
Ma dernière excursion en Azerbaïdjan fut celle de Quba – Khinalyg, le 23 avril 2026. Toujours avec l’agence Baku Heritage Tours, de Bakou. J’ai payé 61 manats/₼ (soit environ 51,30 $ CAN) pour l’activité, au lieu du prix régulier, 79 ₼ (environ 66,40 $ CAN). J’explique les rabais obtenus dans ce billet. Il y avait aussi des frais supplémentaires de 20 ₼ (environ 16,81 $ CAN) pour le véhicule tout-terrain nécessaire pour négocier la route entre Quba et Khinalyg.
Masazir, le lac rose
Comme d’habitude, on s’est réunis devant le bureau de Baku Heritage Tours, sur la rue Nizami. On est partis vers 8 h 45. Notre premier arrêt fut au lac Masazir, à une quinzaine de kilomètres de Bakou. Le lac, qui fait environ 10 km2, est situé dans une zone industrielle; une usine de transformation du sel y a été implantée, en 2010. On peut y aller en transport en commun, apparemment, mais il n’y aurait pas d’infrastructures touristiques autour du lac. Il n’y a donc pas de raison de s’y éterniser, sauf pour une brève séance photo.

La particularité du lac est sa couleur rose, causée par une forte concentration en sel et la présence de divers micro-organismes, dont des algues. C’était nuageux, lors de mon passage, alors le rose ne ressortait pas tant.

Je ne crois pas qu’on puisse s’y baigner; la question ne se posait pas pour moi, vu la saison. C’était frais. Et inapproprié. Mais, même si j’avais pu, je ne crois pas que je l’aurais fait. Je ne suis pas sûr que ç’aurait été sain.

Les Candy Cane Mountains
Puis, on a visité une section des Candy Cane Mountains, sur une portion de route située à une quarantaine de kilomètres de Quba. On trouverait aussi des sections de ces montagnes dans les districts de Khizi et Siyazan. L’intérêt de celles-ci: elles sont striées. Ces stries sont formées par l’alternance des couches de shale et autres roches sédimentaires. Puis, les eaux souterraines contribuent à l’oxydation des particules ferreuses contenues dans le sol. Cette combinaison crée les motifs colorés.

L’effet est saisissant. Il donne l’impression que les montagnes sont comestibles. D’où leur nom. Nom donné par le journaliste voyage Mark Elliott, dans son livre Azerbaijan with Excursions to Georgia (1999). Toutefois, lors de notre passage, c’était encore nuageux, à mon grand regret. Les couleurs doivent être encore plus éblouissantes, au soleil. Enfin.

L’origine des montagnes remonterait à l’époque du Crétacé (- 143 millions à – 66 millions d’années); elles renfermeraient ainsi des fossiles des êtres vivants de l’époque.

On s’est donc stationnés au pied d’une colline. Il n’y avait pas de chalet, pavillon d’accueil ou quoi que ce soit; on se stationne le long de la route, point. C’était par conséquent accessible et gratuit.
La colline devait mesurer une centaine de mètres de haut. J’ai eu le temps de me rendre à son sommet et de me faire texter de redescendre, car on devait partir.

Il faut cependant faire attention lorsqu’on se promène sur la colline, car des cavités de bonnes dimensions percent le sol ici et là. On peut spéculer sur leurs origines, mais je pencherais pour des tunnels vers le monde des intraterrestres.

On est restés sur le site une vingtaine de minutes, je dirais. C’est court, mais suffisant. On était là que pour les photos, pas pour une expédition géologique.

La forêt de Gachrash
La forêt de Gachrash est située à une douzaine de kilomètres de Quba. Composée de hêtres, de chênes, d’érables et de bouleaux (entre autres), elle adopte des ambiances différentes au fil des saisons. Elle constitue un lieu populaire pour les gens qui souhaitent prendre un bain de nature. La température y est bien sûr plus fraîche que dans les villes et les lieux offrent une variété de terrains propices à diverses activités, dont la randonnée. En outre, une riche faune vit dans cet écosystème. Il y aurait même des ours dans le coin. Je n’en ai pas vu. Tant mieux. Je les aime, mais de loin, surtout depuis un incident survenu dans une forêt près de Whistler, en 1999. Bref. Lors de mon passage, une fine pluie tombait sur la région. Le vert des feuillages était tendre. Le bouquet d’odeurs était délicieux. Un léger brouillard dormait sur le site. Le printemps en pleine action.

On a donc effectué un arrêt dans une halte routière, au coeur de cette forêt. On a dîné au restaurant Petek Honey, Tea & Coffee (ouvert depuis 1937). Oui, un vrai resto de tourisses. Repas à nos frais, bien sûr. J’ai failli prendre les fajitas, par curiosité. Je veux dire… du mexicain… en Azerbaïdjan… c’était tentant. Mais j’ai choisi le plov, au final.

Un magasin de souvenirs se trouve sur place. Encore là, pas une seule foutue carte postale. Sérieux, Azerbaïdjan, WTF?
Vers Khinalyg
Sur la route de Khinalyg, on a croisé la rivière Gudiyalchay, qui creuse un canyon dans la région. Il peut atteindre 1000 mètres de profondeur, par endroits. On s’est arrêtés à un pont, dans une gorge embrumée. Un lieu fantomatique. Le site parfait pour un film d’horreur. Le froid commençait d’ailleurs à se faire sentir. Le débit de la rivière était vigoureux. La fonte des neiges était visiblement commencée.

La route parfois cahoteuse traverse le canyon de Gudiyalchay et le Grand Caucase.

