un lieu prisé tant par les habitant-e-s que par les touristes. On y croise des restaurants/bars, des infrastructures sportives, des ruines, un zoo, un jardin japonais, des thermes, etc. On y trouve même une auberge, mais sachez que, si vous choisissez d’y dormir, vous serez loin de tous les commerces de proximité parfois nécessaires aux voyageurs.

La portion commerciale de l’île Marguerite.

Le Széchenyi lánchíd (« Chain Bridge ») est un pont célèbre sur le Danube. Sa construction s’est terminée en 1849 et il représentait un exploit d’ingénierie pour l’époque, avec son tablier de 360 mètres soutenu par deux tours. Bon, c’est juste un pont, mais il a du style et si vous avez à traverser le Danube, aussi bien le faire sur une infrastructure qui a de la gueule. En outre, on voit des cadenas sur certaines sections. Un classique.

Le Széchenyi lánchíd

D’ailleurs, des croisières sur le Danube sont offertes, mais je ne me suis pas renseigné sur les prix.

Une soirée électorale mémorable

En temps normal, je vérifie toujours s’il y aura des élections dans le/les pays que je souhaite visiter, durant la période visée, avant de finaliser l’organisation d’un voyage. Or l’élection hongroise du 12 avril 2026 a été annoncée après l’organisation de mon voyage. Je ne savais donc trop à quoi m’attendre, une fois là-bas.

Soirée électorale à Budapest.

Je me suis retrouvé, un peu par hasard, au site du rassemblement pro-Magyar, devant le métro Batthyány tér (le point de départ de mon Free Walking Tour). L’ambiance était festive. Quand Orbán a concédé sa défaite, vers 21 h 15, la foule est devenue euphorique. Cette euphorie s’est poursuivie toute la nuit. Dans le quartier de mon auberge, le bruit a cessé vers 5 h.

Je suis rentré toutefois bien avant cette heure. En retournant vers mon auberge, je croisais des flots ininterrompus de fêtard-e-s. J’ai ainsi vu de nombreux jeunes, dont certains n’avaient assurément jamais connu autre chose que le régime d’Orbán. Ce fut une expérience intéressante, au final, que d’assister à un moment aussi historique sans l’avoir cherché.

Hébergement

J’ai séjourné deux fois au Avenue Hostel, à deux pas du métro Oktogon. C’est un excellent emplacement dans Pest. Une auberge lumineuse, colorée. J’ai payé entre 33,63 et 44,92 euros la nuit (environ 54,04 et 72,18 $ CAN) pour un lit dans un dortoir mixte de six lits et entre 20,82 et 41,74 euros la nuit (environ 33,45 et 67,06 $ CAN) pour un lit dans un dortoir mixte de douze lits. Le déjeuner est inclus. Il est à volonté. J’ai par conséquent bu une quantité plus que respectable de café.

Le café/bar/salle à manger de l’Avenue Hostel.

On y trouve un café/bar/salle à manger avec deux télévisions, des aires communes, deux cuisines (une dans le café/bar et une au 3e étage), des douches et salles de bain communes.

Au fond, une des cuisines de l’Avenue Hostel.

Un service de laverie est offert pour 8 euros (environ 12,85 $ CAN). Aussi, un souper à 4 euros (avec l’achat d’une boisson au bar; environ 6,42 $ CAN) est offert quotidiennement. Le plat change chaque jour.

L’aire commune de la réception.

Le personnel était très sympathique; un mec a commenté mon t-shirt de Neurosis; le groupe venait de sortir un album surprise (An Undying Love for a Burning World), avec un ancien membre du groupe Isis, alors c’était un sujet chaud. Une autre employée m’a réservé des activités. On a aussi eu de bonnes conversations sur nos pays respectifs.

La vue depuis l’un de mes dortoirs.

L’endroit est sécuritaire: chaque invité reçoit une carte magnétique, qui ouvre les portes principales et celle de son dortoir/chambre. Un dépôt de 3000 forints (environ 13,52 $ CAN) est exigé pour la carte et il sera remis au checkout. Par contre, les dortoirs de l’étage à la réception peuvent être bruyants, quand il y a pas mal de gens dans le café/bar/salle à manger.

Merci pour tout, Avenue Hostel!

Somme toute, j’ai bien aimé l’Avenue Hostel.

Transports

J’ai été à Budapest en train, depuis Vienne (et vice versa), avec la compagnie RegioJet; la compagnie rivale OBB coûtait plus cher: par exemple, j’ai vu un aller simple Vienne-Budapest à 46,40 euro (environ 74,56 $ CAN), avec OBB, contre environ 50 euros (environ 80,34 $ CAN) pour un aller-retour avec Regiojet. OBB avait plus de départs, toutefois.

Départ pour Budapest.

Mon train arrêtait à la gare Kelenföld. Budapest compte d’autres gares, alors vérifiez comme il faut votre point de départ/arrivée.

La gare Kelenföld, à Budapest.

Pour me rendre au métro Oktogon, j’ai payé un billet 500 forints (environ 2,25 $ CAN), puis, de la station Kelenföldi vásutállomás, je me suis rendu à la station Kálvin tér (ligne 4, verte, direction Keleti pályaudvar). Ensuite, j’ai fait un transfert vers la station Deák Ferenc tér (ligne 3, bleue, direction Újpest-központ) et, enfin, un transfert vers Oktogon (ligne 1, jaune, direction Mexikói út).

Le métro de Budapest, station Kálvin tér.

Pour me rendre à l’aéroport, j’ai pris le bus express 100E, qui part d’un arrêt au métro Deák Ferenc Tér. Il effectue des arrêts aux stations Kálvin tér et Astoria. Le trajet dure environ une quarantaine de minutes. Le billet coûte 2500 forints (environ 11,26 $ CAN), payable directement par carte de crédit sur un des lecteurs dans le bus. C’est l’option la moins chère pour effectuer ce trajet.

À la hauteur 

J’ai adoré Budapest. La ville a été à la hauteur de mes attentes, de mes rêves. Elle fait maintenant partie de mes préférées, même si, évidemment, je n’ai pas eu le temps de tout voir, de tout faire. Ça me fera donc un prétexte pour retourner là-bas, un jour. Et ce sera avec un immense bonheur que je remettrai les pieds dans cette ville exaltante.

Prochain billet: Bakou.