Puis, peu à peu, le soleil est apparu. On a effectué deux arrêts pour admirer les splendides paysages.
Les montagnes du Grand Caucase ont de la gueule, même si elles ne sont pas les plus hautes au monde. Loin de là. Son point culminant est l’Elbrouz, avec ses 5 643 mètres d’altitude. Il est situé en Russie, près la frontière avec la Géorgie. C’est le plus haut sommet d’Europe.

Le vent soufflait sur la région avec une force remarquable. Au deuxième arrêt, Eagle Height, il était même difficile de rester debout et immobile. J’ai rarement connu un vent aussi puissant. À preuve:
Khinalyg
Puis, Khinalyg.

Le village est situé à seulement 60 kilomètres de Quba, mais il faut environ 1 h 30 en véhicule tout-terrain pour s’y rendre. J’ai adoré cette route, même si j’étais sur un des deux minisièges à l’arrière du véhicule et que mon cul percevait toutes les bosses et les vibrations. Pas mon meilleur massage à vie. Mais j’étais fasciné par les paysages.

Un lit de rivière presque asséché, au sable noir. La neige immaculée et l’herbe vert mou qui se rencontrent sur les pentes.

Il n’y a que très peu d’arbres dans tout le secteur. Une désolation à la fois bucolique et stérile.
La lumière brillait d’un éclat intense. On aurait voulu la croquer. L’air sentait pur, dénué de toute pollution.

Khinalyg, donc. C’est le plus vieux et le plus élevé village de l’Azerbaïdjan. Il est situé à environ 2300 mètres d’altitude, dans le Grand Caucase, à une vingtaine de kilomètres, je dirais, de la Russie (la république du Daghestan). Le village est bâti sur une colline, au milieu des montagnes. Un site majestueux. Non, je n’y ai pas croisé Prométhée.

C’est un endroit hors du temps, hors du monde. Il serait habité depuis 5000 ans, ce qui en ferait l’un des plus vieux villages de montagne sur la planète. Son isolement fait en sorte que ses habitants parlent un dialecte unique au monde. De plus, ils effectuent une transhumance depuis des siècles, voire des millénaires. Ils élèvent des moutons et ils fabriquent des tapis et de l’artisanat. Aujourd’hui, le tourisme est un moteur économique majeur du village.
Le village lui-même est petit. On en fait rapidement le tour. L’ambiance était évidemment calme. J’ai croisé des enfants, surtout.

Il compte de petites maisons, serrées les unes sur les autres, et des rues plus adaptées à la marche et aux animaux qu’aux véhicules motorisés.

Pour les tourisses, Khinalyg n’offre que quelques attractions. Ainsi, un musée historique a été aménagé près du stationnement municipal. Minuscule, mais intéressant. Gratuit, surtout.

Certains artefacts datent du début de l’âge du bronze (2700 à

On peut aussi y voir une charte qui explique l’alphabet khinaglien.

Comme dans tout village qui se respecte, des chats peuplent les rues.


Le village compte trois mosquées. J’ai visité la mosquée Juma, d’une grande sobriété.

Les dons y sont encouragés. J’ai apporté ma modeste contribution. Les vues depuis l’entrée de la mosquée sont superbes.
On est restés environ une heure dans le village, mais je serais demeuré plus longtemps. Il y a un temple de feu (un atechgah), à cinq kilomètres, et il est possible d’effectuer des randonnées dans le secteur. Une entrée (la seule?) du parc national Shahdag est située à un kilomètre. C’est le plus grand parc national d’Azerbaïdjan et même du Caucase, avec une superficie de 1305,08 km2. Le mont Bazardüzü, la plus haute montagne d’Azerbaïdjan (4466 mètres), se trouve dans le parc. Je ne me suis toutefois pas renseigné suffisamment là-dessus. Vérifiez auprès des agences, si ça vous intéresse. Si vous avez du temps, je crois qu’une excursion doit être une excellente expérience.

Enfin, un homme des neiges aurait été aperçu dans la région, au fil des années. Son nom local est « almasty » (ou « kaptar »). Malgré ma généreuse pilosité, je vous jure que ce n’était pas moi.
Une excursion satisfaisante, malgré tout
J’ai aimé cette excursion, même si, de ma compréhension, on n’a pas fait tout ce qui était annoncé sur le site; par exemple, on n’a pas été à Besh Barmag (« les Cinq doigts »), une formation rocheuse sacrée qui attire les pèlerins. Je présume que c’est à cause de la saison et/ou de la météo du jour.

On aurait aussi pu rester plus longtemps à certains lieux, comme Khinalyg, mais bon. Ça me donnera une raison de revenir. De mémoire, on est revenus à Bakou vers 21 h. Prévoyez donc 12 h pour l’excursion.

Je tiens à souligner que, si vous avez des maux de dos ou autres inconforts, la route vers Khinalyg ne vous sera pas agréable. Ça brasse et ça brasse pendant un bon moment.

Détail important: là plus qu’ailleurs au pays il faut tenir compte de la saison, côté température. J’étais là-bas en avril et je portais un manteau d’hiver. Il était approprié. Renseignez-vous donc là-dessus auprès de votre agence ou guide. Encore une fois, je recommanderais l’option du chauffeur privé, si vous avez le budget et le temps. Khinalyg mérite bien qu’on s’y arrête au moins une nuit. Et, qui sait, peut-être que vous, vous aurez le plaisir de rencontrer l’almasty.
Prochain billet: observations générales sur l’Azerbaïdjan.
